Impacts de la hausse du salaire minimum | Entrevues (Radio-Canada)

L’Ontario et l’Alberta sont sur le point d’atteindre le salaire minimum à 15$/heure, revendication de nombreux groupes sociaux partout en Amérique du Nord. Il est passé le 1er janvier à 14$ en Ontario et atteindra 15$ en 2019, tandis qu’il sera à 15$ en Alberta dès octobre prochain. À cette occasion, j’étais l’invité hier aux émissions de fin d’après-midi de quelques stations de la radio de Radio-Canada un peu partout au pays, à discuter des impacts de ces hausses importantes dans deux des plus importantes provinces canadiennes.

Mes interventions s’appuyaient sur une étude publiée par les économistes de la Banque du Canada le lendemain de Noël, dont voici le résumé:

Dans cette note, nous examinons les canaux par lesquels les hausses du salaire minimum prévues dans les années à venir pourraient influer sur l’activité économique et l’inflation au Canada, et nous évaluons l’incidence macroéconomique de ces augmentations. À partir d’estimations de la transmission directe des variations du salaire minimum dans un modèle de forme réduite, nous constatons que l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) pourrait progresser d’environ 0,1 point de pourcentage en moyenne en 2018. Selon une simulation réalisée dans un modèle d’équilibre général de forme structurelle, les hausses du salaire minimum sont susceptibles de retrancher environ 0,1 % du niveau du produit intérieur brut (PIB) d’ici le début de 2019, et de faire augmenter d’environ 0,1 point de pourcentage l’inflation mesurée par l’IPC. L’incidence nette sur le revenu du travail serait positive, mais il en résulterait une perte de 60 000 emplois, un nombre qui s’inscrit dans le bas d’une fourchette obtenue dans le cadre d’un exercice comptable (de 30 000 à 140 000). La consommation diminuerait parce qu’une montée de l’inflation se traduirait par une légère hausse du taux d’intérêt, ce qui contrebalancerait amplement l’augmentation du revenu du travail. La production potentielle devrait rester inchangée à court terme. Les hausses du salaire minimum pourraient avoir des effets à long terme du fait de l’automatisation, des gains de productivité ou de l’évolution du taux d’activité, mais ces effets peuvent être aussi bien positifs que négatifs.

On peut m’entendre à L’heure de pointe (Acadie) animée par Joël Diamond à Halifax, ici. J’étais également sur les ondes des stations de Vancouver, Winnipeg, Edmonton, Rouyn-Noranda, Saguenay et Sherbrooke.

2 thoughts on “Impacts de la hausse du salaire minimum | Entrevues (Radio-Canada)”

  1. Ça reste à voir dans 6 mois si le modèle structurel de la BC reflètera ses prédiction. Pour ma part, j’en doute. Toutes les hausses de salaires minimum se sont soldées par une augmentation du PIB ainsi que provoquées une stabilisation de l’emploi et non une perte.

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