L’expérience esthétique et le hamburger

Mes confrères économistes compilent et analysent des données sur la plupart de nos comportements. Que ce soit nos habitudes en matière d’épargne, de nombre d’œufs consommés par année ou de « consommation culturelle » (cf. Statistique Canada, 2004, p. 21). Ils font même des compilations statistiques du niveau de « consommation culturelle, » classant les grandes villes canadiennes selon le nombre de dollars dépensé en moyenne par habitant (Macdonald, 2010).

Je déteste l’expression: « consommation culturelle. » Consomme-t-on un Van Gogh, une pièce de Schönberg, une prestation de Marie Chouinard ou un roman de Saramago comme on consomme une voiture, un ordinateur, une veste ou un hamburger? Notre réflexe a priori est de s’écrier: non! L’Art (avec un grand A) n’est pas assimilable au vulgaire de la consommation quotidienne. Passe encore de considérer l’achat d’un disque de Céline Dion ou d’un roman d’Amélie Nothomb à un geste de « consommation » banal, un simple divertissement (ceci est un point de vue éditorial). Mais l’Art, le vrai, le grand, le transcendant? Nous croyons qu’il existe un art noble, hors de la sphère de la consommation et de la logique marchande.

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié sur le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

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