Jouer aux fléchettes sur son Riopelle

Il y a plusieurs années de cela, jeune loup de la finance, j’ai hérité d’une petite toile de Emily Carr. Elle faisait environ 40 x 25 cm. Question d’être à la hauteur de ma réputation d’excentrique et de mon détachement face aux richesses matérielles, j’ai fait laminer la toile et l’ai transformée en cabaret. Quel chic, de servir le scotch sur un plateau Emily Carr! Dans mon loft du Plateau, une marque distinctive.

Cette histoire est fausse. Je n’ai ni été jeune loup de la finance ni ai hérité d’une toile de Emily Carr. Mais si c’eût été le cas, aurais-je eu le « droit » de transformer cette œuvre d’une artiste majeure en cabaret?

Il s’agit d’une question théorique fort intéressante par ses répercussions pratiques, à la fois morales et juridiques. Car on peut la traduire ainsi: « Qui possède (vraiment) l’œuvre d’art? » Elle se pose particulièrement en matière d’archéologie (cf. Cotter 2006). De nombreux pays, anciennes colonies, revendiquent depuis quelques décennies la restitution de leur patrimoine historique qui a été pillé par plusieurs nations, européennes notamment. Ces revendications ont permis au droit d’évoluer sur ces questions.

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié dans le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

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