Sous le tapis – nouvelle chronique

Petite auto-promotion. Je tiens maintenant une chronique sur les dessous des arts visuels, « Sous le tapis, » sur Rats de ville « le webzine de la diversité en arts visuels. » Un rendez-vous bi-hebdomadaire (première chronique, vendredi le 21 janvier) où je chercherai à mettre en lumière ce qui se cache sous le tapis du milieu des arts visuels: économie, politique, pouvoir et violence symbolique. Débusquer, scruter et analyser les relations d’influence et de pouvoir tissées entre les divers acteurs du monde des arts visuels. Amener les artistes et intervenants autant que le public intéressé par les arts visuels à questionner les interrelations politiques, économiques et sociales du milieu.

Les arts visuels, ça sert à quoi ?

À rien.

Vraiment. Les arts visuels sont inutiles. Pourquoi poser cette question ? Parce que les arts ont été entretenus historiquement par le Prince. C’est l’État qui permet généralement aux créateurs d’exister. Il y a peu, c’étaient les Princes italiens, français, flamands, chinois, anglais et autres, qui permettaient aux artistes de créer des œuvres, souvent pour glorifier leur pouvoir politique. Maintenant, ce sont les programmes de subventions, d’intégration de l’art aux édifices publics et les crédits d’impôts à l’acquisition d’œuvres.

Donc, si le Prince décide de subventionner l’art c’est qu’il doit être utile, il doit apporter quelque chose à la société, être utile. Pis: avoir une valeur économique.

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié sur le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

Modeste proposition concernant les artistes canadiens

Rien n’est plus affligeant pour quiconque suit les actualités économiques et politiques du Canada que de constater le peu de place qui est accordée à nos artistes, la part congrue qu’est la leur dans le développement de notre magnifique pays. Le problème fondamental est simple: les artistes ne sont pas rémunérés à leur juste valeur. Une (autre) étude récente démontrait que le salaire moyen des musiciens, par exemple, est d’à peine 20 000$.

La théorie économique est claire à cet égard: lorsqu’un facteur de production n’est pas rémunéré à la juste valeur de son apport économique, c’est que le jeu de l’offre et de la demande est faussé. Dans le cas qui nous occupe, les capacités, expertises et aptitudes techniques des artistes ne sont pas payées adéquatement.

Pour 2011, je dédie ma modeste proposition concernant les artistes canadiens à l’Honorable James Moore, ministre du Patrimoine du Canada, qui a déjà à son actif de nombreuses réalisations allant dans ce sens. En effet, j’ai déjà relaté sa lumineuse idée de couper le financement de l’État d’urgence de l’Action terroriste socialement acceptable, quelques jours avant le début de l’événement, parce qu’il ne correspondait plus aux attentes du ministère en termes de « retour sur investissement. » Dans la même veine éclairée, le même inénarrable ministre avait chamboulé le financement d’événements culturels majeurs en début d’année – ce qui avait eu comme conséquence, notamment, de couper le financement historiquement accordé aux FrancoFolies de Montréal, quelques semaines avant le début de l’événement, au profit du Canada’s Largest Ribfest de Burlington, ou du Rodéo du camion de Notre-Dame-du-Nord; j’en parlais ici.

L’Honorable James Moore © Sean Kilpatrick/Presse Canadienne

Ma modeste proposition à l’Honorable James Moore est donc la suivante: dans la logique économique salvatrice du gouvernement conservateur, de rentabiliser les capacités des artistes canadien afin d’en faire profiter au maximum l’ensemble des Canadiens (et non pas uniquement la petite élite snob et prétentieuse du Plateau Mont-Royal), et d’assurer à l’ensemble de la machine économique du plus meilleur pays au monde un « retour sur investissement » digne de ce nom. Ainsi:

– Utiliser les talents des artistes visuels, peintres, sculpteurs et autres « artistes multidisciplinaires » (qui se trouve être un synonyme du tout et n’importe quoi lorsqu’on est pas en mesure de peindre un paysage magnifique des montagnes de Charlevoix ou des Plaines de la Saskatchewan) pour retaper les écoles, bureaux de poste, édifices gouvernementaux et – pourquoi pas – les routes en piteux état de notre pauvre pays.

– S’assurer que la force physique et la souplesse corporelle des danseurs puisse servir à améliorer le paysage de notre beau pays: en effet, il est démontré que de nombreuses terres arables du Canada ne sont pas exploitées fautes de bras – des forêts inutiles et futiles recouvrent un vaste territoire qui ne demande qu’à être exploité. En lieu et place d’utiliser leurs aptitudes corporelles à effectuer d’insignifiantes steppettes à demi-nus, ces danseurs devraient plutôt favoriser le développement de l’agriculture et permettre ainsi de nourrir les honnêtes contribuables et entrepreneurs créateurs de richesse, plutôt que de corrompre la jeunesse avec des simagrées qui ne font qu’éveiller les fantasmes sexuels pervers des jeunes spectateurs.

– Permettre aux honnêtes citoyens canadiens et contributeurs aux caisses électorales des grands partis politiques de bénéficier du talent des acteurs et comédiens en leur demandant de faire la promotion des grand idéaux canadiens. Par exemple, la Loi sur les Indiens qui persiste au 21e siècle à présenter un paternalisme sain, le libre-échange et le libre-marché, les valeurs chrétiennes, l’unité de ce grand peuple dont la planète entière n’a que faire, le développement écologique des sables bitumineux et l’idéal d’une monarchie constitutionnelle où le Chef de l’État, Elisabeth II, est « Élisabeth Deux, par la grâce de Dieu, Reine du Royaume-Uni, du Canada et de ses autres royaumes et territoires, Chef du Commonwealth, Défenseur de la Foi. »

– Canaliser le talent des poètes, romanciers et autres littérateurs de rédiger dans une langue plus harmonieuse que cela n’est le cas maintenant, les textes de loi, constats d’infraction, panneaux signalétiques, notices d’information gouvernementales et autres documents officiels – plutôt que d’écrire de séditieux et larmoyants textes minant la crédibilité d’une société qui a à cœur son développement économique et industriel.

– Finalement, contraindre les musiciens, ces héritiers des pauvres troubadours du Moyen Âge qui n’ont d’autres objectifs que de pleurnicher sur le sort du monde et ses malheurs, d’apporter à la fois la joie de vivre et le rythme nécessaire aux honnêtes travailleurs qui empruntent les transports en commun à l’heure de pointe par -30°C, qui n’ont rien à retirer des complaintes de l’échec amoureux de ces « artistes » (ce qui encourage la destruction des familles, fondement de la société canadienne), mais plutôt de comprendre la joie du travail bien fait, de l’épargne saine et d’une foi juste et pure envers Dieu.

Au final: s’assurer que ces pleurnichards d’artistes qui n’en font qu’à leur tête et gaspillent leurs capacités techniques à des œuvres séditieuses (sans compter leur rôle de sangsue des fonds publics canadiens) puissent, enfin ! contribuer à l’essor et au développement économique de la société canadienne.

***

Ce texte facétieux est (très modestement) inspiré du célèbre « A Modest Proposal for Preventing the Children of Poor People in Ireland From Being a Burden to Their Parents or Country, and for Making Them Beneficial to the Public » (1729) de Jonathan Swift (« Modeste proposition concernant les enfants des classes pauvres », in: Œuvres, Paris: Gallimard (Pléiade), 1965, pp. 1383-92). Je n’ai pas 5% du talent du grand pamphlétaire irlandais, mais je me suis inspiré de son texte corrosif pour tenter de présenter à la négative mes souhaits les plus chers – et les plus idéalistes – pour cette nouvelle année:

– Que l’on reconnaisse que les artistes et les créateurs de toutes disciplines nous permettent non pas le divertissement et l’évasion (quoiqu’ils le puissent, aussi), mais surtout de nous en apprendre plus sur nous-même, notre monde et celui que nous désirons bâtir.

– Que nous comprenions collectivement que les arts sont une source de civilisation – au sens où la civilisation est un liant commun permettant de dépasser nos petites réalités individuelles.

– Que l’on crie haut et fort que l’apport social des artistes dépasse largement leur démarche individuelle mais est au cœur de notre développement communautaire, politique, social et spirituel.

– Que l’on comprenne enfin que le travail des artistes a une valeur qui n’est pas économiquement quantifiable, ne l’a jamais été, ne le sera jamais et n’a pas à l’être, malgré le système marchand des galeries commerciales, des galas, et des disques platines.

Amis créateurs, vous qui nourrissez ma vie, je nous souhaite collectivement et naïvement une année 2011 à la recherche du beau, de l’authentique et du significatif.

Il y a urgence de remettre un ministre à sa place

Ce soir s’ouvre le 12e et dernier État d’urgence de l’Action terroriste socialement acceptable, qui se tient jusqu’à dimanche. Depuis 12 ans, Annie Roy et Pierre Allard les deux cofondateurs de l’ATSA, tiennent ce projet à bout de bras et maintenant, à bout de souffle.

En effet, dans sa sagesse magnanime, le ministère du Patrimoine canadien a retiré, quelques jours avant l’événement, une importante subvention qui permettait à ce projet de survivre. Encore une fois, un geste inexplicable et inexcusable, annoncé au dernier moment, comme cela avait été le cas pour le financement des Festivals, juste avant les Francofolies ou des tournées artistiques internationales (j’en parlais ici). Les arguments pour ce refus, sont, de plus, nauséabonds: le ministère considéer que l’événement ne correspond pas au « retour recherché sur l’investissement* » comme le rapporte Rima Elkouri dans un excellent article, ce matin. En quoi une activité artistique ou communautaire, voire les deux comme ici, doit-elle générer un « retour sur investissement »? Révoltant.

En tout cas, si vous êtes à Montréal d’ici dimanche, allez encourager des gens qui se démènent pour donner un peu de chaleur, au propre comme au figuré, aux itinérants de Montréal. Des tonnes d’activités artistiques sont planifiées: musique, poésie, expos. Mais surtout un grand geste de solidarité et de fraternité envers des femmes et des hommes de la rue qui en ont bien besoin. Le thème cette année est Tou(s)t inclus – pour ceux qui n’ont rien de ces forfaits au soleil dont plusieurs d’entre nous profiterons cet hiver, mais surtout TOUS inclus, car la vraie violence de l’itinérance, c’est l’exclusion, comme je le répète souvent.

Et je vous invite à faire comme moi, et à vous insurger contre cette décision stupide et inacceptable de Patrimoine Canada en écrivant à son inénarrable ministre, James Moore. En ces temps de textos, Twitter et pétitions en ligne, faites le donc par une vraie lettre sur du vrai papier – l’impact n’en sera que plus grand:

L’honorable James Moore
Ministre du Patrimoine canadien
et des Langues officielles
Ottawa (Ontario)
K1A 0A6

Sur votre lancée, écrivez aussi à Annie Roy et Pierre Allard de l’ATSA pour leur signifier votre soutien. Sans oublier un petit chèque à insérer dans l’enveloppe !

ATSA
4430, rue Drolet
Montréal (Québec) H2W 2L8

* Et on passe sous silence l’utilisation de cet affreux anglicisme.

Le financement des tournées artistiques – tourner en rond dans l’aquarium culturel canadien

Les médias ont beaucoup parlé aujourd’hui d’une étude publiée hier par la Conférence internationale des arts de la scène qui démontre l’impact dévastateur qu’a eu le retrait en 2008 par le gouvernement conservateur des deux programmes de soutien financiers aux tournées internationales pour les arts de la scène (PromArt et Routes commerciales). Malheureusement, à mon sens, les arguments avancés sont trop peu percutants, malgré qu’ils soient forts: au-delà des chiffres, on parle d’effet domino insidieux, de rayonnement du Canada et de ses artistes, de diplomatie culturelle et sociale, etc. De biens beaux mots vertueux mais pas assez convaincants. Isabelle Paré dans le Devoir et Marc Casivi dans la Presse les ont bien résumés (et les exemples présentés par I. Paré sont tout simplement rageants).

Photo: « Norman » de Michel Lemieux et Victor Pilon
dont la tournée s’est terminée abruptement à Paris,
de peur de faire un déficit (source).

Je vous propose une brève analyse économique de ces dommages. Non pas financiers ou monétaires, mais de la logique économique des exportations. Évidemment, je suis le premier à défendre le financement public de la culture, celui-ci serait-il une pure dépense sans aucun impact économique – ce qui est complètement faux: l’impact économique direct et indirect du secteur culturel est démontré, ici comme ailleurs, par des bibliothèques complètes d’études économiques. La ministre québécoise de la Culture, Christine St-Pierre, rappelait d’ailleurs hier que pour chaque dollar investi dans les arts rapportait aux divers paliers gouvernementaux 10$ de revenus de taxation.

Bien évidemment, il y a une orientation politique au financement de la culture et la politisation des décisions de financement (qui n’est pas que l’apanage du gouvernement Harper, mais une tendance lourde dans la plupart des sociétés occidentales) et l’emprise du gouvernement conservateur sur le financement de la culture est très inquiétant. Nous en avons vécu au printemps un des exemples les plus absurdes: en remaniant drastiquement (et à la dernière minute) les règles de financement des festivals, le fédéral avait favorisé certains festivals au détriment d’autres, sans aucune espèce de pensée de développement culturel, comme le recensait en mai Marie-Andrée Chouinard: « Pourquoi [financer] le Canada’s Largest Ribfest de Burlington, qui célèbre la meilleure côte levée, et pas le Festival de jazz d’Ottawa? Pourquoi le Rodéo du camion de Notre-Dame-du-Nord et pas les FrancoFolies de Montréal? ».

Mais cela dit: dans une logique d’analyse économique, quels sont les impacts de cette décision?

1. Impacts directs sur les organismes: l’étude le démontre clairement:

Deux ans après cette décision, l’étude a permis d’établir qu’environ 175 tournées et plus de 1600 représentations auraient été annulées à la suite de cette décision. Les volets spécifiques de ces programmes visés par l’étude disposaient de crédits de 5,4 millions de dollars avant leur abolition, mais leur disparition a eu pour effet de priver les compagnies artistiques canadiennes de plus de 15,8 millions de dollars en revenus autonomes (billetterie, commandites, etc.). (source)

Mais dans une logique d’exportations, puisque les tournées à l’étranger, dans une pure logique économique, sont l’équivalent d’exportation du sirop d’érable ou d’avions Bombardier, les impacts à long terme sont potentiellement gigantesques. Voyons quatre arguments économiques en faveur des exportations:

2. Les exportations favorisent l’innovation: j’ai déjà eu une cliente, une Beauceronne qui avait hérité avec ses frères de l’érablière paternelle. Elle s’était mise en tête de développer le marché des Émirats arabes, complètement inexploités (elle était plutôt tête de cochon). Comment vendre du sirop d’érable à des bédouins? En leur montrant qu’y tremper son pita est délicieux et que cela donne une touche exotique à leurs desserts traditionnels. Au contact des gens qu’elle rencontrait dans des foires commerciales sur place (ses déplacements étaient en partie financés par le gouvernement canadien), elle a peu à peu bonifié ses connaissances et amélioré ses produits – au final, elle a fait des ventes très importantes dans la région. C’est la même chose pour la culture: nos artistes de la scène, en se produisant à l’étranger, sont mis en contact avec des pratiques émergentes, des visions du monde, des pensées artistiques qui enrichissent leurs propres pratiques – et c’est l’ensemble des publics canadiens qui en bénéficient par la suite. Croyez-vous que Robert Lepage crée ses œuvres acclamées dans le monde seul dans son sous-sol fermé à toute influence en recevant l’inspiration divine? Bien évidemment, son génie créatif est nourri par ses multiples contacts avec les plus grands artistes du monde, à l’étranger.

3. Les exportations favorisent l’attraction et la développement des talents: des industries qui entretiennent de fortes relations avec le reste du monde en sont constamment fortifiées. Par exemple, l’industrie du jeu vidéo à Montréal constitue une « grappe », un « pôle », un « cluster » bref un espèce d’écosystème où l’innovation et le développement de nouvelles technologies est nourri par des professionnels qui sont attirés par ce dynamisme, permet le développement de programmes spécialisés dans les écoles et universités, et la collaboration avec d’autres industries. Cela permet à une région d’être davantage dynamique, plus solidement intégrée et d’être globalement moins fragiles aux coups de vents économiques. Il en est de même dans le domaine des arts. Un des exemples les plus frappants des dernières années est sans aucun doute le cirque. Le Cirque du soleil, idée sortie de la tête d’un entrepreneur hurluberlu et sans le sou, a eu le succès international qu’on lui connaît et, sous le sillage de ce succès, fait naître écoles, programmes de formation divers, un festival, d’autres compagnies de cirque, etc.

4. Les exportations permettent aux entreprises de réduire leur risque: l’économie canadienne est l’une des économies occidentales ayant le mieux survécu à la récente crise économique, pour plusieurs raisons (l’une des plus importantes étant la solidité de son système bancaire) – les exportations n’expliquent pas tout, mais une des transformations majeures que notre économie (et particulièrement celle du Québec) a connu depuis 20 ans est la diversification de ses marchés étrangers. Nous sommes encore très dépendants de l’économie américaine, mais beaucoup moins que ça n’était le cas il y a 20 ou 30 ans. Du coup, même si l’économie américaine s’effondre, une entreprise canadienne qui exporte autant en Chine, en Amérique du Sud, en Europe de l’Est qu’aux USA verra l’impact d’une crise au sud de la frontière sur ses affaires diminué d’autant. Il en est évidemment de même des compagnies des arts de la scène: le marché canadien est tout petit, de petites turbulences dans leurs activités locales peuvent avoir des répercussions importantes sur ces compagnies – ajouter des « marchés » étrangers à leur clientèle permet de diversifier leurs sources de revenus.

5. Finalement, financer les activités d’organisations pauvres est très productif: il existe en économie un principe dit des « rendements marginaux décroissants » – ou de la « productivité marginale décroissante ». Plus on met de ressources à produire quelque chose, moins cet ajout de ressources apporte une production importante (autrement dit, ces efforts sont de moins en moins rentables). Par exemple, une nouvelle entreprise de fabrication de clous qui reçoit un financement initial de 100 000$ utilisera cet argent là où il sera le plus productif: achat de la meilleure machine de production, publicité et ventes, etc. Quelques années plus tard, lorsqu’elle vendra pour 50 millions de $ de clous, un 100 000$ supplémentaire injecté aura proportionnellement un impact plus faible: réparation d’une des machines vieillissante, impression d’une brochure s’ajoutant à 50 autres, etc. Donc, financer pour 30 000$ une grande entreprise milliardaire, disons Rogers ou Telus, aura un impact beaucoup plus limité que d’offrir le même financement à la petite entreprise de 5 employés. Et comme la très grande partie des organismes culturels sont petits et pauvres, on peut supposer sans trop de risque de se tromper que le même 30 000$ injecté dans l’un d’eux aura un impact extraordinaire sur leur développement. Ce sont des organisations habituées à dépenser le moindre 100$ avec grande circonspection, à boucler leurs budgets au sou près, il est donc évident que dans un tel contexte les impacts de leur financement est extrêmement grand, économiquement bien sûr, mais surtout sur leur boulot premier: la production d’œuvre artistiques.

Pour toutes ces raisons, en n’épargnant que 5 millions de $, du change dans les poches du gouvernement, sur un budget de plus de 500 milliards de $, la décision du gouvernement conservateur en 2008 est une très mauvaise décision économique. Et une extraordinaire erreur pour le développement culturel et social du pays. En forçant les organismes des arts de la scène à tourner en rond dans l’aquarium culturel canadien, nous nous appauvrissons collectivement, économiquement, culturellement et humainement.