Les marchands du temple

De tous les acteurs du monde des arts visuels, les galeristes occupent un rôle singulier, qui a connu des transformations importantes au cours des dernières années. Ce sont d’abord et avant tout des marchands. Comme tout commerçant, ils se doivent de choisir les bons produits pour rejoindre la bonne clientèle qui désirera les acheter. Mais les galeristes ne sont pas des commerçants comme les autres.

Je suis économiste et je gagne ma vie comme consultant. Je vends donc mon expertise à des clients. Bien entendu, je me dois d’être honnête, rigoureux et de faire mon boulot au meilleur de mes connaissances et capacités, comme n’importe quel travailleur. Mais je n’ai pas la même responsabilité sociale qu’un médecin, par exemple, qui lui aussi vend son expertise à ses patients. Les diagnostics qu’il prononcent et les traitements qu’il prescrit ont des impacts beaucoup plus importants que les recommandations de mes rapports d’analyse.

De la même manière, la responsabilité sociale du marchand d’art est bien plus grande que celle du boucher ou du fleuriste. Bien que commerçant, il est également le dépositaire de la diffusion de l’œuvre créatrice d’artistes qui influencent l’évolution de nos sociétés. Depuis le début de cette chronique, je m’oppose à la marchandisation de l’œuvre d’art – qui est pour moi, avant tout, vecteur de civilisation. Le galeriste est, ainsi, constituant de ce vecteur de civilisation.

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié sur le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

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