Le roi, le fou, le ministre, l’éminence grise, le subversif et l’économiste

Et qui ne prend plaisir qu’un prince lui commande ?
L’honneur nourrit les arts, et la muse demande
Le théâtre du peuple et la faveur des Rois.
Joachim Du Bellay, « Cependant que la Cour mes ouvrages lisait, » Les Regrets (1558)

Ma consœur économiste, Nathalie Elgrably-Lévy, a récemment publié un texte dans le Journal de Montréal
(où elle tient chronique), qui a fait beaucoup parler de lui. Les réactions furent nombreuses, étoffées et argumentées. Son argument est simple: l’État ne doit pas agir comme « mécène » (le mot est important) en finançant des artistes qui n’ont aucune légitimité à recevoir de support financier public s’ils ne sont pas en mesure de vendre leurs œuvres sur le marché.

Je réserve ma réplique strictement économique pour une autre tribune. J’aimerais ici plutôt me pencher sur les acteurs de cette pièce de théâtre millénaire. Car manifestement, Mme Elgrably-Lévy, non contente de ne connaître ni comprendre les enjeux de l’économie des arts et de la culture (il y a des bibliothèques complètes traitant de ces sujets), ajoute le ridicule à l’insipidité en attribuant à l’État le rôle de mécène. Sa vision représente le pire de l’économisme simpliste qui ne perçoit la réalité sociale qu’à travers le prisme de petits modèles mécaniques.

Ah ! Nathalie, en bonne économiste, on t’a appris à manier ces petits modèles, comme les amateurs de bateaux en modèle réduits, qui les font flotter sur le bassin du parc, en rêvant de naviguer un jour sur le grand océan du réel.1 Malheureusement, ton modèle est non seulement réducteur, mais ne ressemble pas du tout à un bateau. Alors, puisque tu es plus habituée aux métaphores qu’à la réalité, je vais te raconter de façon imagée comment ça se déroule, là-bas, loin de ta tour d’argent.

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié sur le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

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