Le paradis sur terre

La Renaissance était un projet révolutionnaire et politique. Si le terme « Renaissance » pour désigner la période historique que l’on connait a vu le jour dans la première moitié du 19e siècle sous la plume de Michelet, c’est qu’elle servait un dessein politique: celle de démontrer la grandeur des acteurs de la Renaissance à dépasser les temps sombres et barbares du Moyen Âge.

On sait maintenant que ni le Moyen Âge ni la Renaissance (pas plus que n’importe quelle périodisation arbitraire de l’histoire) ne constituent des blocs monolithiques et homogènes, tant au point de vue de la pensée, des arts que de l’organisation politique.1 Il n’en demeure pas moins que de la première moitié du 14e siècle à la fin du 16e, plusieurs bouleversements ont transformé radicalement le paysage institutionnel et intellectuel européen. Ces nombreux bouleversements graduels donneront naissance à l’organisation du capitalisme bourgeois tel qu’il sera tant perçu que conçu par les penseurs du libéralisme à compter du 18e siècle.2

Ce sont eux qui stigmatiseront les caractéristiques économiques de cette époque sous le vocable de mercantilisme – terme inventé par Mirabeau dans L’Ami des hommes en 1756 pour désigner l’idéologie de l’enrichissement du commerce. De fait, les 15e et le 16e siècles voient l’essor formidable de l’activité marchande en Europe. L’émergence des États-Nations rend nécessaire leur enrichissement pour asseoir leur pouvoir et établir un nouvel équilibre face à la puissance de l’Église parallèlement au lent effritement de l’organisation féodale du politique. Après une longue période où l’activité économique se concevait de manière statique et stable émerge une vision dynamique et sécularisée du commerce et de la production des biens.

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié dans le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

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