Lumières des arts

Le 18e siècle est non seulement l’époque témoin de la révolution industrielle, comme on l’a vu1, mais aussi celui d’un renouveau institutionnel majeur. Les Lumières françaises participent d’une manière particulière à ce phénomène, à la fin de l’Ancien régime. D’une part, la situation économique désastreuse du royaume nécessite des réformes en profondeur, qui, comme on le sait, ne porteront pas assez de fruits pour éviter le renversement du régime monarchique. D’autre part, pour le sujet qui nous occupe plus particulièrement, on assiste au deuxième mouvement de l’institutionnalisation (étatique) des arts et des sciences, après l’ère de Louis XIV. L’Académie royale de peinture et de sculpture, qui sera intégrée avec celle de musique et celle d’architecture dans l’Académie des Beaux-Arts en 1816, avait vu le jour en 1648 à l’instigation d’artistes qui voulaient distinguer leur travail de celui des artisans. Cette distinction fondamentale s’explique en partie par la naissance de l’industrialisation: les artistes cherchent à différencier leurs œuvres du produit industriel.2

Le lent mouvement d’autonomisation du statut des artistes, qui trouve son origine à la Renaissance, s’inscrit donc dans un mouvement historique d’individualisation de la création artistique: « La Renaissance a été marquée par la volonté de plus en plus affirmée de la part des artistes d’avoir un statut particulier, les distinguant des autres ouvriers d’art, leur attribuant un autre statut social et, surtout, les reconnaissant comme des créateurs à part entière. S’ils obtient des privilèges et sont parfois payés des sommes extravagantes, ils ne parviennent qu’assez tard à se voir octroyer une réelle autonomie. »3

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié dans le webzine des arts visuels, Rats de Ville

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