L’Itinéraire | L’élan vers l’autre

Itinéraire-63~v~edition-du-samedi-1er-fevrier-2014Le 1er février 2014, je publiais ma première chronique régulière dans L’itinéraire, le journal de la rue de Montréal, sous le titre « L’élan vers l’autre, » qu’on peut lire ci-dessous. Dans le numéro de la quinzaine en cours (vol. XXI, no. 4), présentement en vente, on peut lire mon texte sur les travailleuses et travailleurs affligés par le stress, la dépression et le burn-out: « L’homme, cette machine-outil. »

Il est possible de lire l’intégralité du numéro du 1er février sur le site du magazine.

 

Depuis plusieurs années, j’utilise souvent l’expression «l’élan vers l’autre» pour décrire mon idéal de vie en commun.

Comment édifier une société juste et solidaire s’il n’y a pas, de la part de chacun, une volonté de comprendre l’autre dans ses souffrances et ses rêves ?

Si nous ne faisons pas d’effort pour dialoguer avec l’autre, comment peut-on prétendre le comprendre ? Voilà l’élan vers l’autre : un désir profond et sincère d’empathie et de dialogue qui cherche à solidifier les liens sociaux nous unissant.

La vie en commun nécessite parfois de grands efforts pour jeter des ponts afin de dépasser les clivages nous divisant. Les récents débats au Québec démontrent bien ces difficultés : de l’indépendance à la charte des valeurs en passant par la grève étudiante ou l’exploitation du pétrole, il n’est pas simple de dialoguer entre tenants d’opinions opposées. Paradoxalement, dans une époque où l’individualisme semble triompher, où tout un chacun se concentre à écrire le scénario de sa petite vie, on n’en oublie que son voisin, son concitoyen cherche à réaliser la même chose.

L’élan vers l’autre tient la promesse de rompre avec cet isolement volontaire et individualiste en en faisant un idéal universel. C’est-à-dire : nous reconnaître comme partageant toutes et tous ce désir d’empathie et de dialogue. Sans nier nos différences, nos désirs et nos rêves individuels, il me paraît impératif de retrouver cette volonté universelle du lien commun. Mais, cela demande un effort bien plus grand que de se bricoler une vie l’autreconfortable chacun chez soi.

Il faut, toutefois, se garder de jouer les moralistes. De retour à la course du boulot, après le souper, les devoirs des enfants, le ménage et la lessive, peu d’entre nous ont le luxe de lire, de réfléchir et d’échanger sur les enjeux politiques, sociaux et économiques complexes de notre époque. Cet effort de l’élan vers l’autre est effectivement un luxe dans une société au rythme épuisant. En revanche, je suis de ceux qui croient que la vie économique peut et doit servir à cet élan vers l’autre. Travailleurs, chômeurs, étudiants, retraités – tous, peu importe notre condition sociale, participons à l’économie, ne serait-ce que par notre consommation. La vie économique n’est pas une sphère séparée du reste de notre vie. Elle en fait partie intégrante. Votre marchand de fruits et légumes a un accent qui vous intrigue ? Pourquoi ne pas en profiter pour qu’il vous raconte son histoire ? Votre pharmacienne porte le hijab ? Voilà l’occasion d’en apprendre davantage sur sa réalité.

Bien sûr, ces petits échanges ne changeront pas du jour au lendemain notre vie en commun. Mais ils sont autant d’élans vers l’autre permettant de tisser un peu plus le lien social.

 

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Une réflexion au sujet de « L’Itinéraire | L’élan vers l’autre »

  1. Je partage votre commentaire sur la solidarité et la compassion. Martin Gray a écrit un livre en 1993: Vivre debout, comment faire face dans un monde en crise. (Robert Lafond) Il décrit très bien comment l’égoïsme et la cupidité de l’homme conduisent à la barbarie. Nous sommes en 2015, nous voilà confronté à cette réalité. Il nous apprend comment nous devons nous ouvrir aux autres. C’est notre seule chance de survie. N’oublie jamais que l’autre porte en lui le Sacré de la Vie – Qu’il est ton semblable. Il dit aussi: N’accepte jamais d’être utilisé humilié, battu, lutte pour défendre ta vie mais dès lors que tu t’es protégé de ton ennemi, respecte-le comme l’homme qu’il est. Crois au futur, espère en lui AIME, COMPATIS, CONSOLE

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