Une vision intégrée de l’intégration

Intéressante entrevue dans Le Devoir de ce matin avec la démographe française Michèle Tribalat sur les effets de l’immigration en Europe. Elle y explique, d’abord, que l’immigration ne pourrait mathématiquement pas freiner les effets du vieillissement de la population:

pour stopper le vieillissement, la France devrait accueillir 1,3 million d’immigrants chaque année jusqu’en 2025. Puis, il en faudrait pas moins de 2,4 millions par an entre 2025 et 2050. Des chiffres insupportables pour n’importe quel pays

D’autre part, elle explique qu’en Europe, contrairement au Canada, par exemple, on ne « qualifie » pas les immigrants, qui viennent, ainsi, grossir les rangs des travailleurs non-qualifiés (et sous-payés). Conséquence: cette masse de travailleurs entraîne les salaires des moins bien payés encore plus vers le bas, faisant s’accroitre les inégalités.

Malheureusement, madame Tribalat ne donne pas de pistes de solutions dans cette entrevue, et son ton est bien pessimiste. Pourtant, les solutions me semblent se limiter à:

  • encourager l’immigration de travailleurs qualifiés;
  • encourager la natalité;
  • changer les politiques d’intégration.

Quant à moi, seule cette dernière solution est viable. Le problème, c’est qu’on voit la question de l’intégration de l’immigration comme un seul gros problème et on n’y réfléchit pas de façon plus globale, en y incluant des réflexions et des projets véritablement novateurs pour l’éducation, la formation continue, le soutien social, l’accès au marché du travail, le soutien à la création d’emploi, etc. Tant qu’on considérera les besoins des immigrants comme un seul grand bloc, et non pas comme des besoins en formation et en éducation, par ex., on ne réglera rien. Des solutions monolithiques ne peuvent jamais régler des problèmes multidimensionnels.

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