Zimmerman ne regrette rien

NB: ce texte a été publié originellement le 14 juillet 2013 sur le site du Voir.

 

George Zimmerman est acquitté des charges criminelles qui pesaient sur lui, suite au meurtre qu’il a commis envers Trayvon Martin, ce jeune noir de 17 ans mort sous les balles du révolver du meurtrier (car il demeure un meurtrier, en toute justice, malgré son acquittement) – le quel révolver Zimmerman a récupéré des mains de la justice après son procès. Révolver parfaitement fonctionnel pouvant être utilisé la prochaine fois, afin de se défendre, instrument de Dieu.

Instrument de Dieu ?

Je déconne, là, vous croyez ?

Hélas. Voyez, écoutez pour vous même.

Le 26 février 2012, Trayvon Martin allait rendre visite à son père et ne portait pas d’arme. À peine un gamin qui portait des bonbons. Zimmerman, un faux flic pseudo gardien de la paix sociale de sa communauté était nerveux. A tué le jeune homme, parce qu’il y avait eu plusieurs braquages dans le quartier récemment. C’est sûr. Il faut tuer ce qui semble être associé dans ton esprit primitif à ces vols. Donc, un jeune noir.

Je ne ferai pas jugement du jugement qui a acquitté Zimmerman – je n’en ai ni la compétence ni l’état d’esprit. En revanche, ma conscience me dicte de condamner une telle posture: défendre un meurtre (je répète: il n’y a aucun doute, ici, que Zimmerman n’ait tué Martin) au nom de la justice divine. Transcription:*

(Animateur) N’y a-t-il rien que vous regrettez? Vous ne regrettez pas d’être sorti de la voiture, pour suivre Trayvon ce soir-là?

(Zimmerman) Non, monsieur.

(Animateur) Regrettez-vous que vous, vous… aviez eu un révolver ce soir-là?

(Zimmerman) Non, monsieur.

(Animateur) Croyez-vous que vous ne seriez pas ici, pour cet interview, si vous n’aviez pas eu cette arme [ce soir-là]?

(Zimmerman) Non, monsieur.

(Animateur) Vous croyez que vous ne seriez pas ici?

(Zimmerman) Je crois que c’était la volonté de Dieu, et, je n’aurais pas pu la remettre en question, Le juger, hum…

(Animateur) Est ce-qu’il y a quelque chose que vous auriez pu faire autrement, euh, rétrospectivement, maintenant que le temps a un peu passé?

(Zimmerman) – Non, monsieur.

Alors ainsi, nous en sommes encore à fantasmer sur la propriété privée – celle d’une arme qui protège nos autres propriétés privées au mépris de la vie d’autrui. En ce 14-juillet qui célèbre la Révolution française qui a enfanté de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, et qui proclame, en son article 2, que les « droits naturels et imprescriptibles de l’Homme » sont « la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. »

 

* Merci à Sarah Labarre pour la transcription et l’aide à la traduction. Le texte original se lit comme suit:

Is there anything you regret? Do you regret getting out of the car, to follow Trayvon that night?
– No, Sir.
Do you regret that you, you… had a gun that night ?
– No, Sir.
Do you feel you wouldn’t be here for this interview if you didn’t (have that gun?)
– No Sir.
You feel you would not be here?
-I feel it was all God’s plan, and, for me to second-guess it, judge it, hum…

Is there anything you might do differently, uh, in retrospect, now that time has passed a little bit?
– No, Sir.

NB: Merci, ou pas, à Trish Babineau pour m’avoir signalé cette vidéo.

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