Joyeux anniversaire, WWW !

Logo historique du WWW, créé par Robert Cailliau.

Il y a vingt ans aujourd’hui, Tim Berners-Lee publiait ce qu’on considère le certificat de baptême du web, sur le groupe usenet alt.hypertext. Usenet est l’un des ancêtres du web. La première page web de l’histoire, qui avait cette adresse: http://info.cern.ch/hypertext/WWW/TheProject.html peut être consultée, archivée ici.

Le 6 août 1991, donc, Berners-Lee dans cette note, qu’on peut toujours lire ici, exposait les principes fondamentaux qui allaient guider la mise en place du web, à savoir:

➙ la connaissance (universitaire) doit être accessible à tous (en fait la motivation de départ était de faciliter le partage de l’information entre membres d’équipes de recherche internationales);

➙ le web est constitué de documents et d’hyperliens qui permettent une recherche sur ces documents;

➙ son utilisation repose sur une architecture technologique unifiée (protocole HTTP).

Le web, ça change pas le monde, sauf que…

En moins de 20 ans (il fallut tout de même attendre plusieurs années avant que le phénomène intéresse le grand public), internet, le web et leurs rejetons (courriel, réseaux sociaux et tutti quanti) ont donc changé le monde. À quel point, pour vous?

Personnellement…

Le web est bon pour mes yeux. Je me souviens de mes années d’assistant de recherche de Gilles Dostaler pendant les quelles je me suis ruiné les yeux des soirées de temps à lire des microfilms de vieux ouvrages. Encore aujourd’hui, je demeure fasciné comme un enfant par la quantité de livres anciens accessibles. Fan de la première heure de Gallica, j’y ai collectionné nombre de dictionnaires du XVIe siècle à nos jours.

Le web est bon pour mon cerveau. Grâce au web et à ses outils, je suis persuadé être beaucoup plus efficace pour m’informer sur mille et un sujets. De la même manière, cela m’a permis, depuis, d’avoir accès à des informations auxquelles je n’aurais pas accès autrement. En 1994-1995, j’ai travaillé sur une de mes premières publications universitaires (publiée en 1998) – ça ne nous rajeunit pas tout ça – dont la réalisation a été facilitée, voire a été possible, grâce au web et au courriel. Il s’agissait d’une bibliographie commentée d’un obscur penseur du 18e siècle (Sir James Stewart) que j’ai réalisée avec un jeune professeur japonais, Kunihiro Watanabe, que je n’ai jamais rencontré et à qui je n’ai jamais parlé… Cela me semblait, alors, de la magie. Encore un peu, aujourd’hui…

Le web est bon pour mon imaginaire. Grâce au web (maintenant aux médias sociaux), j’ai fait un nombre ahurissant de découvertes en arts visuels, dont je suis passionné, mais aussi en poésie, en théâtre et en musique. Des artistes à l’autre bout du monde que je n’aurais jamais connus autrement. Ce qui m’a permis, incidemment, de devenir chroniqueur pour ratsdeville, un webzine spécialisé en arts visuels et dirigé par un artiste ainsi découvert, Éric Bolduc.

Le web est bon pour mon boulot. En tant que travailleur autonome et entrepreneur, le web (et, ici aussi, maintenant les médias sociaux) m’ont offert une vitrine à coûts quasi-nuls que je n’aurais jamais pu me permettre autrement. Il m’a permis de développer mon réseau de collaborateurs, relayeurs et clients de façon fabuleuse.

Le web est bon pour mes amitiés. Non seulement le web m’a fait découvrir de nouveaux amis maintenant très chers, mais il m’a permis aussi d’entretenir mes amitiés existantes, voire de les ressusciter. Loin d’être le vecteur de l’isolement social dont on parle, il m’a permis, bien au contraire, d’aller à la rencontre « physique » de nombre de personnes que je n’aurais probablement pas connues autrement.

Le web est bon pour mes amours. Finalement, le web est bon pour mes amours, puisque j’y ai rencontré mon amoureuse (sur Facebook, plus précisément). Il a fait ce que peux de réseaux sociaux traditionnels peuvent: découvrir, au hasard des rencontres « virtuelles, » les affinités et passions communes qui ont fait en sorte que Karine et moi bâtissons maintenant une vie commune.

En résumé, le web regroupe, partiellement mais tout de même, sur un même écran, les divers espaces de ma vie « hors web: » le café/bar où j’aime papoter, la salle de théâtre/cinéma/concert/d’exposition où je me nourris d’art, la bibliothèque/librairie où je m’abreuve d’informations, le salon/parc où je me réunis avec mes amis…

Le fait que ces impacts du web sur ma vie soient banals pour une grande majorité d’entre nous est le signe même que la galaxie internet a changé radicalement le monde dans lequel nous vivons. Pour le meilleur comme pour le pire, comme dans la vie « hors web. »

À lire:

Sur l’histoire du web: A Little History of the World Wide Web.

Sur les impacts sociologiques du web: Bums, Bridges, and Primates: Some Elements for a Sociology of Online Interactions.

 

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