S’approprier la beauté

Dans la délicieuse introduction à son ouvrage sur les collections d’œuvres d’art, le collectionneur Adam Lindemann (2006, p.9) écrit: « If you’re looking for the right colour painting to match your wallpaper, stop reading here. »

Le ton est donné et n’est pas propre à ce bouquin: collectionner des œuvres d’art (contemporain) s’opposerait à la vulgaire décoration intérieure. Bien plus, la collection d’œuvres d’art n’est pas une collection comme les autres (comme celle d’autocollants ou de boîtes d’allumettes, par exemple). Une aura de dignité et de grandeur l’entoure.

Collectionner des œuvres d’art s’est un peu se vêtir des habits du mécène d’une autre époque, c’est un peu s’approprier sa grandeur. Orner son intérieur d’œuvres d’art, c’est s’approprier la beauté de l’art, mais aussi, surtout, adopter une posture: faire la démonstration sociale d’un statut, certes, mais bien plus de notre capacité à porter jugement sur ce qui a une valeur esthétique.

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié dans le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

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