Revenu minimum garanti en Ontario | Chronique à «Les éclaireurs» (Radio-Canada | audio)

Le gouvernement ontarien de la libérale Kathleen Wynne a mis en place la semaine dernière le projet pilote de revenu minimum garanti, promesse de la dernière élection générale, dans les villes de Hamilton, Thunder Bay et Lindsay. Il touchera 4000 personnes à faible revenu âgées de 18 à 65 ans et durera 3 ans. Un projet pilote parallèle sera destiné aux membres des Premières nations.

Ce projet se base, notamment, sur des recommandations de l’ex sénateur conservateur Hugh Segal (qu’on peut lire ici).

C’était l’objet de ma chronique d’hier soir au magazine « Les Éclaireurs » de la première chaîne de Radio-Canada.

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Le revenu minimum garanti: une bonne idée? | Table-ronde (Centre de recherche en éthique)

Dans le cadre de ses Points de l’Actualité, le CRÉ est heureux de vous annoncer qu’une table ronde consacrée au « revenu minimum garanti » sera tenue à la librairie Olivieri, le soir du 23 mars 2017. Qu’est-ce que le revenu minimum garanti? À quel type de problèmes répond-t-il? Il s’agira dans cet atelier de mieux cerner les caractéristiques générales, ainsi que les arguments théoriques et pratiques qui se trouvent au fondement du projet pour le Québec d’un  revenu minimum garanti. S’agit-il du même projet qu’on trouve ailleurs sous le nom d’allocation universelle, de revenu de base ou de revenu universel? Il s’agira surtout d’examiner ses conditions pratiques: quel serait le montant d’un tel revenu? Comment le financer? Est-il possible qu’il remplace les filets de sécurité sociale sans renforcer les inégalités et sans augmenter la précarité des personnes? Comment s’assurer que les droits sociaux seront respectés?
Pour discuter de ces questions, trois intervenant(e)s:
Sylvia Bisonnette, Groupe de recherche et de Formation sur la Pauvreté au Québec
Marie-Pierre Boucher, professeure au département des relations industrielles, UQO
Ianik Marcil, économiste indépendant
Organisation et animation: Christian Nadeau, professeur de philosophie, UdeM.
Les intervenant(e)s présenteront à tour de rôle pendant une dizaine de minutes chacun. Suite à cela, ils/elles auront l’occasion de répondre à leurs collègues, avant que la discussion ne soit ouverte au public.

Limiter le revenu des PDG | Entrevue à «Avenir d’idées» (Atelier 10 | audio)

Dans le cadre du podcast « Avenir d’idées » de Atelier 10, éditeur du superbe magazine Nouveau projet, Étienne Cloutier m’a interviewé sur cette idée de plus en plus populaire: taxer le revenu des patrons lorsqu’il représente un écart trop grand avec la moyenne de celui de leurs employé-es. C’est le cas, par exemple, de Portland, OR.

On peut écouter l’épisode, ici.

Contre le revenu universel ? | Entretien à «Plus on est de fous, plus on lit!» avec Gabriel Nadeau-Dubois (audio | Radio-Canada)

La question du revenu universel, ou revenu minimum garanti, est au goût du jour depuis quelques années. Gabriel Nadeau-Dubois en discutions au micro de « Plus on est de fous, plus on lit! » à Radio-Canada, suite à notre lecture de Contre l’allocation universelle, de Mateo Alaluf et Daniel Zamora (Lux, 2016).

On peut écouter le segment ici.

Cours 101 sur le revenu universel

Ianik Marcil, économiste, et Gabriel Nadeau-Dubois, essayiste et chroniqueur
Ianik Marcil, économiste, et Gabriel Nadeau-Dubois, essayiste et chroniqueur   Photo : Radio-Canada / Louis-André Bertrand

 

« Le mérite de cette discussion qu’amène le livre est que l’idée d’un revenu universel revient à beaucoup plus que de petits paragraphes de lois et de règlements. C’est une réflexion globale et large qui est nécessaire. » Inspirés par la lecture de Contre l’allocation universelle, de Mateo Alaluf et Daniel Zamora, l’économiste Ianik Marcil et l’essayiste Gabriel Nadeau-Dubois se penchent sur les avantages et inconvénients de la mise en place d’un système de revenu universel.

Ils expliquent que cette idée de fournir un montant à chaque citoyen de sa naissance à sa mort par l’État est portée par des membres de la gauche et de la droite politique. Les partisans de la gauche voient cette allocation comme un montant qui s’ajoute aux programmes de sécurité sociale, alors que les partisans de la droite estiment que ce revenu offre des chances égales à tous et que les individus deviennent responsables de leur survie financière.

Ianik Marcil affirme que pour parvenir à offrir un revenu minimum garanti – on parle de 1000 $ par mois par personne –, il faut se demander où on va couper dans les dépenses gouvernementales, comme l’assurance sociale et l’assurance-emploi. « Comment va-t-on le faire? Comment va-t-on le mettre en place? Et surtout, qu’est-ce qu’on va abandonner parallèlement? C’est là où ça devient problématique et c’est ce que le livre veut mettre en lumière. »

Occupy Wall Street, Reasearch in Motion, Banques européennes (vidéo | RDI)

Hier à RDI-Économie, animée par Gérald Fillion, Martin Coiteux, professeur à HÉC Montréal et moi-même étions les invités du « Club écono. » Au menu: Occupy Wall Street, les déboires de Research in Motion et la crise bancaire européenne.

Il y a un lien entre ces sujets qui semblent a priori fort différents les uns des autres: des transformations radicales s’opèrent – ou doivent s’opérer – dans nos sociétés et dans la manière que sont menées les affaires.

Le mouvement Occupy Wall Street se répand un peu partout dans le monde. Il représente à mon avis une crise de légitimité du pouvoir politique et économique, davantage qu’un mouvement anticapitaliste (j’en ai parlé ici). La réalité des disparités économiques aux États-Unis (combien plus désastreuse qu’au Canada) est à cet égard éloquente. Business Insider a publié cette semaine une série de statistiques qui décrit de façon on ne peut plus claire cette réalité: taux de chômage record depuis la dépression des année 1930, mobilité sociale historiquement la plus basse, écarts de richesse grandissants, grandes entreprises et leurs dirigeants dont les profits et les revenus sont revenus au niveaux records d’avant la crise de 2008, etc.

Research in Motion, l’entreprise canadienne derrière les célèbres téléphones Blackberry, elle, est victime de la rapidité effarante des transformations technologiques mais aussi marketing de son industrie. Ce qui fait l’une des forces de sa technologie (la propriété des serveurs applicatifs) s’est révélé être aussi son talon d’Achille cette semaine lors d’une panne majeure. Déjà aux prises avec un sérieux problème de concurrence, amorcé par le succès du iPhone de Apple, elle fait aussi face à un changement dans sa mise en marché: alors que sa force était d’avoir une pénétration importante dans le marché des entreprises, qui imposaient l’utilisation du Blackberry à ses employés, un nombre croissant d’entre elles laissent libre choix des produits technologiques à leurs équipes.

Finalement, les banques européennes sont à nouveau dans une tourmente à cause des difficultés financières de certains pays, dont la Grèce, à payer leurs dettes. Alors qu’on discute et qu’on tergiverse à nouveau sur la possibilité que les États européens viennent à leur secours, m’est avis qu’on devrait laisser aller les mauvaises dettes, accepter que ces pays soient en défaut de paiement et que les banques qui ont trop capitalisé sur ces dettes souveraines soient emportées dans le flot. À condition de protéger l’épargne des déposants, bien entendu, ce qui serait le seul rôle que je verrais pour les pays de l’Union et pour la Banque centrale européenne qui devrait jouer son rôle pour une fois. Et qu’on nettoie les Écuries d’Augias une bonne fois pour toutes.