Les transformation du monde du travail | Chronique à «Les éclaireurs» (Radio-Canada | audio)

Hier, au magazine Les éclaireurs nous proposions comme il se doit un spécial « travail. » Une émission fort intéressante, avec une histoire de la Fête du travail racontée par l’historienne Joanne Burgess, l’étonnante présence des uniformes de haute couture dans les métiers les plus variés avec Madeleine Goubau, le délicieux billet d’humeur, sur le « labeur d’exister » de Véronick Raymond, les captivantes recherches de la prof. Caroline Roux sur notre impression de manquer de temps et mon petit topo sur l’histoire récente des transformations du monde du travail. Ça s’écoute ici.

 

 

 

«Dictionnaire critique du sexisme linguistique» | Lancement

Premier lancement de la saison pour moi à titre d’éditeur! J’ai eu l’honneur et le bonheur d’assurer la direction littéraire du Dictionnaire critique du sexisme linguistique, ouvrage collectif dirigé par les juristes Suzanne Zaccour et Michaël Lessard (Somme toute, 2017, 264 p.).

Pourquoi les personnes courageuses ont-elles des couilles, alors que les mauviettes doivent s’en faire pousser une paire ? Pourquoi dit-on d’une femme qu’elle tombe enceinte, mais d’un homme qu’il la met enceinte ? Pourquoi les femmes sont-elles bavardes comme des pies si ce sont les hommes qui mecspliquent ? D’où vient notre tendance à disséquer les femmes en un panier de fruits : des melons ou des prunes à la poitrine, une peau d’orange, la cerise pour l’hymen ? Pourquoi les blagues de blondes font-elles rire ? Depuis combien de siècles les femmes sont-elles hystériques ? Pourquoi l’homme est-il conquérant quand la femme est facile ?

La réponse à ces questions et à bien d’autres se trouve dans ce Dictionnaire critique du sexisme linguistique, recensant des centaines d’expressions sexistes. Un projet qui invite les féministes à passer des actes à la parole !

Suzanne Zaccour et Michaël Lessard vous invitent à la rencontre d’une trentaine de voix féministes québécoises de différents milieux, qui relèvent le pari de faire rire, sourciller, décrier, sourire et grimacer avec des textes aussi riches que colorés.

Avec la collaboration de : Dorothy Alexandre, Dalila Awada, Isabelle Boisclair, Marie-Anne Casselot, Catherine Chabot, Sarah R. Champagne, Élise Desaulniers, Audrey-Maude Falardeau, Catherine Dussault Frenette, Rosalie Genest, Marilyse Hamelin, Naïma Hamrouni, Céline Hequet, Caroline Jacquet, Sarah Labarre, Diane Lamoureux, Louise Langevin, Louise-Laurence Larivière, Widia Larivière, Annick Lefebvre, Judith Lussier, MamZell Tourmente, Catherine Mavrikakis, Emilie Nicolas, Florence Ashley Paré, Julie Podmore, Marie-Michèle Rheault, Sandrine Ricci, Camille Robert, Annelyne Roussel, Marie-Ève Surprenant, Cathy Wong, Suzanne Zaccour

Au plaisir de vous voir au lancement ce soir au Quai des Brumes à compter de 17h30! Détails sur Facebook.

L’impact économique de l’immigration | Édito à «La Matinale» (CIBL | vidéo)

Mon éditorial de la semaine à La Matinale de CIBL portait sur les impacts économiques de l’immigration. Dans le contexte où l’arrivée de nombreux demandeurs d’asile ravive les débats sur les méfaits supposés de l’immigration, il me semble nécessaire de poser les bases de la discussion sur les faits. J’ajoute après la vidéo, ci-dessous, quelques éléments complémentaires.

1.- Comme je l’ai mentionné, l’immigration ne crée pas plus de chômage que l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail depuis la fin des années 1960 n’en a causé. Le graphique suivant, qui met en relation le taux de chômage au Québec et l’immigration nette par rapport à la population de la province montre bien qu’il n’y a pas de corrélation entre les deux phénomènes. Bien plus: malgré une hausse relative de l’immigration depuis vingt ans (et la continuation de l’arrivée des femmes sur le marché du travail, d’ailleurs), le taux de chômage n’a pas cessé de baisser. Évidemment, ce simple graphique ne raconte pas toute l’histoire et ne montre en rien un lien de causalité entre les deux phnomènes, mais il met néanmoins en échec cet argument faux. (Source des données: ISQ.)

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Se connaître | Chronique à «L’Itinéraire»

Le dossier du plus récent numéro du magazine L’Itinéraire, daté du 15 août, est consacré aux femmes autochtones. Un très beau dossier à lire absolument. D’ailleurs, nous soulignons, au magazine, tout au long du mois d’août, la présence autochtone à Montréal.

Ma chronique s’intitule « Se connaître » et en voici les premières lignes. La suite entre les mains de votre camelot!

Les Premières Nations revendiquent depuis des années la reconnaissance. Reconnaissance de leurs droits ancestraux. Reconnaissance que leurs terres n’ont jamais été cédées, mais plutôt conquises. Reconnaissance du droit à l’épanouissement de leurs cultures, leurs langues et leurs traditions. Reconnaissance de leur existence, tout simplement. Les non autochtones, particulièrement les descendants des colons européens, peinent à leur accorder ces reconnaissances. Par réflexe colonialiste, sans aucun doute. Pour en arriver à se défaire un jour de ces a prioris, nous (les blancs) devront d’abord accomplir un sérieux exercice d’apprentissage. La reconnaissance des peuples premiers devra nécessairement passer par la connaissance de leur réalité.

C’est quoi le concept? Épisode 8: Les inégalités économiques | Chronique à «Les éclaireurs» (Radio-Canada | audio)

Hier soir, je concoluais ma série estivale de chroniques « C’est quoi le concept? » au magazine Les Éclaireurs de la radio de Radio-Canada en traitant d’un thème dont on a beaucoup parlé ces dernières années: les inégalités économiques.

Au-delà des inégalités de revenu, il importe de porter attention également aux inégalités de richesse mais aussi aux inégalités entre groupes sociaux, notamment entre les femmes et les hommes, entre l’ensemble de la population et les membres des Premières nations ou des personnes issues de l’immigration. Même si le Canada et le Québec sont des sociétés relativement égalitaire – grâce à l’État social en grande partie – elles ne sont évidemment pas parfaites.

On peut écouter ma chronique sur l’audiofil de Radio-Canada, ici.

C’est quoi le concept? Épisode 7: Le boycott | Chronique à «Les éclaireurs» (Radio-Canada | audio)

Septième volet de ma série estivale de chroniques « C’est quoi le concept? » au magazine Les Éclaireurs de la radio de Radio-Canada, hier soir: les campagnes de boycott.

Du site de l’émission, où on peut écouter ma chronique:

Le boycottage comme geste politique est-il encore efficace en 2017? Oui, répond l’économiste indépendant Ianik Marcil, à condition que cette pratique, qui vise à punir une entreprise ou un groupe d’entreprises, réunisse les bons ingrédients. Le boycottage doit avant tout viser un objectif politique au sens large, rassembler une partie importante de la population et dénoncer clairement une situation perçue comme politiquement, socialement ou moralement condamnable, explique-t-il.

Le boycottage fonctionne lorsqu'il est bien mené et quand il répond à certains principes, explique Ianik Marcil.

L’histoire regorge de campagnes de boycottage réussies, souligne Ianik Marcil, à commencer par celle qui a visé les produits anglais dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord pendant la révolution américaine.

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Les racines du syndrome Sears Canada | Édito à «La Matinale» (CIBL | vidéo)

Sears Canada est en faillite technique et ses hauts dirigeants empocheront des millions de dollars en prime. Scandale? Peut-être, mais pas là où on le voit. Mon éditorial hebdomadaire à La Matinale de CIBL de ce matin.

 

 

 

 

Travailler pour soi | Chronique à «L’Itinéraire»

Ah! ce jour béni où on « travaille enfin pour soi »! C’est ce qu’affirme tous les ans le Fraser Institute. Au milieu de l’année, nous aurions enfin atteint l’autonomie financière et nous nous serions libérés de l’emprise de l’État.

Si c’était aussi simple. C’est l’objet de ma chronique du numéro du 1er juillet du magazine L’Itinéraire, en vente maintenant!

À chaque année, c’est la même chose. Le Fraser Institute, un think tank de droite, annonce en grande pompe que les Canadiens commencent à travailler pour eux. C’est-à-dire ce jour à compter duquel les contribuables cessent de payer de l’impôt et des taxes et sont donc « libérés » de leurs obligations fiscales – comme si depuis le début de l’année, la totalité de leurs revenus avaient été consacrés aux charges fiscales et que ce jour-là l’argent que nous gagnions nous appartenait en totalité. On l’a baptisé, d’ailleurs, « journée de la libération fiscale » (« tax freedom day »).

Malade, donc pauvre | Chronique à «Les éclaireurs» (Radio-Canada | audio)

Une maladie grave ou un accident peuvent nous entraîner dans une spirale descendante qui peut potentiellement nous entraîner à un état de grande précarité, voire de pauvreté. C’était l’objet de ma chronique au magazine « Les Éclaireurs » d’hier. On peut l’écouter ici.

Vivre une catastrophe financière à cause d’une maladie

Selon Ianik Marcil, les besoins des plus pauvres face à la maladie ne sont pas comblés par l'État.Selon Ianik Marcil, les besoins des plus pauvres face à la maladie ne sont pas comblés par l’État.   Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

Une maladie grave peut rapidement faire basculer quelqu’un d’une vie digne et confortable à la pauvreté, explique l’économiste Ianik Marcil. Selon lui, le système de santé ne soutient pas assez les personnes aux revenus plus modestes.

Un cas d’école
Ianik Marcil a lu l’histoire tragique de Nicole Croteau dans son livre Heureux les pauvres?, paru l’an dernier. Issue d’un milieu très modeste, Mme Croteau rêvait de devenir médecin. Mais à l’âge de 17 ans, son père est tombé malade, et elle a dû interrompre ses études pour le soutenir financièrement. Après un retour à l’université, elle est devenue orthothérapeute, mais elle est tombée malade à son tour. En tant que travailleuse autonome, elle n’a alors pas eu droit à une assurance invalidité. Graduellement, elle a tout perdu : sa profession, ses revenus, son réseau et ses amis, et elle n’a eu droit qu’à l’aide sociale.
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