Non, les robots ne voleront pas votre emploi | Chronique à «Les éclaireurs» (Radio-Canada | audio)

Ma chronique de cette semaine au magazine Les Éclaireurs de Radio-Canada: la robotisation et l’avenir de l’emploi.

 

Les « manchettes catastrophistes et les exemples frappants » concernant la robotisation dans le milieu du travail font écho à des craintes similaires mises de l’avant à maintes reprises dans l’histoire de nos sociétés, selon l’économiste Ianik Marcil. D’après lui, chaque fois, les scénarios pessimistes anticipés ne se sont pas concrétisés.

Depuis 250 ans et le début de l’ère industrielle, l’amélioration des machines a toujours eu des répercussions sur les travailleurs en autonomisant certaines de leurs tâches. Il faut se souvenir, explique Ianik Marcil, que dans la plupart des cas, on parle de l’adaptation d’un emploi, pas de sa disparition. Inutile, donc, de tomber dans la dramatisation et l’exagération.

Métiers en voie de disparition
En fait, seulement de 5 à 9 % des métiers seraient menacés par la robotisation, déclare l’économiste. La société, par la redistribution des richesses et l’offre de nouvelles options à ces nouveaux chômeurs, peut absorber ces pertes d’emploi, comme elle l’a fait, par exemple, avec les allumeurs de réverbères, profession que la modernité a rendue désuète au cours du 20siècle.

Des robots capables d’apprendre
Les robots de notre époque ne servent plus seulement à la répétition de tâches manuelles. Ils sont désormais dotés d’un certain jugement et bénéficient d’une capacité d’apprentissage. L’innovation dans ce domaine peut donc sortir des usines pour aller chez un juriste, un radiologue ou un traducteur, par exemple.

 

Vente à pression dans les banques | Édito à «La Matinale» (CIBL | vidéo)

Une banque presse le citron de son personnel afin d’augmenter les ventes. En bout de piste, employés, consommateurs et épargnants sont tous coincés dans le même système. Mon édito de ce matin à « La Matinale » de CIBL 101,5 FM Montréal.

Surmonter le pessimisme | Chronique à «L’Itinéraire»

Le dernier numéro de L’Itinéraire est dans les mains d’un de nos 150 camelots, ami-es de Montréal! Le dossier cette semaine: charité et philanthropie. Ma chronique, «Surmonter le pessimisme» – où je vous parle brièvement du petit dernier de Hervé Kempf (Éditions du Seuil), «Tout est prêt pour que tout empire». Bonne lecture!

Parité économique femmes-hommes | Édito à «La matinale» (CIBL | vidéo)

Ce qui bloque les avancées dans la parité femmes-hommes? Le pouvoir, notamment. Mon édito de ce matin à La Matinale de CIBL 101,5 Montréal.

 

L’épargne au Canada | Chronique à «Les éclaireurs» (Radio-Canada | audio)

Les niveaux d’épargne des ménages canadiens varient énormément, d’une province à l’autre, et dans le temps. C’était le sujet de ma chronique hier au magazine « Les éclaireurs » de la première chaîne de Radio-Canada, qu’on peut écouter ici.

Les deux graphiques suivants montrent à quel point ces variations peuvent être spectaculaires:

Contre le revenu universel ? | Entretien à «Plus on est de fous, plus on lit!» avec Gabriel Nadeau-Dubois (audio | Radio-Canada)

La question du revenu universel, ou revenu minimum garanti, est au goût du jour depuis quelques années. Gabriel Nadeau-Dubois en discutions au micro de « Plus on est de fous, plus on lit! » à Radio-Canada, suite à notre lecture de Contre l’allocation universelle, de Mateo Alaluf et Daniel Zamora (Lux, 2016).

On peut écouter le segment ici.

Cours 101 sur le revenu universel

Ianik Marcil, économiste, et Gabriel Nadeau-Dubois, essayiste et chroniqueur
Ianik Marcil, économiste, et Gabriel Nadeau-Dubois, essayiste et chroniqueur   Photo : Radio-Canada / Louis-André Bertrand

 

« Le mérite de cette discussion qu’amène le livre est que l’idée d’un revenu universel revient à beaucoup plus que de petits paragraphes de lois et de règlements. C’est une réflexion globale et large qui est nécessaire. » Inspirés par la lecture de Contre l’allocation universelle, de Mateo Alaluf et Daniel Zamora, l’économiste Ianik Marcil et l’essayiste Gabriel Nadeau-Dubois se penchent sur les avantages et inconvénients de la mise en place d’un système de revenu universel.

Ils expliquent que cette idée de fournir un montant à chaque citoyen de sa naissance à sa mort par l’État est portée par des membres de la gauche et de la droite politique. Les partisans de la gauche voient cette allocation comme un montant qui s’ajoute aux programmes de sécurité sociale, alors que les partisans de la droite estiment que ce revenu offre des chances égales à tous et que les individus deviennent responsables de leur survie financière.

Ianik Marcil affirme que pour parvenir à offrir un revenu minimum garanti – on parle de 1000 $ par mois par personne –, il faut se demander où on va couper dans les dépenses gouvernementales, comme l’assurance sociale et l’assurance-emploi. « Comment va-t-on le faire? Comment va-t-on le mettre en place? Et surtout, qu’est-ce qu’on va abandonner parallèlement? C’est là où ça devient problématique et c’est ce que le livre veut mettre en lumière. »

Je vais débattre avec Vincent Geloso au Journal de Montréal

avatar-twitter-marcilJe tente une expérience, je crois que c’est le bon mot.

À compter du 12 mai 2014 j’alimenterai un blogue « à deux têtes » avec Vincent Geloso dans le Journal de Montréal: « Libre échange« . Pour ceux et celles qui ne le connaissent pas, Vincent est économiste, poursuit présentement ses études doctorales à la London School of Economics. Sa spécialité est l’histoire économique et, pour ce que je connais de lui, c’est un homme faisant preuve de rigueur et possédant une solide culture. Nous ne faisons manifestement pas partie de la même famille politique: Vincent a clairement des accointances libertariennes. Nous chercherons donc dans ce blogue à débattre d’enjeux économiques, sociaux et politiques actuels à travers nos deux visions du monde. Je n’aime pas, d’ordinaire, les débats polarisés qui sont presque toujours stériles. En revanche, j’ai confiance en ce que Vincent et moi nous efforcions pour élever le débat et le rendions constructif.

Évidemment, j’entends d’ici les critiques qui me seront adressées parce que je rejoins le côté sombre de la Force en me joignant à l’Empire. Je vais donc répondre à l’avance à trois d’entre elles:

1.- Pourquoi collaborer à un grand média?

Au sein de la gauche, il y a une division (parmi mille autres) sur la pertinence de collaborer ou non à des grands médias corporatistes et capitalistes. J’ai eu dans le passé des discussions houleuses avec les « miens » à ce sujet. Certains prétendant même qu’il ne fallait pas collaborer au Monde ou au Devoir, médias pourtant indépendants mais répondant à une logique capitaliste; une telle collaboration contribuant à nourrir la bête, en somme. Je crois pour ma part qu’il soit nécessaire d’investir les médias de masse pour faire passer nos idées dites de gauche. Je souligne à cet égard l’initiative de Michel Dumais, responsable des blogues au Journal de Montréal qui a eu l’idée d’inviter Vincent et moi et qui a, notamment, convaincu l’IRIS ou Réjean Parent d’y collaborer. Faut le faire! Un think-tank de gauche et un ancien président de la CSQ… Collaborer à un média de masse, c’est à mon sens, plutôt que de collaborer avec « l’ennemi », creuser des interstices dans le système, selon le mot du sociologue américain Erik Olin Wright. Si on ne fait que parler entre nous dans nos propres médias indépendants et militants, on ne convainc personne d’autre que nous mêmes – ce que j’appelle le club des claques dans le dos.

2.- Pourquoi collaborer au Journal de Montréal, propriété d’un empire médiatique hégémonique?

Parce qu’il s’agit d’un des médias les plus lus au Québec, tout simplement. Et, particulièrement, lu par ce qu’on appelait autrefois les « classes populaires ». Je crois sincèrement qu’il soit nécessaire de dialoguer avec tous les groupes de notre société pour faire avancer les choses. Et particulièrement de cultiver les interrelations entre eux. Quand les intellectuels ne discutent qu’entre eux, on n’aboutit à rien d’autre qu’à des débats scolastiques. Bourgault – entre autres – l’avait bien compris à l’époque où il était chroniqueur au Journal de Montréal. Parce que ce journal est un média généraliste qui donne une parole plurielle à des auteurs issus d’horizons très diversifiés. On peut y lire Josée Legault, Hugo Latuilippe, Julia Posca, Simon Tremblay-Pépin ou François Bugingo, par exemple, dont la probité intellectuelle n’est pas à prouver.

3.- Pourquoi débattre voire dialoguer avec un libertarien de droite?

N’est-ce pas stérile de tenter de débattre avec quelqu’un dont les idées sont, a priori, à l’exact opposé des nôtres? Comme je l’ai écrit ci-dessus, j’ai confiance que Vincent et moi saurons dépasser la polarisation stérile. Bien sûr, nous serons probablement plus souvent qu’autrement en désaccord sur les fins et les moyens. En revanche, s’il est un combat qui m’anime, c’est celui de contribuer à la mesure de mes moyens à l’amélioration des conditions de la délibération démocratique. Cette délibération nécessite un élan vers l’autre, comme j’aime à le dire. Mais au-delà des intentions, il est nécessaire que soient mises en place les conditions de la discussion. Celles-ci reposent, essentiellement, sur une définition commune des termes du débat. À cet égard, Vincent et moi sommes motivés à faire reposer nos discussions sur une analyse la plus rigoureuse possible des faits et à offrir à nos lecteurs et lectrices les éléments pour alimenter leur réflexion.

Pour ma part, j’aime lire les libertariens, à droite, comme j’aime lire les anarchistes, à gauche. Ils proposent tous les deux une forme d’idéalisme radical en poussant à leurs limites les fondements moraux et politiques de leur philosophie. À cet égard, ils constituent un laboratoire de pensée puissant pour confronter le réalisme et la pertinence de mes propres idées. Je n’aurais pas été intéressé à contribuer à un blogue « standard » au Journal de Montréal. En revanche, participer à un espace de débats offert à deux visions politiques différentes me semble fécond et une contribution utile aux débats publics. Cette foi en une amélioration des conditions de la délibération est peut-être mon idéalisme personnel…

Cela étant dit, même s’il s’agit ici d’une expérience inédite de débats, je ne les envisage pas se terminer par un gagnant et un perdant. Nous serons souvent en désaccord, manifestement, mais notre défi est d’apporter des éléments factuels et analytiques pour permettre à nos lectrices et à nos lecteurs de se faire une meilleure opinion sur des enjeux importants pour eux.

Vous pourrez donc nous lire à cette adresse: blogues.journaldemontreal.com/libreechange et, une fois par mois, dans la version papier du Journal de Montréal et du Journal de Québec où nous présenterons nos visions respectives d’une question d’actualité.

Tout ceci ne m’empêchera pas de continuer à contribuer à d’autres publications, notamment dans mes chroniques régulières à L’Itinéraire (tous les numéros), au webzine ratsdeville (chronique en arts visuels le dernier vendredi du mois), ou ponctuellement à Relations, à Liberté ou à À bâbord.