Le boycottage est efficace quand il est bien orchestré | Chronique à «Les éclaireurs» (Radio-Canada | audio)

Septième volet de ma série estivale de chroniques « C’est quoi le concept? » au magazine Les Éclaireurs de la radio de Radio-Canada, hier soir: les campagnes de boycott.

Du site de l’émission, où on peut écouter ma chronique:

Le boycottage comme geste politique est-il encore efficace en 2017? Oui, répond l’économiste indépendant Ianik Marcil, à condition que cette pratique, qui vise à punir une entreprise ou un groupe d’entreprises, réunisse les bons ingrédients. Le boycottage doit avant tout viser un objectif politique au sens large, rassembler une partie importante de la population et dénoncer clairement une situation perçue comme politiquement, socialement ou moralement condamnable, explique-t-il.

Le boycottage fonctionne lorsqu'il est bien mené et quand il répond à certains principes, explique Ianik Marcil.

L’histoire regorge de campagnes de boycottage réussies, souligne Ianik Marcil, à commencer par celle qui a visé les produits anglais dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord pendant la révolution américaine.

Comme tout mouvement social, les campagnes de boycottage doivent avoir des répercussions réelles directes ou indirectes pour être efficaces. Elles doivent affecter les affaires d’une entreprise en diminuant ses ventes ou encore en nuisant considérablement à son image.

C’est la plupart du temps l’impact symbolique qui fait le succès d’une campagne de boycottage : une entreprise subira un impact beaucoup plus important sur son image que pendant une courte période où elle perdra quelques ventes. C’est d’autant plus vrai pour les très grandes entreprises.

Ianik Marcil, économiste indépendant

Le cas de Nike
Dans le passé, un des boycottages efficaces a été celui des produits Nike, à la fin des années 1990. Lancée par Naomi Klein et Michael Moore, la campagne visait à dénoncer les conditions de travail dans les usines de l’entreprise en Asie et au Mexique.

À l’époque, des photoreportages avaient choqué l’opinion publique, notamment parce qu’ils illustraient les conditions de misère des enfants dans certaines usines. À la suite de cette campagne, non seulement Nike, mais également ses concurrents ont changé en profondeur leurs pratiques d’affaires dans les usines d’Asie et du Mexique, fait remarquer Ianik Marcil.

Plus récemment et plus près de chez nous, une vingtaine de commerces de la région de Mont-Laurier ont orchestré une campagne de boycottage visant la multinationale Pepsi, après que l’entreprise eut décidé, au printemps, de transférer son centre de distribution à Montréal.

Depuis quelques mois, des commerces de Mont-Laurier mènent une campagne de boycottage contre Pepsi, après que l'entreprise eut décidé de transférer son centre de distribution à Montréal.
Depuis quelques mois, des commerces de Mont-Laurier mènent une campagne de boycottage contre Pepsi, après que l’entreprise eut décidé de transférer son centre de distribution à Montréal. Photo : Radio-Canada

 

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