Inutilité des beaux-arts

Dans l’histoire de la pensée scientifique, le 19e siècle est celui de l’affirmation et de l’autonomie. C’est vrai de nombreuses disciplines de sciences naturelles qui naissent « officiellement » mais aussi des sciences sociales. Jusqu’alors branches du savoir pratiquées essentiellement par de riches savants universels qui s’intéressaient à de nombreux aspects de la pensée humaine, ces disciplines cherchent à acquérir une reconnaissance sociale et symbolique, à la fois au sein des institutions d’enseignement et de recherche comme par la création d’organisations regroupant ces savants. Ainsi en France l’Académie des sciences morales et politiques est fondée à la toute fin du 18e siècle.

Comme la sociologie ou l’anthropologie, la science économique cherche alors à accéder au statut de discipline scientifique à part entière, particulièrement à partir de la deuxième moitié du 19e siècle. Influencés par la physique newtonienne et de la thermodynamique, mais surtout par la biologie darwinienne, les penseurs de la chose économique élaborent des théories qui s’inspirent de la méthodologie de ces disciplines. On en retrouve les traces autant chez les successeurs de David Hume et d’Adam Smith que chez Marx.

C’est à cette époque que se développe et se raffine la pensée économique libérale classique: celle de J.S. Mill, Ricardo, Malthus puis Jevons et Walras. Tous ces grands auteurs, qui inspireront l’ensemble de la pensé économique jusqu’à nos jours sont marqués par celui qu’on désigne comme le « père » de l’utilitarisme, Jeremy Bentham (1748-1832). Il a fait, en quelque sorte, le pont entre le siècle des Lumières et la pensée politique et économique du 19e siècle.
Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié dans le webzine des arts visuels, Rats de Ville

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