Un (triste) mot sur CIBL

Nous avons appris cet après-midi que l’ensemble des employées et des employés de CIBL étaient mis à pieds; nous devrons attendre à lundi en fin de journée pour avoir plus d’informations. Je tiens simplement à souligner – particulièrement pour les gens à l’extérieur de Montréal – l’importance qu’a cette station de radio pour notre vie démocratique. CIBL n’est pas un média de seconde zone. CIBL existe depuis 37 ans et a formé une grande part des professionnel-les œuvrant dans les médias montréalais, québécois et canadiens que vous entendez, regardez et lisez tous les jours. Mais bien au-delà d’un club-école, elle représente une rare, précieuse et fragile voix alternative dans notre consensuel et beige univers médiatique, qui donne le crachoir à des propos qui écorchent, qui rabotent et qui défrisent le pouvoir, à l’instar de son aînée CKRL à Québec. J’ai bien évidemment une pensée solidaire et en colère envers mes collègues qui apprennent en ce premier vendredi de l’année qu’on leur coupe net frette sec leur gagne-pain.

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Le précurseur céleri au Cheez Whiz (avec paprika) | (Planète F)

Le deuxième numéro papier du formidable magazine « Planète F » a été publié récemment. Son grand dossier est consacré aux rituels. J’ai l’honneur d’y publier un bref essai sur les rituels de la consommation (le « featured piece » comme on dit). Il est joliment accompagné d’une illustration de Sébastien Thibault.

Le précurseur céleri au Cheez Whiz (avec paprika)

Planète F est un magazine plutôt unique en son genre. Consacré aux questions relatives à la famille, il ne se cantonne pas dans les conseils aux parents qu’on retrouve dans habituellement dans ces magazines. Il offre plutôt des réflexions sociologiques, politiques ou sociales sur les enjeux de la famille au Québec. Qui plus est, la version papier du magazine est une splendeur, tant sur le fond que sur la forme. La version imprimée offre un contenu totalement inédit par rapport à la version numérique (et vice-versa).

Illustration: Mathilde Cinq-Mars

On peut acheter ce numéro ou s’abonner au magazine (versions numérique et/ou papier) ici.

On peut également se le procurer dans quelques points de vente: la liste, par ici.

Finalement, jusqu’au 14 janvier, de nombreux reportages du magazine web réservés aux abonné-es sont « débloqués ».

 

La géographie de mon père

Il y a aujourd’hui onze ans à 6h15 mon père mourrait aux côtés de ma mère, de sa meilleure amie (qui est comme ma grande sœur) et de moi. Le 24 novembre demeurera jusqu’à ma mienne de mort un événement, plus qu’une date: c’est le 24-novembre.

C’est donc la dixième année où je rend hommage à mon père, ce héros (évidemment). Un père aimant, chaleureux bien que bourru, un père qui valorisait autant la connaissance scientifique que l’imagination la plus débridée. Un être d’exception qui me manque encore tous les jours, malgré le deuil fait. Je rêve de lui presque toutes les nuits; dans mon univers onirique, il est vivant dans ma vie présente. Souvent, il est même présent aujourd’hui même si je suis conscient dans mes rêves qu’il soit mort. Cette impossibilité lui aurait plu, je crois. Elle aurait piqué sa curiosité insatiable. Comment être à la fois mort et vivant (sans être un zombie) pourrait-il être possible?

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Les autrices de Somme toute à l’honneur

Ces derniers jours ont été riches en bonnes nouvelles pour mes amies et autrices aux Éditions Somme toute!

Anne-Marie Beaudoin-Bégin (L’insolente linguiste) a reçu un soutien financier du Conseil des arts du Canada pour la recherche et l’écriture de son prochain livre, qui portera sur l’histoire du français, notamment en terre d’Amérique.

Josée Boileau a reçu, annoncé dans le cadre du Salon du livre de Montréal, le prestigieux prix Pierre-Vadeboncœur de l’essai, décerné par la CSN, pour son livre «Avec le recul», tout juste publié (http://bit.ly/2j9RBtk).

Camille Robert a été choisie comme l’une des dix jeunes auteur-rices à surveiller en 2017 par l’émission Plus on est de fous, plus on lit de Radio-Canada (http://bit.ly/2j8Mjyl) en plus de voir son essai, «Toutes les femmes sont d’abord ménagères» sélectionné pour la liste préliminaire du Prix des libraires du Québec (http://bit.ly/2zmrMBh).

Mille bravos! Votre travail, vos recherches et vos réflexions sont essentiels à la vie intellectuelle du Québec. Je suis très heureux que vous fassiez «partie de la maison».

Message à mes abonné-es

Si vous êtes abonné par courriel à ce blogue, un mot pour vous prévenir que je vais le mettre à jour d’ici la semaine prochaine et que vous recevrez plusieurs messages de nouvelles publications, étant donné que je l’ai passablement négligé ces dernières semaines. Mes excuses à l’avance d’inonder ainsi votre boîte courriel!

La privatisation de l’art

Les textes du numéro le plus récent de la revue Droits et liberté de la Ligue des droits et liberté a été rendu accessible publiquement hier. Le dossier porte sur les droits culturels et le droit à la culture.

On peut consulter l’ensemble du numéro ici.

 

La privatisation de la culture

Le soutien public aux arts constitue l’un des problèmes de politiques publiques le plus intéressant. Il présente une tension entre la liberté artistique et la tentation pour le pouvoir d’instrumentaliser les arts à son profit. Jusqu’au milieu du 20e siècle, l’appui financier aux arts et à la culture était l’apanage des détenteurs de pouvoir politique, religieux ou économique. L’édification de l’État-providence à partir de la Deuxième Guerre mondiale a permis le développement de politiques culturelles rationnelles, détachées, du moins en principe, de toutes velléités propagandistes. S’il y eût des princes de l’État, de l’Église ou de l’industrie, dont le mécénat ne participait d’aucune manière à la promotion de leur puissance, ils furent tout de même l’exception. De la banale glorification à l’utilisation pragmatique du travail artistique à des fins de propagande, son instrumentalisation a constitué la norme. On serait porté à croire que l’État technocratique n’utilise pas son pouvoir à la promotion d’une idéologie. La réalité n’est toutefois pas si tranchée.

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Problèmes de courriel

Depuis plusieurs semaines, mon serveur connaît des difficultés importantes, ayant été la cible d’attaques malveillantes. J’ai dû faire installer des protections supplémentaires la semaine dernière, qui ont eu comme conséquence fâcheuse de mettre à mal mon serveur courriel. Par conséquent, je ne reçois plus de courriels depuis samedi (le 23); si vous m’avez écrit, il est possible que vous ne receviez même pas de message d’erreur. La situation devrait revenir à la normale demain mardi le 26. D’ici là, vous pouvez me joindre à mon adresse de dépannage gmail.

Désolé des inconvénients que cela a pu vous apporter.

Mise-à-jour, 26 sept. 8h: mon courriel est à nouveau fonctionnel, mais je n’ai pas, à cette heure, reçu les courriels qui auraient été envoyés depuis samedi dernier. N’hésitez pas à m’écrire à nouveau!

Le français dans l’espace public à Montréal va bien

Ce matin dans Le Devoir, Monelle Guertin, doctorante en linguistique, publiait un texte fort instructif sur les statistiques démolinguistiques qui constituent des indicateurs adéquats pour évaluer la bonne ou la mauvaise santé du français, et montre que bien plus que la langue maternelle ou celle parlée à la maison « l’indicateur le plus pertinent pour [s]a vitalité […] se trouve à être la langue d’usage public ». En effet, faire du français la langue qu’on utilise pour « communiquer avec les autres membres de la société » est ce qui a motivé l’adoption de la loi 101 et toutes les mesures politiques en la matière depuis des décennies ont visé à faire du français la langue d’usage commune, comme on dit, tant à l’école, au travail que dans la vie publique et politique.

Je vous invite à lire son éclairant texte. Ce qui m’a toutefois frappé, c’est le commentaire d’un lecteur, qu’on retrouve sur le site du Devoir. Celui-ci affirme, en gros, que l’auteure ne tient pas compte de la situation à Montréal (elle s’intéresse à l’ensemble du Québec en effet), et que les données du recensement de Statistique Canada qu’elle cite « ne sont pas significatives« , puisque c’est à Montréal que « le sort du français se joue ». Il conclut en écrivant: « Si je me fie à ma propre observation plutôt qu’aux ‘chiffres’, l’anglicisation de Montréal est officieusement beaucoup plus importante que ce que croient les experts d’Ottawa. »

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Les racines du syndrome Sears Canada | Édito à «La Matinale» (CIBL | vidéo)

Sears Canada est en faillite technique et ses hauts dirigeants empocheront des millions de dollars en prime. Scandale? Peut-être, mais pas là où on le voit. Mon éditorial hebdomadaire à La Matinale de CIBL de ce matin.