Graffeurs graffés

Ma dernière chronique dans le webzine Rats de ville traitait du street art, des graffeurs et autres arts de la rue. Je réfléchissais à un phénomène récent, à savoir la « récupération » de ces formes d’arts rebelles et révoltées par le système marchand, notamment les musées, galeries et maison d’encans. Je m’interrogeais, en somme, sur ce curieux paradoxe d’un art qui est par définition anti-institutions qui entre par la grande porte des plus emblématiques institutions des arts contemporains.

Depuis, j’ai découvert deux anecdotes révélatrices. Banksy, l’une des vedettes internationale du street art, un graffiteur de grand talent, a vu l’une de ses œuvres elle même graffée, à Westwood, un quartier de Los Angeles!

Dans le même esprit, une galerie de São Paulo, au Brésil, qui exposait en septembre 2008 plusieurs « street artists » de renom (dont Gerald Laing, Speto et Titi Freak) a été prise d’assaut par un groupe de graffeurs du « pixação (graffiti) movement » qui ont graffé à la fois les murs et les œuvres exposées, donnant à l’ensemble une étrange homogénéité. L’impression que me donne les photos de cet événement est que ces graffiti annulent l’aspect « institutionnel » de l’exposition, redonnant aux œuvres originales leur statut rebelle et incontrôlé.

Ce groupe agit contre « le marketing, l’institutionnalisation et la domestication de l’art de la rue. » Ils ont laissé sur place un manifeste où l’on peut lire:

We are going to invade with our protest art a shitty art gallery (culture shock), which, as per its ideology, gives space to underground artists – well, then it’s all ours anyway – and we will declare total protest.

Laisser un commentaire