Coca-Cola, le goût faux

Bande annonce d’un documentaire coproduit par l’Office national du film du Canada sur « Coca-Cola, soupçonné d’être impliqué dans l’enlèvement, la torture et le meurtre de chefs syndicaux qui luttaient pour l’amélioration des conditions de travail en Colombie, au Guatemala et en Turquie« . Beaucoup moins léger que les petites bulles dans le liquide brun.

Ovaliste – Métier disparu

Les métiers d’autrefois, disparus ou en voie de l’être, sont souvent vus à travers la lunette de la nostalgie romantique. Ainsi du luthier, amoureusement penché sur l’instrument qu’il confectionne des jours et des semaines durant, à l’aide de bois et teintures aux noms exotiques.

Il est vrai que plusieurs de ces métiers sont très beau et ont un charme incroyable. Ne serait-ce que dans leur nom: le nacrier (ouvrier fabriquant des boutons de nacre), l’oiseleur (chasseur d’oiseaux) ou, parlant de luthier, l’acheteur de bois chantant (celui qui achète les bois destinés à la fabrication d’instruments de musique).

Mais si l’industrialisation et la mondialisation depuis deux siècles a fait disparaître d’innombrables de ces métiers, elles ont aussi fait disparaître des métiers aux conditions de travail déplorable: le forgeron dans sa forge étouffante de chaleur et d’émanations toxiques, le mineur de charbon qui mourait prématurément de multiples problèmes respiratoires ou la lavandière qui s’éreintait le dos et s’écorchait les mains à force de lessives incessantes.

Bien que le progrès technologique ait ses vertus comme ses vices, et qu’un jugement unilatéral sur ses bénéfices soit bien vain, il n’en demeure pas moins que l’industrialisation a anéanti une somme incroyable de connaissances et de savoir-faire. Un véritable patrimoine à protéger ou à redécouvrir.

Parmi ceux-ci, l’ovaliste, métier du tissage de la soie. L’ovaliste (une jeune femme), appelée avant le milieu du 18e siècle moulinière, opérait le moulin à fil de soie, l’étape préalable au tissage proprement dit. Son nom vient de la pièce centrale du moulin, qui suite à une innovation de Vaucanson, n’est plus ronde mais ovale (illustration ci-dessous tirée de l’Encyclopédie de Dideront et d’Alembert).

Ovale, ou moulin (Encyclopédie de Diderot et d'Alembert).

Avec les débuts de l’industrialisation, les conditions de ces ouvrières, comme de bien d’autres, se sont transformées. D’abord hébergée chez leur employeur, question qu’elles soient plus productives, la croissance des fabriques a fait en sorte qu’elles sont devenues de véritables « usines-pensionnat » où les règles de la vie courante étaient très strictes voire drastiques. Ce qui a entraîné, en 1869, 2000 ovalistes de Lyon (capitale de la soie) à faire une grève de deux mois pour obtenir des salaires plus élevés et un horaire de travail allégé. Cette grève a constitué un moment important dans l’histoire du syndicalisme et des luttes ouvrières, étant une des toutes premières à conjuguer les revendications ouvrières aux revendications des femmes-travailleuses.

Sources: Auzias, Claire, La Grève des ovalistes : Lyon, juin-juillet 1869, Paris, Payot, 1982 et l’intéressant site « Métiers d’autrefois« .

Vous êtes la 153 622 609e personne la plus riche au monde…

Vous êtes fier d’avoir obtenu ce nouvel emploi qui vous donne un salaire de 47 000 $ par année ? Et bien dites-vous que vous êtes la 153 622 609e personne la plus riche au monde, parmi les 2,56 % les plus riche de la planète. Ce qui veut dire qu’il y a 6 543 631 432 d’humains plus pauvres que vous.

C’est un petit gadget trouvé sur le web qui vous permet de faire ce calcul: globalrichlist.com.

Global Rich List

La grande industrie hurle en Australie

Décidément, nos amis Australiens ont un don pour s’attirer les foudres de la grande industrie. La semaine dernière, on apprenait que le gouvernement de Kevin Rudd désirait banir, à compter de 2012 les logos des paquets de cigarette, ce qui a fait hurler, on s’en doute bien, les producteur de tabac.

Maintenant, il s’agit d’une nouvelle taxe, la « Resource Super Profits Tax, » une taxe de 40% sur les super-profits des compagnies minières. La grande industrie minière hurle à son tour, bien évidemment. On doit dire que cette mesure est très intelligente car elle propose un bouquet de réforme fiscales, d’abord en réduisant les impôts des plus petites entreprises, en stimulant la recherche minière et même en diminuant les droits d’exploitation minière. Le produit de cette « super-taxe » serait utilisé notamment pour financer les infrastructures du pays et renflouer les coffres des régimes de retraite. Au final, puisqu’on encourage l’exploration minière, et que les entreprises d’exploitation minière désireront de toutes les manière exploiter des gisements qui seront rentables, le secteur s’en tirera que mieux, ne serait-ce qu’en encourageant les plus petites entreprises gravitant autour des géants.

Mais la partie n’est pas gagnée, le gouvernement Rudd n’étant pas majoritaire au Sénat.

Une vision intégrée de l’intégration

Intéressante entrevue dans Le Devoir de ce matin avec la démographe française Michèle Tribalat sur les effets de l’immigration en Europe. Elle y explique, d’abord, que l’immigration ne pourrait mathématiquement pas freiner les effets du vieillissement de la population:

pour stopper le vieillissement, la France devrait accueillir 1,3 million d’immigrants chaque année jusqu’en 2025. Puis, il en faudrait pas moins de 2,4 millions par an entre 2025 et 2050. Des chiffres insupportables pour n’importe quel pays

D’autre part, elle explique qu’en Europe, contrairement au Canada, par exemple, on ne « qualifie » pas les immigrants, qui viennent, ainsi, grossir les rangs des travailleurs non-qualifiés (et sous-payés). Conséquence: cette masse de travailleurs entraîne les salaires des moins bien payés encore plus vers le bas, faisant s’accroitre les inégalités.

Malheureusement, madame Tribalat ne donne pas de pistes de solutions dans cette entrevue, et son ton est bien pessimiste. Pourtant, les solutions me semblent se limiter à:

  • encourager l’immigration de travailleurs qualifiés;
  • encourager la natalité;
  • changer les politiques d’intégration.

Quant à moi, seule cette dernière solution est viable. Le problème, c’est qu’on voit la question de l’intégration de l’immigration comme un seul gros problème et on n’y réfléchit pas de façon plus globale, en y incluant des réflexions et des projets véritablement novateurs pour l’éducation, la formation continue, le soutien social, l’accès au marché du travail, le soutien à la création d’emploi, etc. Tant qu’on considérera les besoins des immigrants comme un seul grand bloc, et non pas comme des besoins en formation et en éducation, par ex., on ne réglera rien. Des solutions monolithiques ne peuvent jamais régler des problèmes multidimensionnels.