L’exclusion, c’est l’inhumanité

Les médias montréalais ont rapporté cette histoire tragique, triste, rageante, de deux frères retrouvés morts dans leur demeure, à Saint-Jude, non loin de Montréal. Jean-Guy, 59 ans, s’occupait de son frère cadet, Richard, 46 ans. Le cadet vit avec un handicap mental lourd, il est trisomique. Son aîné doit s’en occuper 24h sur 24. L’aîné semble avoir eu des problèmes de santé assez grave ces derniers temps, au dire de leurs voisins. De plus, il est analphabète. Lorsque leur mère est décédée, il y a une dizaine d’années, un voisin a du lui expliquer le fonctionnement du téléphone. On apprend que Jean-Guy, l’aîné, est décédé de causes naturelles. Son cadet, ne pouvant s’occuper de lui-même est mort de faim…

Comment peut-on, en 2010, dans un village d’à peine 1000 âmes, laisser à eux-mêmes et dans un tel isolement deux personnes qui ont tant besoin? On apprend par un voisin que le frère ainé refusait viscéralement et férocement de voir son frère qu’il aimait tant placé en institution. Un amour inconditionnel qui a mené à sa mort. On apprend aussi que le CLSC de la région leur avait refusé de l’aide parce que leurs cas ne cadrait pas dans les critères des programmes officiels.

Une société qui permet ce genre de tragédie sans nom est une société violente, inhumaine. Plusieurs personnes ont osé dire que le frère aîné n’avait qu’à aller chercher de l’aide. Les choses ne sont pas si simple. Il y a la peur de perdre son frère, l’amour qu’il lui vouait. Il y a peut-être, aussi, son incapacité à aller chercher cette aide, sa peur de la bureaucratie – il n’était tout simplement peut-être pas outillé pour aller chercher cette aide. C’est là un isolement involontaire, la véritable exclusion, aux causes aussi multiples que complexes.

Mais triste et rageant.

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