Ceci n’est pas une œuvre d’art

L’art underground, alternatif, marginal, contestataire – peu importe le vocable qu’on lui donne / qu’il se donne – se positionne par définition en opposition à l’art « officiel, » conventionnel ou commercial.

Comme économiste, j’essaie, depuis le début de cette chronique, de cerner ce qui distingue l’œuvre d’art d’un autre objet qui est produit, vendu et acheté, d’une marchandise comme un hamburger, une voiture, un ordinateur ou une brosse à dents. À mon sens, l’œuvre d’art se distingue par les caractéristiques suivantes :

  1. elle est unique et non reproductible;
  2. elle a un prix qui n’est pas fonction de ses qualités intrinsèques (les matériaux utilisés, la quantité de travail nécessaire à la produire, etc.);
  3. procure une expérience esthétique transcendante en transformant le rapport au monde de son spectateur.

Par cette dernière caractéristique, plus particulièrement, elle s’inscrit hors du système marchand. Plus spécifiquement, elle s’oppose à l’objectivisation du système marchand. En effet, ce qui caractérise le système économique est de transformer les relations en objet et d’occulter le « sujet » (au sens philosophique du terme). Dans le système économique, je ne suis plus un homme: je suis un consommateur, un contribuable, un travailleur, un chômeur, un étudiant, etc. (Et c’est la raison pour laquelle les exclus est le terme adéquat pour ceux qui sont à l’extérieur: ils ne sont pas un objet du tissus de relations économiques.)

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié sur le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

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