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Plus du double des dépenses en loybbing depuis 2000 aux USA

Depuis l’an 2000, selon les compilations du Center for Responsive Politics, basé à Washington, les dépenses totales des lobbyistes dans la capitale américaine ont été multipliées par 2,2 fois et représentent en moyenne une croissance annuelle moyenne de 8,5% (voir graphe ci-dessous).

À ma connaissance, des données similaires pour le Canada ne sont pas disponibles. On sait, toutefois, qu’il y a au Canada 5039 lobbyistes dument enregistrés au Commissariat au lobbying du Canada. En contrepartie, il y a bon an mal an 13 000 lobbyistes enregistrés à Washington.

À peine deux fois plus de lobbyistes enregistrés aux États-Unis qu’au Canada pose déjà problème. Je ne suis pas spécialiste en la matière, peut-être y a-t-il une explication raisonnable à cela.

Quoi qu’il en soit, la pauvreté d’informations disponibles sur le site du Commissariat canadien me laisse dubitatif. À l’heure ou le gouvernement fédéral abolira les subventions publiques aux partis, dans un tout petit pays où la consanguinité sociologique de l’élite est grande, le peu d’informations disponibles sur les liens entre les pouvoirs privés et le pouvoir public a de quoi inquiéter.

Les médias rapportent au moins toutes les semaines l’étroitesse de ces liens de pouvoir. La semaine dernière, on apprenait dans La Presse que le Stéphane Bédard, leader parlementaire du P.Q. « aura été au coeur de cette stratégie, très risquée, du projet de loi privé [204, pour « sécuriser » l’entente entre la Ville de Québec et Quebecor]. Or, le député de Chicoutimi est le frère d’Éric Bédard, avocat influent dans l’orbite de Pierre Karl Péladeau. »

Les liens d’influence entre la sphère publique et la sphère privée existent depuis la nuit des temps, là n’est pas le véritable problème. Le problème, c’est que dans une démocratie moderne d’une société capitaliste comme le Canada se gargarisant aux idéaux de « bonne gouvernance » on ne dispose pas d’informations suffisamment étoffées et documentées pour bien les comprendre et, ainsi, en décoder adéquatement les ressorts et les sursauts. Est-ce que la croissance spectaculaire des dépenses de lobbying aux États-Unis est la même au Canada? Ne pas avoir de réponse à cette question est inquiétant en soi.

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