Le gestionnaire et sa pathologie divine

La désopilante chronique de Pierre Foglia dans La Presse de ce matin, « Les bonnes habitudes, » qui raille les formations et ouvrages destinés à améliorer les compétences des gestionnaires m’a rappelé l’intéressante lecture de l’ouvrage de Bernard Demers, Psychopathologie de la gestion (Montréal: Liber, 2008) et tout particulièrement ce savoureux extrait qui termine son dernier chapitre, « Dieu, ou ‘Je le mérite bien' » (pp. 131, 139):

Nous avons vu, dans le chapitre précédent, la pire pathologie qui puisse affecter une organisation et qui conduit celle-ci à se détacher complètement de la réalité (…). À cette pathologie organisationnelle, que nous pouvons qualifier d’ultime, correspond une pathologie individuelle tout aussi ultime. Elle consiste à se prendre pour Dieu. (…)

Se prendre pour Dieu est une pathologie individuelle, difficilement guérissable dans le contexte actuel, qui a plusieurs conséquences fâcheuses. Dieu lui-même, imbu de ses capacités démontrées par le salaire qu’elles lui méritent, ne porte plus à terre, se croit infaillible et commet donc des erreurs. Les actionnaires paient beaucoup trop cher pour un service qu’ils pourraient avoir pour quelques millions. Les employés ne sont plus compris par un dirigeant qui ne peut plus se rapprocher d’eux. Quant aux clients, ils ne sont qu’une masse anonyme qu’il faut faire semblant de satisfaire en maximisant la marge de profit. À long terme, la pahtologie de Dieu est périlleuse pour tout le monde.

Je souhaite que ce seigneur ne soit pas avec vous.

 

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