L’époque de la Grande Dépression… en couleur

Rareté, des photos prises par les fonctionnaires de la United States Farm Security Administration (FSA) puis par le Office of War Information (OWI) dans les années 1930 et 1940… en couleur. Publiées par la Bibliothèque du Congrès sur Flickr. Ça ne rend pas la crise moins sombre, mais pour nos yeux davantage habitués aux documents photographiques en couleurs, peut-être apparaît-elle plus « vraie »? À voir, ce sont des documents très émouvants.

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Operating a hand drill at Vultee-Nashville, woman is working on a "Vengeance" dive bomber, Tennessee (LOC)

Les coopératives ont mieux réagi à la crise

Des études et analyses du Bureau international du travail (BIT, un organisme de l’ONU réunissant des représentants gouvernementaux, syndicaux et patronaux) ont démontrées récemment « que, sauf quelques exceptions, les entreprises coopératives de tous les secteurs et toutes les régions sont relativement plus résistantes aux chocs actuels subis par le marché que leurs homologues plus centrées sur le capital », selon les mots mêmes de Hagen Henrÿ, responsable du secteur des coopératives au BIT.

L’explication centrale est simple: ces organisations ne subissent pas les pressions que connaissent les entreprises privées de la part de leurs actionnaires pour sauvegarder à tout prix leurs profits, afin de le leur redistribuer sous forme de dividendes. De plus, elles sont beaucoup moins enclines à prendre des risques inconsidérés face aux turbulences économiques qu’elles traversent.

Violence des inégalités

Éric Desrosiers rapportait dans Le Devoir de la semaine dernière une importante étude de l’Université Oxford (Oxford Poverty & Human Development Initiative) pour le compte des Nations Unies sur la pauvreté dans le monde. Le chiffre frappe: 1,7 milliards d’humains vivent dans un état de pauvreté, soit un être humain sur quatre

Sans surprise, l’Inde compte un taux de pauvreté extraordinairement élevé: plus de la moitié de sa population (1,2 milliards au total) vivent dans la pauvreté. Un pays pourtant encensé par les chantres de la croissance économique et du commerce international pour son extraordinaire essor économique au cours des dix dernières années.

Ce qu’il y a de très intéressant dans cette étude c’est qu’elle tient compte non seulement du niveau de revenu ou de richesse monétaire mais établit un nouvel indice de pauvreté qui reflète « aussi le degré de privation des personnes pauvres en matière d’éducation, de santé et de niveau de vie ». Du coup, au contraire de la Banque Mondiale qui estime le nombre de pauvre à « uniquement » 1,3 milliards de personne, on ajoute 400 millions d’humains au décompte. Ce qui permet d’avoir une évaluation beaucoup plus fine du caractère multidimensionnel du phénomène mais surtout de ses répercussions sur tous les aspects de la vie et de sa gravité.

(Photo Le Devoir.)

Le sens d’une mosaïque antique et le destin économique d’une ville gallo-romaine

Le site français mais néanmoins très intéressant Canal éducatif à la demande a publié une vidéo fort intéressante sur une ville du IIIe siècle, et plus spécifiquement sur la mosaïque qu’on retrouve à l’intérieur de la résidence d’un notable. Celle-ci révèle de nombreux renseignements sur les transformations économiques et sociales que vivait cette ville commerçante, au crépuscule de l’Empire romain. Instructif, intéressant et beau.

Nous sommes tous migrants

En ce lendemain de fête nationale au Québec, à la veille de celles du Canada, des États-Unis et de la France, une des plus belles chansons d’Aznavour qui devrait nous rappeler que nous sommes tous é/i/migrants.

Il traverse des murs de haine
Des gouffres d’incompréhension
A chaque nouvelle frontière
Espérant enfin se fixer
Il fait une courte prière
Vers ce ciel qui l’a oublié


Le violent déclin d’une ville industrielle

Naguère une des ville industrielle les plus prospère des États-Unis et d’Occident, Detroit a connu un aussi rapide que violent déclin ces dernières années. Julien Temple dans le Guardian parle de son excellent reportage diffusé par la BBC sur la question: « Requiem for Detroit« , qu’on appelait il y a pas si longtemps la Capitale de l’automobile (The Motor City, ou Motown).

Après la crise de l’automobile (bien présente avant la crise économique de 2008-2009), Detroit n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été. Les faits sont accablants: 1 maison sur 5 est vide; le prix des résidence a chuté de 80%; près de la moitié des enfants vivent sous le seuil de la pauvreté et à peu près la même proportion de la population est analphabète; 29 écoles ont été fermées en 2009. La situation est endémique et viscérale.

Une violence économique qui se traduit par une violence physique bien palpable. À lire et à regarder.

Made in China

Vos souris, claviers, écrans d’ordinateurs et autres gadgets électroniques sont fort probablement fabriqués en Chine. Rien de nouveau, bien entendu, on nous casse les oreilles (moi le premier) depuis 10-15 ans sur la force économique incroyable que représente le plus grand pays communiste du monde. Un blogueur collaborateur du magazine Marianne rapportait il y a peu de temps la publication d’un rapport du National Labor Committee sur les conditions de travail à une usine de fabrication de produits électronique chinoise. Quelque faits saillants retenus par notre ami blogueur, question de nous faire réfléchir à notre prochain achat et à nos engagements militants…

•    Le recrutement d’étudiant de 16 à 17 ans travaillant 15 heures par jour, 6 à 7 jours par semaine (illégalité par rapport à la loi Chinoise) et trois jours de congé par mois
•    La durée hebdomadaire du travail dans l’usine est de 68 heures
•    Un salaire de 65 cents de dollar qui deviennent 52 cents après déduction des «frais de bouche»
•    Des cas de harcèlement sexuel par les agents de sécurité sont reportés
•    Les étudiants dorment dans l’usine dans des dortoirs de 14 personnes obligatoires s’ils sont célibataires
•    Il n’y a pas de douches, mais un baquet avec une éponge
•    L’objectif par travailleur et par jour est de 2000 souris produites
•    Une autorisation est requise pour boire ou aller aux toilettes
•    Les erreurs sont sanctionnées par corvées de nettoyage ou des affichages publics
•    En cas de non-respect des ordres du contremaitre une amende de 7$ peut être infligé,
•    une amende est également prévue en cas de non-respect des objectifs de production en plus d’heures de travail non rémunérées pour atteindre l’objectif
•    La liberté de mouvement des employés est restreinte même lors des heures de repos
•    Les heures supplémentaires ne peuvent pas être refusées
•    Il est interdit de faire entrer des personnes extérieures à l’usine y compris dans les dortoirs
•    La nourriture proposée est qualifiée d’infâme par les employés, et en trop faible quantité
•    Lors de la chute des commandes pendant la crise économique de 2008, près de 2000 employés ont été licenciés et les autres ont vu leurs horaires diminuer

Plus rien ne l’étonne…

… mais tout les injustices l’indignent tout de même. En ce début d’été, l’art de l’excellent Tiken Jah Fakoly nous rappelle que derrière une musique de soleil et de lumière peuvent se dresser des paroles fortes et engagées.

Ils ont partagé le monde, plus rien ne métonne !
Plus rien ne métonne !
Plus rien ne métonne !