Le besoin et le désir

C’est le plus vieux métier du monde, dit-on. On le pratiquait déjà sans doute dans les grottes du paléolithique. Lascaux en garde incontestablement la trace. La mécanique est aussi vieille et bêtement commerciale. Il y a une offre et une demande. Entre les deux, le marketing. Puis un échange d’argent, une transaction. Le tout finalisé par la consommation.

Ah non, j’oubliais: il y a toujours un intermédiaire dans une transaction. Qu’il soit pimp, épicier, trader en bourse ou galeriste, peu importe, la structure demeure la même. L’intermédiaire facilite la transaction en rapprochant dans l’espace et dans le temps l’offre et la demande.

Les économistes ont cette caractéristique très amusante de parler de l’offre, de la demande et du marché comme si c’étaient des objets concrets et palpables qui existaient dans la réalité. Pourtant, après une quinzaine d’années de carrière comme économiste, je n’ai jamais vu une demande ou une offre se promener dans la rue. J’ai vu des individus vendre des marchandises ou des services et d’autres les acheter. J’ai aussi vu des intermédiaires faciliter ces échanges.

Tous ces gens ont deux motivations fondamentales: le besoin et le désir. Le plus vieux métier du monde consiste à transformer le désir en besoin. La courtisane ne fait rien d’autre. Ça n’est pas du sexe qu’elle vend, c’est la possibilité du plaisir. Dans cette transformation du désir en besoin réside son génie économique et marketing.

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié dans le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

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