Vous avez détruit la beauté du monde

Un dimanche, début juin. En haut de la Place Jacques-Cartier à Montréal, face à l’Hôtel de ville, une jeune femme de 28 ans s’assied tranquillement sur le sol. Les calèches passent lentement sur la rue Notre-Dame, des touristes admirent le Vieux Montréal, il fait 18°C, le vent est doux et le ciel porte quelques nuages. Sans que personne ne le remarque, la jeune femme s’asperge d’essence et s’immole. Tandis qu’elle brûle vive, les passants horrifiés et impuissants l’entendent hurler: « VOUS AVEZ DÉTRUIT LA BEAUTÉ DU MONDE!

Cette jeune femme est Huguette Gaulin. Nous sommes en 1972, elle vient de publier un recueil de poésie qui fera époque, Lecture en vélocipède. Son histoire a durablement marqué les Québécois, en partie parce que Luc Plamondon a écrit une chanson qui s’en inspirait, interprétée notamment par Diane Dufresne.

Appréhender la profondeur abyssale de la tristesse de cette femme face à la destruction du monde est une tâche impossible. La sensibilité profonde, extrême, de la poète aux désastres de l’industrialisation sur l’environnement serait caricaturale, si ça n’était de sa fin tragique.

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié dans le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

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