Chapitre de livre | Une passion terrible pour la dissidence

Qui est Hélène Pedneault?J’ai eu l’honneur d’écrire un texte, « Une passion terrible pour la dissidence », pour un ouvrage collectif en l’honneur d’Hélène Pedeault, dirigé par Sylvie Dupont (Qui est Hélène Pedneault, Éditons du Remue-Ménage, 2013, pp. 203-205).

On trouvera ci-dessous le début de mon texte. La suite dans ce fabuleux ouvrages regroupant 68 témoignages de tous horizons – disponible aussi directement chez l’éditeur.

 

L’engagement militant présuppose l’authenticité de la parole et la cohérence des gestes. Cela se vérifie particulièrement, il me semble, lorsqu’on navigue à contre-courant : les exigences et les attentes en sont encore plus élevées.

Le parcours de Hélène Pedneault – ses écrits en témoignent – était guidé par ces impératifs d’authenticité et de cohérence. Il n’était pas, en revanche, désincarné, loin s’en faut. Motivé par une « passion terrible pour la dissidence[1] », il carburait à la fois au désir et au devoir.

Désir d’un monde meilleur, désir de préserver le bien commun, désir de justice sociale, désir d’égalité : désir de l’autre. Un désir indissociable du sens du devoir. Car comment incarner ce désir si « les bottines ne suivent pas les babines, » comme on dit ? Le sens du devoir civique concrétise ce désir : « T’en rappelles-tu comme j’haïssais ça marcher, en hiver comme en été, mais j’étais pareil de toutes les manifs à cause de mon maudit sens du devoir.[2] »

À relire autant ses chroniques dans La Vie en Rose que celles aux émissions de Marie-France Bazzo ou encore ses interventions dans des forums publics plus formels, il me frappe de constater que la force du désir entraine davantage le sens du devoir que l’inverse. Ses mots sont ceux du mouvement – comme elle était femme de mouvement. Car le désir de mouvement entraine le devoir d’action et de prise de parole.



[1] Ces mots sont ceux de Hélène Pedneault, dans sa Chronique délinquante d’octobre 1984 de La Vie en Rose : « Y a-t-il une chronique délinquante dans la salle ? » in Hélène Pedneault (1988), Chroniques délinquantes de La Vie en Rose, Montréal, VLB éditeur, p. 60.

[2] « Y a-t-elle une féministe dans la salle ? », La Vie en Rose, mars 1985, in Pedneault, (1988), op. cit., p. 73.

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