Le silence assourdissant des enfants soldats

Depuis peu, tous les vendredis je publie avec deux complices une nouvelle policière sur le blog des Tueurs à pages. Le principe est simple: chaque semaine, nous choisissons une « victime » qu’on nous a suggéré sur notre page Facebook, que nous assissinons, littérairement, en 500 mots…

Cette semaine, c’est Ronald McDonald que nous avons tué. Pour l’écriture de mon texte, je me suis vaguement inspiré d’une réalité beaucoup moins drôle: celle des enfants soldats.

Demain 20 novembre on souligne la Journée internationale des droits de l’enfant, au moment où le Canada est encore sur la sellette avec l’affaire Omar Khadr. Aujourd’hui sort en salle à Montréal un film engagé sur la question: L’armée silencieuse de Jean van de Velde, primé à Cannes et au Festival international black de Montréal. Un film extrêmement dur et troublant. Ginette Leroux en fait une excellente recension dans L’Aut’Journal, cette semaine.

L’UNICEF estime qu’il y a 300 000 enfants soldats engagés dans une trentaine de conflits armés un peu partout dans le monde. Le général Roméo Dallaire, maintenant sénateur, a publié récemment un ouvrage, Ils se battent comme des soldats, ils meurent comme des enfants, une arme dans sa bataille contre ce désastre humain. Dans une entrevue accordée récemment, il explique l’intérêt rationnel d’enrôler les enfants: « Il obéit aux ordres. Il ne coûte pas cher à entretenir. Il est facile à trouver et facilement remplaçable. Bref, il est rentable. «L’enfant soldat est le système d’armes le plus complet de tout l’arsenal des machines de guerre», » écrit-il.

Et plaide pour rendre moins attrayant, moins intéressants les enfants soldats, plutôt que les démobiliser ou les réhabiliter; en rendant « le recours aux enfants soldats plus problématique qu’utile, ils ne seront pas recrutés par des adultes. » Une logique militaire, sinon économique, qui a, à mon sens, une grande valeur d’efficacité.

Mais dans tous les cas, ne surtout pas rester silencieux devant cette violence inouïe qu’on afflige à des enfants qui n’ont rien demandé d’autre qu’à vivre.

Jean van de Velde conclut ainsi L’armée silencieuse: « Il y a deux armées silencieuses, celle des enfants qu’on force à faire la guerre et celle de ceux qui regardent le film et qui restent bouche bée devant ces horreurs. »

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