Le Beau politisé

Dans l’organisation idéale de la vie politique, telle que décrite dans La République, Platon exclut les poètes de la Cité. Ces ouvrages « plus ils sont poétiques, moins il convient de les laisser entendre à des enfants et à des hommes qui doivent être libres » (République III, 387a).1 Cette prise de position drastique démontre l’extrême importance politique qu’accorde Platon à la poésie. Si elle se contentait d’être un art innocent, elle ne serait pas bannie de la Cité. Manifestement la poésie est dangereuse et potentiellement politiquement subversive.

Le passage cité laisse sous entendre que la poésie restreindrait de quelque manière la liberté des hommes. Quel pouvoir Platon confère-t-il à la poésie, quel rôle primordial joue la parole, l’imaginaire et les œuvres de l’esprit dans l’organisation politique? Ces questions posées par Platon s’inscrivent dans le cadre général de sa philosophie et illustrent une partie d’une dichotomie qui l’opposera à son élève Aristote, laquelle dichotomie reviendra comme un leitmotiv dans l’ensemble de l’histoire de la pensée politique et économique des arts et de la culture.

Bien que les deux grands philosophes de la fin de l’âge classique hellénique n’aient pas explicitement élaboré une théorie économique des arts, l’héritage de leur pensée, y compris à ce niveau, sera durable.

 

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