Les coopératives ont mieux réagi à la crise

Des études et analyses du Bureau international du travail (BIT, un organisme de l’ONU réunissant des représentants gouvernementaux, syndicaux et patronaux) ont démontrées récemment « que, sauf quelques exceptions, les entreprises coopératives de tous les secteurs et toutes les régions sont relativement plus résistantes aux chocs actuels subis par le marché que leurs homologues plus centrées sur le capital », selon les mots mêmes de Hagen Henrÿ, responsable du secteur des coopératives au BIT.

L’explication centrale est simple: ces organisations ne subissent pas les pressions que connaissent les entreprises privées de la part de leurs actionnaires pour sauvegarder à tout prix leurs profits, afin de le leur redistribuer sous forme de dividendes. De plus, elles sont beaucoup moins enclines à prendre des risques inconsidérés face aux turbulences économiques qu’elles traversent.

Fin du monde ou sortie de crise ?

Un peu en retard, j’ai finalement terminé la lecture de Fin du monde ou sortie de crise ? publié en septembre dernier (éditions Perrin). Il s’agit d’un ouvrage produit par le Cercle des économistes regroupant une trentaine d’économistes français d’horizon divers. La grande qualité (et rareté) de ce bouquin est d’opposer systématiquement deux visions: est-ce que la crise actuelle s’inscrit dans un cycle classique récession/croissance ou sommes-nous en plein cœur d’une crise plus profonde de la civilisation capitaliste, une redéfinition radicale de l’ordre financier, marchand et productif?

Les réflexions des économistes ayant rédigé cet ouvrage sont organisées en quatre grands thèmes: croissance et reprise économique; sphère financière; rôle de l’État et une dernière section, la plus intéressante à mon avis, « Où va le monde », qui s’interroge sur les questions de mondialisation, d’énergie et d’environnement, de la gouvernance mondiale et des industries culturelles.

La qualité ou le défaut de ce livre, selon nos attentes, est de ne pas conclure: les auteurs laissent au lecteur le loisir de se faire une opinion entre ces deux visions de la crise et de l’avenir. À coup sûr un très bon matériau pour réfléchir collectivement à ce qui nous attends et surtout à ce que nous désirons faire de notre monde et de nos communautés. Je vous le recommande chaudement, d’autant qu’il n’est pas technique, possède d’excellentes qualités de synthèse et de vulgarisation et n’est pas (trop) franco-centré.