Hyperconsommation et épargne anémique

Patrick Lagacé débute aujourd’hui dans La Presse, une série d’articles consacrés à notre rapport à l’argent, la consommation et l’épargne.

J’ai été interviewé pour cette série, en compagnie de nombreuses autres personnes. M. Lagacé me cite ainsi:

Ianik Marcil, économiste, m’a expliqué avec brio comment l’Homme occidental est coincé entre deux réalités contradictoires.

D’un côté, il y a le réel: les revenus qui stagnent. Au Canada, aux États-Unis, si vous êtes dans la moyenne des ours, une fois l’inflation prise en compte, vous avez le même pouvoir d’achat qu’en 1982 (bémol de l’économiste Pierre Fortin: nos femmes ont envahi le marché du travail, permettant une croissance du pouvoir d’achat des ménages).

De l’autre côté, il y a le rêve. «Les aspirations légitimes de qualité de vie, illustre Marcil, qui répondent aux standards qu’on nous présente socialement…» Ces «standards» ? Posséder sa maison, son condo. Un beau véhicule. Un équipement «outdooring», un (ou deux) voyage (s) par année. Tout le kit, quoi.

Ça donne un rapport «schizophrénique» avec l’argent, selon les mots de l’économiste Marcil. Primo, on nous dit que nous n’épargnons pas suffisamment. Secundo, «le système marchand a besoin que nous consommions pour ne pas s’écrouler».

Petite précision: je n’aime pas contredire mes anciens professeurs, mais le bémol de Pierre Fortin est faux. Les familles (i.e. personnes seules, couples, familles nucléaires, monoparentales ou recomposées, etc.) excluant les 20% les plus riches ont vu leur revenus nets stagner depuis 1976, comme l’indique une étude de Ressources humaines et Développement des compétences Canada basée sur les données de Statistique Canada. La citation et le graphique suivants sont tirés de cette étude:

Les disparités de revenu (exprimées en dollars constants de 2007) ont augmenté entre 1995 et 2007. Le revenu moyen après impôt est demeuré à peu près le même pour les familles appartenant au quintile de revenu inférieur et aux trois quintiles intermédiaires entre 1976 et 2007, mais a augmenté pour le quintile supérieur. L’écart entre le revenu des familles formant les quintiles supérieur et inférieur a augmenté de 37 %, passant de 82 100 $ en 1995 à 112 800 $ en 2007. De même, l’écart entre le quintile de revenu supérieur et les trois quintiles intermédiaires est passé de 54 067 $ à 77 900 $ au cours de la même période, soit une augmentation de 44 %.

 

 

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