L’équitation protestante

Dans un article fort intéressant dans Le Monde diplomatique du mois d’août, le poète argentin Santiago Sylvester cite son illustre compatriote, Jorge Luis Borges, qui « affirmait que l’expression ‘art engagé’ lui faisait le même effet que s’il entendait parler ‘d’équitation protestante’: trop peu sérieux pour ne pas frôler l’absurde » (Sylvester 2011, p. 27).

Ce qui est le plus frappant dans ce texte est la vitalité de cette vieille opposition entre « l’art pour l’art » et « l’art engagé » (peu importe l’étiquette qu’on lui donne: militant, politisé, revendicateur, etc.). Comme s’il y avait peu de chemin parcouru depuis le texte considéré a posteriori fondateur de la doctrine de « l’art pour l’art, » la célébrissime et vivante préface de Théophile Gautier parue il y a 175 ans:

Rien de ce qui est beau n’est indispensable à la vie. – On supprimerait les fleurs, le monde n’en souffrirait pas matériellement; qui voudrait cependant qu’il n’y eût plus de fleurs? Je renoncerais plutôt aux pommes de terre qu’aux roses, et je crois qu’il n’y a qu’un utilitaire au monde capable d’arracher une plate-bande de tulipes pour y planter des choux.

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié dans le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

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