La culture comme moteur du développement économique – ma candidature au CA de Culture Montréal

Jeudi le 20 octobre prochain se tiendra l’Assemblée générale annuelle de Culture Montréal. À cette occasion, j’y présente, avec 16 autres personnes, ma candidature à titre de membre du Conseil d’administration.

Voici pourquoi.

Je considère qu’il y a un seul moteur essentiel au développement économique d’une société: l’innovation. On la retrouve, bien sûr, en sciences et technologies, mais aussi dans les disciplines artistiques et dans l’organisation de notre vie en commun, via les partis et mouvements politiques et communautaires.

À mon sens, les arts et les sciences constituent le socle sur lequel une société se développe, s’épanouit et fait œuvre de civilisation.

Comme économiste, je m’oppose à ce que l’on calcule les impacts des activités culturelles et artistiques (et de la recherche scientifique) uniquement sur les bases de leurs retombées économiques. [1] Les arts et la culture permettent le développement économique d’une société en offrant aux citoyens de mieux comprendre le monde et de le transformer. Culture Montréal constitue un véhicule privilégié, à mes yeux, pour faire la promotion d’une telle vision.

Plus spécifiquement, ma vision du développement de la culture à Montréal se situe à la conjonction de trois axes : l’innovation, le développement économique régional et l’éducation.

  1. Innovation scientifique et création artistique doivent être appréhendées de la même manière. Tous les deux font partie d’un même « système de création » qui est le prolongement du système d’innovation. La communauté doit promouvoir les arts et la culture comme partie prenante d’un système régional de création, en parallèle avec le développement technologique et économique. Cette vision permet de créer des ponts avec les acteurs du développement économique, de la recherche-développement technologique et de la création artistique.
  2. Les arts et la culture sont maintenant reconnus comme un facteur d’attraction des travailleurs qualifiés et des investissements. Dans la dynamique innovation-création, ils doivent dépasser ce rôle « passif » (qualité de vie, dynamique communautaire, etc.) et constituer un facteur de développement économique régional à part entière, intégrant les institutions de haut savoir autant que la recherche appliquée, tant en technologie qu’en arts. Cette dynamique devant permettre l’éclosion de nouveaux foyers créatifs où arts, culture, sciences et techniques se nourrissent les uns les autres.
  3. Finalement, cette dynamique d’innovation-création à la base du développement économique de la région doit se distiller dans l’ensemble de la communauté par des initiatives d’éducation en milieu populaire (et plus spécifiquement, défavorisé. Au-delà de la démocratisation de l’accès à la culture, ces initiatives devraient être perçues dans une optique d’intégration socio-économique des jeunes à la communauté, assurant, à terme, la pérennité et le développement des deux premiers axes.

C’est le développement intellectuel, social, politique et économique de l’ensemble de la communauté qui constituera, alors, le véritable indicateur de performance du soutien au système de création, et non ses simples retombées économiques.

NB: seuls les membres en règles au 5 octobre 2011 peuvent élire le Conseil d’administration de Culture Montréal.

[1] Dans ma chronique en arts visuels dans le webzine ratsdeville j’ai élaboré à quelques reprises ces idées:

3 juin 2011: « Le roi, le fou, le ministre, l’éminence grise, le subversif et l’économiste » une petite fable dans laquelle j’expose brièvement ma vision du rôle des arts dans la société.

12 août 2011: « L’artiste en son laboratoire » où je trace un parallèle entre la création artistique et l’innovation scientifique.

19 août 2011: « Du système d’innovation au système de création, » suite de l’article précédent, où j’amalgame ce que les économistes appellent le « système d’innovation » à une vision plus large, le « système de création. »

26 août 2011: « La résurrection de Laurent de Médicis, » suite et fin de cette série de trois articles où je débute une réflexion sur le rôle de l’État dans le développement de ce système de création.

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