Le sublime ici et maintenant

La légende veut que Diogène de Sinope parcourait les rues d’Athènes en plein jour avec sa lanterne en criant: « Je cherche un homme! » Il aurait vécu l’essentiel de sa vie dans un grand pithos, une immense jarre, vivant dans des conditions les plus modestes qui soient.

Diogène a porté à des sommets rarement égalés par la suite la philosophie cynique, hyper matérialiste, hédoniste, pragmatique et légère. En cherchant « un homme » – sous entendu, un homme véritable – Diogène était épris d’authenticité, conspuait le faux-semblant et l’insignifiance. L’homme véritable à la recherche duquel il était aurait accepté de vivre et mourir comme un chien (étymologie du mot cynique), c’est-à-dire dans sa condition modeste d’animal.

Pour faire (très) vite, disons donc que Diogène désirait trouver en l’homme celui qui s’enracine dans le réel, celui de la nature mais aussi celui des autres hommes. Contrairement aux apparences que laissent entrevoir ses gestes et ses paroles, Diogène n’était pas, à mon humble avis, misanthrope. Bien au contraire: son refus des conventions sociales, son arrogance incroyable face aux puissants et aux savants démontrent qu’il avait une soif intarissable de relations humaines. Mais de relations humaines authentiques. Ce dont l’Athènes de son époque lui semblait cruellement manquer, engoncée qu’elle était dans une pensée et une vie politique éthérée, marquée par ce qu’on appellerait aujourd’hui un intellectualisme cérébral. Loin de la réalité concrète et physique de la vie humaine et animale.

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié dans le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

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