Géopolitique de l’art | Mobilisations 02

Tout frais reçu, mon exemplaire du catalogue de l’exposition «Mobilisations 02» du Mouvement Art Mobile. Des œuvres d’art mobile et des réflexions sur ce courant. On peut y lire une série d’essais, notamment le mien, «Géopolitique de l’art». Une très belle expo et un très beau catalogue. Vous pouvez visiter l’exposition à la Maison de la culture Mercier jusqu’au 9 avril prochain.

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L’effondrement sur soi-même | ratsdeville

NB: Ce texte a été publié le 28 mars 2014 dans le cadre de ma chronique mensuelle dans le magazine ratsdeville.

Des sept péchés capitaux la paresse nous semble le moins grave. Comment la comparer à la colère ou l’avarice? N’y a-t-il pas de la douceur dans la paresse? C’est qu’elle ne doit pas être confondue avec l’oisiveté, la mère de tous les vices. La paresse dans la théologie catholique est une paresse morale. D’ailleurs, autrefois, on parlait plutôt d’acédie, emprunté au grec, qui signifie plutôt ne pas prendre soin de soi. Plus spécifiquement, elle décrit « une forme de dépression due au relâchement de l’ascèse, à la baisse de la vigilance, à la négligence du cœur. »1 Le « paresseux » s’est donc éloigné de la foi, de la rigueur et de l’effort nécessaires à sa vie spirituelle.

La section que lui consacre Bosch dans les « Sept péchés capitaux » illustre cet effondrement moral. L’homme assis négligemment (et confortablement) dans son fauteuil est littéralement aveugle au chapelet et au livre saint que lui présente une religieuse. Même son chien dort paisiblement à ses pieds.

Dans son très beau livre Le Voyageur & la tour, l’essayiste Alberto Manguel2 fait de l’acédie l’un des attributs de la figure du lecteur habitant sa tour d’ivoire, en ce qu’elle constitue l’image paradoxale de la solitude. Car si « c’est dans la solitude qu’on peut le mieux rencontrer Dieu », « en même temps que ce besoin d’une solitude nourricière de la vie intérieure, il existait [chez les premiers Chrétiens] un sentiment sous-jacent de culpabilité, une autocensure portant sur la méditation silencieuse elle-même. » La solitude nourrit la tentation de désirs impies, loin des guides spirituels qui pourrait ramener le croyant sur le droit chemin.

C’est ainsi, pour Manguel, que le lecteur en sa tour d’ivoire, laissé à lui-même et à son propre jugement en compagnie de ses livres, représente une figure suspecte du lecteur. On pense à Montaigne qui se réfugie dans sa bibliothèque. « Chez moy, je me destourne un peu plus souvent à ma librairie [bibliothèque], d’où tout d’une main je commande à mon mesnage. […] Là, je feuillette à cette heure un livre, à cette heure un autre, sans ordre et sans dessein, à pieces descousues ; tantost je resve, tantost j’enregistre et dicte, en me promenant, mes songes que voicy. »3

La profonde liberté des réflexions de Montaigne, qui a créé un genre littéraire en soi, illustre bien le « danger » de la solitude contemplative du lecteur décrite par Manguel. Elle me semble également bien illustrer l’expérience esthétique, particulièrement avec l’éclatement des codes des Beaux-Arts dans la modernité. Le spectateur n’est-il pas seul devant l’œuvre d’art, libre de l’interpréter et de l’apprécier comme bon lui semble?

Depuis le Salon des refusés de 1863, il n’y a plus d’Église esthétique. Du moins, le Salon a été l’événement déclencheur de la chute de l’Église. Plus d’Église, plus de Canon, plus d’Évêques. En fait, si. Des centaines d’Églises, de sectes et de groupuscules esthético-idéologiques, des centaines de petits curés de campagne qui, par leurs critiques dithyrambiques ou assassines, font et défont les dogmes à respecter, créent ou tuent les artistes à vénérer ou à vouer aux gémonies. Si Duchamp et Beuys ont définitivement tué le Beau transcendantal, des cohortes de critiques, de conservateurs, de galeristes et d’historiens de l’art se disputent depuis un siècle les restes de son cadavre.

Comment s’étonner, alors, du désarroi du spectateur devant la multiplicité de ces nouveaux dogmes esthétiques? Il ressemble, en cela, à l’homme du tableau de Bosch, fermé en lui-même aux propositions de la religieuse. Libre de ses réflexions et de ses méditations, de son appréciation ou de son rejet de l’œuvre et des dogmes. L’expérience esthétique contemporaine, libre de l’Église des Beaux-Arts, participe en ce sens d’une immanence radicale, brute. À l’instar de la spiritualité à la carte caractéristique de notre monde post/ultra moderne, le rapport à l’art n’est qu’effondrement sur soi-même. Un repli dans l’individualité de l’expérience bénéfique en ce que ses modalités ne sont plus dictées par un dogme imposé par les détenteurs de la connaissance de ce qu’est le Beau (et le Vrai), mais appauvrie par l’absence de codes et d’interprétations. Pour le meilleur et pour le pire nous sommes face à l’œuvre dans la solitude de l’acédie.

Notes

Catéchisme de l’Église catholique, Paris, Mame/Plon, 1992, § 2733, p. 553.
Alberto Manguel, Le Voyageur & la tour : le lecteur comme métaphore, Arles/Montréal, Actes Sud/Leméac, 2013, p. 67 et suivantes.
Montaigne, Les Essais, Paris, Presses universitaires de France, 1965, III, iii, p. 828; les « songes que voicy » sont ses Essais.

La section que lui consacre Bosch dans les « Sept péchés capitaux » illustre cet effondrement moral. L’homme assis négligemment (et confortablement) dans son fauteuil est littéralement aveugle au chapelet et au livre saint que lui présente une religieuse. Même son chien dort paisiblement à ses pieds.

Dans son très beau livre Le Voyageur & la tour, l’essayiste Alberto Manguel2 fait de l’acédie l’un des attributs de la figure du lecteur habitant sa tour d’ivoire, en ce qu’elle constitue l’image paradoxale de la solitude. Car si « c’est dans la solitude qu’on peut le mieux rencontrer Dieu », « en même temps que ce besoin d’une solitude nourricière de la vie intérieure, il existait [chez les premiers Chrétiens] un sentiment sous-jacent de culpabilité, une autocensure portant sur la méditation silencieuse elle-même. » La solitude nourrit la tentation de désirs impies, loin des guides spirituels qui pourrait ramener le croyant sur le droit chemin.

 

C’est ainsi, pour Manguel, que le lecteur en sa tour d’ivoire, laissé à lui-même et à son propre jugement en compagnie de ses livres, représente une figure suspecte du lecteur. On pense à Montaigne qui se réfugie dans sa bibliothèque. « Chez moy, je me destourne un peu plus souvent à ma librairie [bibliothèque], d’où tout d’une main je commande à mon mesnage. […] Là, je feuillette à cette heure un livre, à cette heure un autre, sans ordre et sans dessein, à pieces descousues ; tantost je resve, tantost j’enregistre et dicte, en me promenant, mes songes que voicy. »3

La profonde liberté des réflexions de Montaigne, qui a créé un genre littéraire en soi, illustre bien le « danger » de la solitude contemplative du lecteur décrite par Manguel. Elle me semble également bien illustrer l’expérience esthétique, particulièrement avec l’éclatement des codes des Beaux-Arts dans la modernité. Le spectateur n’est-il pas seul devant l’œuvre d’art, libre de l’interpréter et de l’apprécier comme bon lui semble?

Depuis le Salon des refusés de 1863, il n’y a plus d’Église esthétique. Du moins, le Salon a été l’événement déclencheur de la chute de l’Église. Plus d’Église, plus de Canon, plus d’Évêques. En fait, si. Des centaines d’Églises, de sectes et de groupuscules esthético-idéologiques, des centaines de petits curés de campagne qui, par leurs critiques dithyrambiques ou assassines, font et défont les dogmes à respecter, créent ou tuent les artistes à vénérer ou à vouer aux gémonies. Si Duchamp et Beuys ont définitivement tué le Beau transcendantal, des cohortes de critiques, de conservateurs, de galeristes et d’historiens de l’art se disputent depuis un siècle les restes de son cadavre.

Comment s’étonner, alors, du désarroi du spectateur devant la multiplicité de ces nouveaux dogmes esthétiques? Il ressemble, en cela, à l’homme du tableau de Bosch, fermé en lui-même aux propositions de la religieuse. Libre de ses réflexions et de ses méditations, de son appréciation ou de son rejet de l’œuvre et des dogmes. L’expérience esthétique contemporaine, libre de l’Église des Beaux-Arts, participe en ce sens d’une immanence radicale, brute. À l’instar de la spiritualité à la carte caractéristique de notre monde post/ultra moderne, le rapport à l’art n’est qu’effondrement sur soi-même. Un repli dans l’individualité de l’expérience bénéfique en ce que ses modalités ne sont plus dictées par un dogme imposé par les détenteurs de la connaissance de ce qu’est le Beau (et le Vrai), mais appauvrie par l’absence de codes et d’interprétations. Pour le meilleur et pour le pire nous sommes face à l’œuvre dans la solitude de l’acédie.

Notes

  1. Catéchisme de l’Église catholique, Paris, Mame/Plon, 1992, § 2733, p. 553.
  2. Alberto Manguel, Le Voyageur & la tour : le lecteur comme métaphore, Arles/Montréal, Actes Sud/Leméac, 2013, p. 67 et suivantes.
  3. Montaigne, Les Essais, Paris, Presses universitaires de France, 1965, III, iii, p. 828; les « songes que voicy » sont ses Essais.

– See more at: http://ratsdeville.typepad.com/ratsdeville/2014/03/ianik-marcil-leffondrement-sur-soi-meme.html#sthash.jVOTkCen.dpuf

Des sept péchés capitaux la paresse nous semble le moins grave. Comment la comparer à la colère ou l’avarice? N’y a-t-il pas de la douceur dans la paresse? C’est qu’elle ne doit pas être confondue avec l’oisiveté, la mère de tous les vices. La paresse dans la théologie catholique est une paresse morale. D’ailleurs, autrefois, on parlait plutôt d’acédie, emprunté au grec, qui signifie plutôt ne pas prendre soin de soi. Plus spécifiquement, elle décrit « une forme de dépression due au relâchement de l’ascèse, à la baisse de la vigilance, à la négligence du cœur. »1 Le « paresseux » s’est donc éloigné de la foi, de la rigueur et de l’effort nécessaires à sa vie spirituelle – See more at: http://ratsdeville.typepad.com/ratsdeville/2014/03/ianik-marcil-leffondrement-sur-soi-meme.html#sthash.jVOTkCen.dpuf
Des sept péchés capitaux la paresse nous semble le moins grave. Comment la comparer à la colère ou l’avarice? N’y a-t-il pas de la douceur dans la paresse? C’est qu’elle ne doit pas être confondue avec l’oisiveté, la mère de tous les vices. La paresse dans la théologie catholique est une paresse morale. D’ailleurs, autrefois, on parlait plutôt d’acédie, emprunté au grec, qui signifie plutôt ne pas prendre soin de soi. Plus spécifiquement, elle décrit « une forme de dépression due au relâchement de l’ascèse, à la baisse de la vigilance, à la négligence du cœur. »1 Le « paresseux » s’est donc éloigné de la foi, de la rigueur et de l’effort nécessaires à sa vie spirituelle. – See more at: http://ratsdeville.typepad.com/ratsdeville/2014/03/ianik-marcil-leffondrement-sur-soi-meme.html#sthash.jVOTkCen.dpuf
Des sept péchés capitaux la paresse nous semble le moins grave. Comment la comparer à la colère ou l’avarice? N’y a-t-il pas de la douceur dans la paresse? C’est qu’elle ne doit pas être confondue avec l’oisiveté, la mère de tous les vices. La paresse dans la théologie catholique est une paresse morale. D’ailleurs, autrefois, on parlait plutôt d’acédie, emprunté au grec, qui signifie plutôt ne pas prendre soin de soi. Plus spécifiquement, elle décrit « une forme de dépression due au relâchement de l’ascèse, à la baisse de la vigilance, à la négligence du cœur. »1 Le « paresseux » s’est donc éloigné de la foi, de la rigueur et de l’effort nécessaires à sa vie spirituelle. – See more at: http://ratsdeville.typepad.com/ratsdeville/2014/03/ianik-marcil-leffondrement-sur-soi-meme.html#sthash.jVOTkCen.dpuf

L’illusion de la créativité selon Lipovetsky et Serroy | Liberté

Le numéro 303 de la Revue Liberté consacre un dossier sur les « Politiques culturelles: l’héritage de Georges-Émile Lapalme. »

Liberté303J’ai le plaisir d’y signer une recension critique de l’ouvrage de Gilles Lipovetsky et Jean Serroy, L’esthétisation du monde: vivre à l’âge du capitalisme artiste, publié chez Gallimard:

Glorification du design : l’esthétisation des objets est au coeur du capitalisme contemporain. De la brosse à dents à la voiture en passant par le gadget électronique ou la vidéo promotionnelle, les marchandises produites, en quasi-totalité, rivalisent d’audace et de créativité dans leur forme. Le capitalisme est devenu artiste. C’est, du moins, la thèse de Gilles Lipovestky et de Jean Serroy dans L’esthétisation du monde. Vivre à l’âge du capitalisme artiste.

La suite dans un kiosque ou une librairie près de chez-vous !

Trajectoires de l’animalité (vidéo)

Le 22 septembre dernier, dans le cadre du colloque Trajectoires Montréal, j’ai participé à une table-ronde autour de la thématique de l’animalité, de la nourriture et des arts visuels. Cet événement se déroulait en parallèle à la 4e triennale Orange à Saint-Hyacinthe, organisée par la galerie Expression. Les commissaires étaient Ève Dorais, Véronique Grenier et Ève Katinoglou.

Mélanie Boucher (Histoire de l’art, UQAM), Élise Desaulniers (auteure en éthique alimentaire), Doyon / Demers (collectif d’artistes), Patrice Loubier (Histoire de l’art, UQAM) et Ianik Marcil (économiste indépendant)…

discutent différents thèmes relatifs à la nourriture, à l’art et à la mort (nourriture et corps, mort et consommation, art et souffrance animale, etc.).

N.B.: J’ai écrit une de mes chroniques dans le webzine ratsdeville sur quelques idées présentées lors de cette table-ronde: « Du veau d’or à Lady Gaga. »

 

Le paradis sur terre

La Renaissance était un projet révolutionnaire et politique. Si le terme « Renaissance » pour désigner la période historique que l’on connait a vu le jour dans la première moitié du 19e siècle sous la plume de Michelet, c’est qu’elle servait un dessein politique: celle de démontrer la grandeur des acteurs de la Renaissance à dépasser les temps sombres et barbares du Moyen Âge.

On sait maintenant que ni le Moyen Âge ni la Renaissance (pas plus que n’importe quelle périodisation arbitraire de l’histoire) ne constituent des blocs monolithiques et homogènes, tant au point de vue de la pensée, des arts que de l’organisation politique.1 Il n’en demeure pas moins que de la première moitié du 14e siècle à la fin du 16e, plusieurs bouleversements ont transformé radicalement le paysage institutionnel et intellectuel européen. Ces nombreux bouleversements graduels donneront naissance à l’organisation du capitalisme bourgeois tel qu’il sera tant perçu que conçu par les penseurs du libéralisme à compter du 18e siècle.2

Ce sont eux qui stigmatiseront les caractéristiques économiques de cette époque sous le vocable de mercantilisme – terme inventé par Mirabeau dans L’Ami des hommes en 1756 pour désigner l’idéologie de l’enrichissement du commerce. De fait, les 15e et le 16e siècles voient l’essor formidable de l’activité marchande en Europe. L’émergence des États-Nations rend nécessaire leur enrichissement pour asseoir leur pouvoir et établir un nouvel équilibre face à la puissance de l’Église parallèlement au lent effritement de l’organisation féodale du politique. Après une longue période où l’activité économique se concevait de manière statique et stable émerge une vision dynamique et sécularisée du commerce et de la production des biens.

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié dans le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

Se découvrir à l’autre

Les crises sociales sont des époques au cours desquelles les relations entre les Hommes sont redéfinies. On questionne leur nature, leur configuration, leur symbolique, leurs codes mais aussi leur finalité. Nous traversons, depuis le tournant du siècle, une telle crise. L’excroissance du consumérisme individualiste et utilitariste, libérateur après la dernière guerre mondiale, a laissé la place à une orgie de production de biens éphémères et au triomphe de l’argent devenu une fin. La débâcle de l’économie mondiale depuis 2008 exacerbe l’absurdité de ces débordements et force à réfléchir à une nouvelle configuration de nos interrelations économiques, sociales et politiques. Si les propositions de refontes – nombreuses et variées – ne sont parfois que marginales, voire cosmétiques, leur prolifération sur toutes les tribunes demeure symptomatique du profond besoin que nous avons à redéfinir le lien de civilisation qui nous unit.

La culture en général et les arts en particuliers, comme les sciences, constituent le liant civilisateur par excellence de notre société. Mais aussi – surtout? – le vecteur des interrogations fondamentales sur la nature de ce lien. La place de plus en plus congrue que les arts et les sciences occupent dans nos sociétés n’est pas étrangère à leur assujettissement aux diktats utilitaristes du capitalisme contemporain. Leur rôle comme vecteur de changement social et leur capacité à modeler la civilisation s’est étiolé. Les arts et les sciences devant être utile, ne serait-ce qu’indirectement, à la performance économique des nations. Les politiques culturelles ne sont-elles pas soumises de plus en plus, depuis quelques décennies, à faire la promotion de la vitalité talentueuse des régions? À attirer les classes « créatives, » pour reprendre le concept célèbre de Richard Florida, question de stimuler le développement économique des agglomérations urbaines?

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié dans le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

L’humain et l’animal: éthique, esthétique et violence

"Torpeur" © Karine Turcot 2011

Dans le cadre de l’événement « Animalités » (informations sur les activités, ici) un événement croisant les arts visuels et la réflexion sociale, éthique et esthétique, un atelier est proposé au cours duquel des conférenciers issus d’horizons divers présenteront un point de vue original sur les question de la relation de l’humain à l’animalité (la sienne et celle des autres animaux) autour des notions d’éthique, d’esthétique et de violence. Par la suite, les participants seront invités à discuter des idées présentées par les conférenciers.

Élise Desaulniers : « DES LARMES DE CROCODILE: DES ÉMOTIONS ANIMALES? »

Auteure, conférencière et blogueuse, sensibilise le grand public à tout ce qui touche à l’éthique alimentaire. La santé et les conditions de vie et de mort des animaux sont au centre de sa réflexion. Elle vient de publier Je mange avec ma tête chez Stanké.

Martin Gibert : « TROIS RAISONS MORALES DE SE SOUCIER DES ANIMAUX »

Chargé de cours en éthique et en philosophie du droit à l’Université de Montréal où il termine un doctorat sur l’imagination et la perception morale. Il a notamment collaboré au livre de Élise Desaulniers et a prononcé plusieurs conférences sur le sujet.

Ianik Marcil : « MANGER DE L’ANIMAL MORT: VIOLENCE ET ESTHÉTIQUE DU SUPERMARCHÉ »

Économiste indépendant, conférencier et conslutant, s’intéresse aux concepts de violence économique et culturelle, et aux interrelations tissées entre la symbolique, le marché et la création. Il écrit régulièrement sur les enjeux politiques et économiques arts visuels.

Karine Turcot : « LA QUÊTE IDENTITAIRE ET LE FRAGMENT ANIMAL »

Artiste multidisciplinaire s’intéressant au mouvement et aux définitions des catégories de perception ; elle utilise des fragments de cadavres animaux afin de fabriquer des hybrides à la fois morbides et ludiques, dans le but de pervertir et questionner ces définitions.

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer : « ÉTHIQUE ANIMALE ET ART CONTEMPORAIN »

Philosophe et juriste, chercheur au Centre for Human Rights and Legal Pluralism de McGill, il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages, dont Éthique animale (PUF, 2008), Textes clés de la philosophie animale (Vrin, 2010) et L’éthique animale (PUF, « Que sais-je » 2011).

Galerie Nowhere, 1269 rue Amherst, Montréal (métro Berri), dimanche 16 octobre, 13h30 à 15h30.

Page Facebook de l’événement.

L’art c’est de la publicité, et inversement?

Banksy, dans un pastiche de Churchill qui n’aurait pas renié son sens de la formule, a écrit:

The thing I hate the most about advertising is that it attracts all the bright, creative and ambitious young people, leaving us mainly with the slow and self-obsessed to become our artists. Modern art is a disaster area. Never in the field of human history has so much been used by so many to say so little.

L’art et la publicité entretiennent des liens ambigus, voire conflictuels. La marchandisation de l’œuvre d’art que j’ai abordé depuis le début de cette chronique n’y est pas étrangère. En effet, le publicitaire Andy Warhol a créé la confusion en devenant l’artiste Andy Warhol. La promotion de son œuvre, comme on le sait, s’appuyait sur la force des techniques marketing. Dès lors, le Zeitgeist postmoderne s’est incrusté et la fusion/confusion entre art et publicité était née, comme l’affirment plusieurs théoriciens et historiens.

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié sur le webzine des arts visuels, Rats de Ville.