Mes Dix commandements Google+

Comme la plupart des gens s’étant joint au nouveau réseau social Google+ (vous pouvez m’y trouver ici), je m’interroge, à l’instar d’autres copinautes, sur l’usage que j’en ferai – particulièrement par rapport à Facebook, Twitter et LinkedIn.

J’ai donc décidé de rédiger mon propre Décalogue de Google+ en forme de code de conduite:

1. Google+ ne sera pas ton seul Dieu, plusieurs dieux, tu adoreras.

Plusieurs annoncent la mort de Facebook et/ou Twitter au profit de Google+. Il est bien évidemment trop tôt pour le savoir. Une chose demeure claire dans mon esprit: si l’on désire jouer la carte des médias sociaux, il est nécessaire d’utiliser les principaux au maximum de leur potentiel et de ne pas se limiter. Cela nécessite un investissement en temps qui n’est pas négligeable, bien entendu. Mais faire les choses « à moitié » n’apporte aucun succès.

2. À chaque Dieu, un culte différent tu réserveras.

Les médias sociaux sont ce que leurs usagers en font. C’est vrai globalement, mais aussi pour chacun d’entre nous. Une tare des médias sociaux dont Google+ est le révélateur réside dans la publication croisée d’exactement les mêmes informations, documents et statuts sur plusieurs médias sociaux par un même utilisateur (Twitter et Facebook, par exemple, et maintenant les trois plateformes). Je crois qu’il est essentiel et intéressant de créer une « ligne éditoriale » différente pour chacune des plateformes. Ainsi on évitera de lasser nos abonnés sur plusieurs plateformes mais surtout nous leur offrirons une palette plus riche de notre personnalité (j’exclus ici les comptes « corpo, » [pages Facebook par opposition aux profils personnels] pour lesquels il est normal de publier les mêmes informations). Je fais deux exceptions à cette règle: (a) pour le partage d’informations ou de documents que je considère capitaux et (b) pour le partage de mes propres productions (billets de blogs, chroniques, etc.).

J’ai choisi, comme beaucoup d’usagers des médias sociaux, d’utiliser chacune des plateformes à des fins différentes. Mon profil Facebook est plus « personnel » – j’y partage mes coups de gueule et mes coups de cœur; mon compte Twitter est plus « affaires » – j’y partage des documents et certaines réflexions liées à ma profession; je fais un usage « statique » de mon compte LinkedIn, qui est une vitrine professionnelle à laquelle sont liés mon fil Twitter et mon blog. J’utiliserai, pour ma part, Google+ pour discuter et partager de l’information liée à l’innovation – mon profil G+ aura ainsi un ligne éditoriale « transversale, » reliant mes passions personnelles et mes interrogations professionnelles. À chacun, bien entendu, de choisir l’usage qu’il fera de G+ en termes de type de contenu…

3. La paternité des idées, tu révéleras.

Cela n’est pas spécifique à G+ bien entendu, mais cela me choque de constater si souvent qu’on ne mentionne pas explicitement la source des documents et idées partagées dans les médias sociaux. C’est pourtant un de leurs principes fondateurs: la discussion. Au café, on dira bien: « Hey t’as vu ça, Machin m’a dit que … » De grâce, un peu de respect et commençons l’utilisation de cette nouvelle plateforme sur de bonnes bases.

4. De partager des faussetés, tu t’abstiendras.

La vitesse de réaction sur Twitter en fait une formidable caisse de résonance. Malheureusement, cela en fait aussi la plus extraordinaire machine à rumeurs (Facebook n’est pas en reste, cela dit). Dans la mesure du possible, je tente de contrecarrer les faussetés qui y sont propagées en partageant les informations plus justes. G+ devrait avoir un mode de fonctionnement plus lent que Twitter (un peu comme Facebook); profitons-en pour partager des liens de qualité sur cette nouvelle plateforme.

5. Du partage à outrance, tu éviteras.

On hésite à voir en G+ un Facebook amélioré, un Twitter amélioré ou un mélange des deux. Force est de constater que déjà (cela dépend, bien entendu, de nos abonnements) de trop nombreux usagers pèchent par excès de partage, soit en fréquence soit en répétition d’informations et de documents partagés mille fois.

Profitons donc du territoire vierge qu’est G+ pour partager et discuter des documents, idées et informations qui répondent à ces trois critères:

a) qui sont véritablement originales (i.e. du contenu créé par l’utilisateur, pas simplement du relai d’informations) – les sources primaires;

b) qui apportent un éclairage différent de ce qu’on voit passer dans les médias sociaux sur une problématique intéressant particulièrement nos abonnés – les sources secondaires;

c) qui font connaître des sources d’informations (usagers, sites, etc.) inédites, méconnues et riches de contenu – les ressources.

Ces critères seront bien entendu fonction des audiences de chacun. Et pour ma part, je retirerai de mes cercles les usagers dont les publications ne répondront pas à ces critères.

6. Les gadgets, tu flusheras.

Ça ne durera pas. Pour l’instant, pas de jeux, pas de bidules et de machins inutiles sur G+, toute cette pollution qui caractérise maintenant Facebook. Peu importe ce que G+ m’offrira pour les éviter, je les éviterai comme la peste. Territoire vierge, ai-je dit, qui le restera pour moi.

7. Avec modération, la réciprocité tu appliqueras.

On l’a souligné largement, l’intérêt de G+ est d’offrir une plateforme à la Facebook avec un modèle d’abonnement à la Twitter – ne nécessitant pas la réciprocité, donc. Pour ma part, contrairement aux préceptes de plusieurs spécialistes, je n’ai jamais adopté de règle de réciprocité sur Twitter: je m’abonne aux fils d’usagers qui m’intéressent, pas pour être gentil parce qu’ils se sont abonnés au mien. Je ne vois pas en quoi cela transgresse une quelconque règle d’étiquette. Appliquer un tel comportement (le choix d’abonnements correspondant à notre expertise et nos intérêts) ne peut qu’enrichir les conversations et éliminer au maximum le bruit informationnel.

8. De pertinence dans l’encerclement, tu useras.

La caractéristique distinctive principale de G+ (pour l’instant) est la fonctionnalité des « Cercles » – la capacité à regrouper ses abonnements en familles. Il y a un usage passif de ces cercles (comme pour les listes – mal foutues – de Facebook): l’affichage des flux par cercles, permettant le ciblage dans la lecture et de minimiser le bruit informationnel. La véritable innovation est bien entendu l’usage actif qu’on puisse en faire: partager de l’information à un public ciblé des usagers auxquels nous sommes abonnés. Ainsi, plutôt que d’embêter des centaines de personnes en publiant la dernière analyse d’un confère sur la dette publique américaine, je choisirai de la partager uniquement avec mon cercle « économie politique. »

9. De sérendipité, tu abuseras.

Le cœur de métier de Google repose sur sa redoutable efficacité à gérer la recherche documentaire. Il y a donc fort à parier, après la présente phase de tests, que G+ bénéficiera de cette expertise quasi imbattable. Nous pouvons nous attendre à ce que les liens suggérés (vers d’autres usagers et/ou le contenus qu’ils partagent) atteignent rapidement un niveau de qualité élevé (et, comparativement à Facebook, LinkedIn ou Twitter, ça ne sera pas difficile de faire mieux que ce que l’on connaît). À nous, donc, l’exploration et les belles découvertes – la sérendipité à son meilleur. À mon sens, là réside le potentiel le plus fort de G+ à court terme. À suivre…

10. De la vie privée, tu te balanceras.

Dès qu’il est question de médias sociaux on entend parler de la sacro-sainte vie privée menacée par des paramètres de confidentialité lâches et un comportement cavalier de leurs propriétaires. Une fois pour toute, puisque nous sommes en territoire vierge, peut-on admettre que les médias sociaux appartiennent à des entreprises privées à but lucratif, qui atteindront leurs objectifs d’affaires en générant des revenus, lesquels sont/seront essentiellement basés sur de la publicité, laquelle, afin d’être efficace, cherchera à être ciblée, donc à répondre à notre profil socio-économico-machin? À partir du moment où j’accepte de verser une quelconque information sur un tel site, j’accepte que cette information ne m’appartiennent plus et qu’elle soit totalement publique. Alors, lâchez-moi avec votre vie privée. Si vous ne désirez pas que tout le monde et sa sœur sache que vous couchez avec Bidule, ne l’écrivez pas dans un média social, grands dieux. (Et tout le monde s’en balance parfaitement, incidemment.)

Bon. Un commandement en bonus, parce que le mal est (presque) déjà fait:

11. De partager des vidéos de chats, tu t’abstiendras.

S’il-vous-plaît. Merci.

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