Bombardier et la transparence | Édito à «La Matinale» (CIBL | vidéo)

Boeing gagne une première manche contre Bombardier. Peut-être une intéressante occasion d’en connaître plus et d’exiger une meilleure transparence?

 

Bombardier, Boeing et les chicanes de cour d’école | Édito à «La Matinale» (CIBL | vidéo)

Un conflit ouvert entre deux grands joueurs de l’aéronautique, Bombardier et Boeing, semble dégénérer depuis quelques jours. À un point tel que la première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, s’en est mêlé.

Mon édito d’hier à La Matinale de CIBL:

Nouvelle guerre commerciale Canada-USA | Édito à «La Matinale» (CIBL | vidéo)

Donald Trump a lancé une nouvelle offensive commerciale contre le Canada. Plus ça change, plus c’est pareil. Mon édito à « La Matinale » de CIBL d’hier matin:

 

Le Québec et l’importation de la richesse | L’Actualité

ActualitéBlogueEconomieJe publie aujourd’hui une petite analyse d’un des défis majeurs de l’économie québécoise sur le site de L’Actualité: son déficit commercial.

Un des défis majeurs pour le nouveau gouvernement Couillard sera de favoriser la réduction du déficit structurel majeur du commerce international. Si le Québec veut s’enrichir, il lui faut dénicher de nouveaux marchés, où vendre davantage de nouveaux produits et de nouveaux services.

Le Québec a connu pendant une douzaine d’années des surplus commerciaux importants après la récession de 1991-1992 — et ce, pour la première fois depuis la récession de 1981. Mais le solde commercial s’enfonce dans le rouge depuis 2005, et la situation ne fait qu’empirer. Au sommet, en 2000, les exportations de marchandises québécoises représentaient 32 % du produit intérieur brut (PIB). Elles ne sont qu’à 18 % présentement, soit près de moitié moins.

La suite sur le site du magazine.

La « guerre des monnaies » : une opportunité pour nos entreprises

On parle depuis quelques semaines d’une guerre des monnaies autour de la devise chinoise, le Yuan. Il en sera largement question au sommet du G20 à Séoul. Comme le rappelle un excellent article de l’économiste Jean Matouk dans un article paru sur rue89, cette soi-disant « guerre des monnaies », on la connait depuis l’Antiquité. Sans remonter à Alexandre le Grand, il demeure vrai que les variations du taux de change sur les marchés sont une réalité qui affectent les entreprises et tous les citoyens depuis des lustres – et cela est particulièrement vrai d’une petite économie ouverte comme celle du Canada.

Les faits

➙ Depuis 1973, les monnaies se négocient librement sur les marché, du moins théoriquement, à l’exception de quelques unes d’entre elles dont la valeur est fixé par leurs gouvernements respectifs, généralement en la fixant au $ américain; le Yuan est l’une de celles-là son cours étant fixé au dollar américain depuis 1994, avec une léger flottement depuis juin dernier.
➙ Même si la valeur des devises est établie sur les grands marchés financiers comme n’importe quelle marchandise, les États, par le biais de leurs banques centrales peuvent soutenir ou laisser aller leurs devises nationales, ce qui est le cas des États-Unis présentement qui encourage une dévaluation du dollar afin de stimuler leurs exportations.
➙ Pour cette raison, le dollar canadien prend de la valeur par rapport au dollar américain. De plus, la hausse du prix des matières premières, dont est riche le Canada (sinon la spéculation) ajoutée à la bonne santé relative de l’économie canadienne font en sorte que le huard s’apprécie également sur l’ensemble des marchés.
➙ Le Canada est une économie qui dépend de son commerce extérieur: environ le quart des biens et services qui sont produits au Canada sont exportés; environ tiers de ce que nous consommons comme entreprise ou consommateur est importé. Les entreprises et les consommateurs canadiens et québécois sont donc très dépendants des taux de change.
➙ Depuis le début des années 1990, les taux de change connaissent des variations de plus en plus grandes. C’est le cas notamment du taux de change entre les monnaies canadienne et américaine, comme le démontre le graphe suivant.

Variation trimestrielle du taux de change
canado-américain depuis 1971 (cliquez pour agrandir).

Les effets

➙ Même si les États-Unis désirent ardemment une réévaluation du Yuan (afin de freiner les importations de produits chinois), les autorités chinoises n’ont aucun intérêt à court ou moyen terme de laisser leur devise s’évaluer. De la même façon, la faiblesse de la reprise aux États-Unis laisse présager que le dollar américain demeurera faible à moyen terme. On peut donc s’attendre que sur un horizon de 2 ans la valeur du dollar américain reste faible. De la même façon, grâce à la solidité de son secteur financier, à la plus grande diversification de ses marchés internationaux et à ses ressources naturelles, la monnaie canadienne devrait conserver sa vigueur à moyen terme.
➙ Cependant, il faut s’attendre à ce que les taux de change connaissent sur des courtes périodes (d’un trimestre à l’autre) de très fortes variations.
➙ Cette situation est préoccupante pour les entreprises exportatrices canadiennes, particulièrement dans le secteur manufacturier, qui voient ainsi la valeur de leurs produits fortement augmenter sur les marchés mondiaux. Incidemment, les données publiées ce matin montrent que le déficit commercial canadien s’est accru et que les exportations ont fortement chuté en septembre.
➙ Inversement, les importations de marchandises industrielles et d’équipement de production ont fortement cru pendant la même période, une belle surprise qui permettra à plusieurs entreprises d’être davantage concurrentielles. Il ne faut pas oublier que le Canada importe davantage qu’il n’exporte – un dollar fort n’est pas qu’une mauvaise nouvelle. Car les principaux produits importés augmentent directement les prix de production: machines et produits industriels, mais également pétrole.

Qu’est-ce qu’on fait ?

➙ À mon sens, les entreprises canadiennes, et peut-être québécoises en particulier, ont une opportunité qui ne s’est pas présentée depuis les quarante dernières années: (a) un climat économique relativement favorable, malgré la lenteur de la reprise; (b) pour plusieurs, elles ont profité de la récession pour réduire leurs coûts et/ou optimiser leurs processus; (c) le coût du financement est à son plus bas historique; (d) les opportunités sur les marchés étrangers hors États-Unis se multiplient à grande vitesse; (e) la force de la devise canadienne leur permet de nourrir leur croissance future.
➙ C’est la raison pour laquelle elles devraient investir massivement et rapidement dans la modernisation non seulement de leurs équipements mais aussi de leurs processus, voire même dans le développement de nouveaux produits.
➙ L’occasion est belle non seulement d’acheter des biens de production à l’étranger mais aussi d’importer… de l’expertise! Historiquement, il n’a jamais été aussi facile pour une entreprise, même de toute petite taille, de faire affaire avec des centres de recherche, entreprises complémentaire en innovation et même d’embaucher directement de la main-d’œuvre spécialisée qui fait cruellement défaut à de nombreuses entreprises d’ici. Le contexte est idéal pour être inventif et innovateur, créer des alliances avec les universités et centres de recherche d’ici, d’autres entreprises et des acteurs clés ailleurs dans le monde, et particulièrement dans les marchés de demain (et pas seulement la Chine, l’Inde ou le Brésil!).
➙ C’est aussi le moment idéal pour les entreprises exportatrices de se prémunir contre le risque de change, compte tenu de la forte variabilité des taux, en ayant recours à une assurance contre le risque de change. Trop peu de PME exportatrices se prévalent de cette protection qui devrait pourtant au centre de leur stratégie de gestion du risque, particulièrement dans un contexte de forte volatilité des changes qu’on connaitra vraisemblablement encore au moins sur un horizon de 5 ans.
➙ C’est le moment idéal, même pour les plus petites entreprises, pour établir rapidement une stratégie de diversification des marchés, qu’elle passe par une segmentation plus fine, le développement de nouveaux sous-produits, produits dérivés ou produits adaptés à des niches plus ciblées, et, finalement, de virtualiser au maximum les processus d’affaires pour se concentrer sur leur cœur de métier.