Filière métallique québécoise: on dort au gaz

Les journalistes Jean-Guy Gougeon et Jean-François Cloutier du réseau TVA-Canoë ont publié un article intitulé « La Chine à l’assaut du Québec » pour lequel j’ai été interviewé. Extrait:

En entrevue, l’économiste indépendant Ianik Marcil s’est montré plus inquiet de la présence presque exclusivement étrangère dans les plus gros projets du Plan Nord.

« Pour l’instant, on laisse des entreprises étrangères extraire des cailloux de notre sous-sol et repartir avec pour produire des biens à forte valeur ajoutée », a-t-il dit.

Selon l’expert, le Québec manque l’occasion de bâtir une véritable filière métallique, à l’instar de l’écosystème industriel qui s’est bâti autour de l’hydroélectricité. « On dort au gaz », a-t-il critiqué.

On peut lire l’intégralité de cet article sur le site de TVA-Nouvelles ou sur celui de Canoë-Argent.

Pour plus d’informations on pourra lire mes analyses ici même:

L’ère exponentielle: l’explosion du prix des matières premières

Un Québec riche de ses ressources naturelles ?

 

Tout ce qui brille n’est pas or – Quoi faire de nos gisements miniers?

Dans une étude publiée la semaine dernière, j’expliquais qu’une douzaine de nouveaux projets miniers pourraient produire d’ici 3 ou 4 ans pour plus de 20 milliards de dollars de nouveaux minerais par année. Étant donné que le Québec n’a pas de capacité industrielle de transformation de ces minerais, l’essentiel voire la totalité de ceux-ci seront exportés, ce qui représente une augmentation potentielle de 34% de nos exportations totales à compter de 2015.

Comment l’économie québécoise pourrait bénéficier de ces développements importants? Ou plutôt: comment se fait-il qu’il y ait aussi peu de projets pour que l’ensemble de la société puisse bénéficier réellement de ces milliards? Pourtant, la valeur de ces nouvelles extractions représente grosso modo la moitié de la production du secteur manufacturier québécois.

Outre les interminables et stériles discussions sur les redevances minières, à peu près rien n’est discuté concernant l’environnement économique de ces nouvelles exploitations minières. Certes, il y a le Plan Nord, annoncé en grande pompe il y a quelques temps. Quant à moi, il ne s’agit là que d’un vaste projet de logistique qui a peu à voir avec un plan de développement économique qui réponde aux besoins d’une économie moderne.

Un tel plan devrait tenir compte de l’écosystème dans lequel se développeront ces nouvelles exploitations. Lequel écosystème intègre autant les sous-traitants des entreprises d’exploitations, que les travailleurs, élus locaux, organismes de développement social, économique et culturel mais aussi l’ensemble des acteurs visant la protection et le développement de l’environnement, des premières nations, des régions ou de l’innovation.

Le Québec a pourtant développé un modèle original et efficace en la matière, à savoir avec les alumineries de la province. En effet, les alumineries qui s’installent au Québec, bénéficiant ainsi de multiples avantages, s’engagent auprès du gouvernement du Québec, par une entente formelle, à faire bénéficier à l’ensemble de la société des retombées de ces investissements. Il ne s’agit pas uniquement que de création d’emploi au sein de ces alumineries, mais bien plus de multiples impacts dans l’écosystème: emplois en transformation mais aussi en amont, chez les fournisseurs, sans compter les alliances avec des centres de recherche, l’implication communautaires et ainsi de suite. Il est très important de noter que ces emplois hors-usine doivent être directement créés et soutenus par l’aluminerie (pour un minimum de trois ans) et non pas être le résultat de vagues calculs de « retombées économiques » fumeuses.

À titre d’exemple, pour l’implantation de sa phase II à Sept-Îles, l’aluminerie Alouette s’était engagée à créer 1350 emplois d’ici 2012. En juin dernier, Alouette annonçait avoir atteint et dépassé ces objectifs, presque un an à l’avance, donc, en ayant créé plus de 1600 emplois (voir tableau).

Voilà un modèle simple. Les alumineries bénéficient d’une de nos plus grandes richesses, l’hydro-électricité, et en retour s’engage à ce que son installation sur notre territoire bénéficie à l’ensemble de la collectivité.

Pourquoi ne pas proposer, sinon imposer, le même type d’ententes aux minières qui désirent exploiter les ressources de notre sous-sol? Pourquoi ne pas mettre en place une véritable vision du développement de la filière métallique dont l’ensemble du Québec pourrait bénéficier comme il l’a fait depuis 40 ans de l’hydro-électricité?

Il serait pourtant réaliste de mettre en œuvre des « contrats d’intégration » entre l’État et les minières, aux termes desquelles le gouvernement, les entreprise d’exploitation et les divers acteurs de la communauté pourraient, par exemple:

  • créer un fonds destiné à l’augmentation de la productivité des entreprises de transformation métallique, en visant les entreprises en transformation les plus susceptibles d’être innovantes, sachant qu’une large proportion d’entre elles ont une machinerie vieillissante, voire obsolète;
  • financer de façon récurrente la recherche fondamentale et appliquée et les transferts technologiques (par le biais des CTT) reliés aux applications minières et métalliques;
  • garantir la création d’emplois de qualité en amont (fournisseurs de technologies) et en aval (développement de nouveaux processus de fabrication métallique) à raison d’un ratio raisonnable par tranche d’investissement, trois ans après le début de l’exploitation de la mine;
  • contribuer à un fonds dédié à hauteur d’un pourcentage raisonnable des ventes de minerais, destiné à des investissements de haut calibre (ayant un impact majeur en développement régional, environnemental et technologique) – qui pourrait être géré par un organisme comme Investissement Québec;

Ainsi, les entreprises de fabrication de pointe identifiées par l’industrie avec le soutien des grands fonds d’investissements du Québec pourraient s’engager à moderniser leur équipement, à investir dans le développement de technologies innovantes et durables tout en contribuant à la formation de la main-d’œuvre.

Le développement de ces expertises au sein de la filière métallique pourrait, à moyen et long terme, faire du Québec une force mondiale de cette industrie, comme le développement de l’ensemble de l’écosystème de l’hydro-électricité l’a fait au plan du génie électrique, du génie civil et du développement des technologies et des énergies renouvelables.

Cependant, il est minuit moins cinq. Plusieurs des projets majeurs identifiés dans l’étude que j’ai publiée la semaine dernière sont déjà en pleine réalisation et seront en exploitation dans quelques mois seulement.

 

Un Québec riche de ses ressources naturelles?

Dans quatre ans, on exploitera pour plus de 20 milliards de dollars de nouveaux minerais au Québec – l’essentiel destiné à l’exportation, soit le tiers de ses ventes de notre production de biens à l’étranger. Depuis plusieurs mois, avec l’annonce en grandes pompes du Plan Nord, on semble découvrir ébahis cette réalité pourtant en préparation depuis de nombreuses années. Les médias et les organisations politiques et sociales alimentent sans cesse le débat sur les redevances minières, la question est à l’agenda de l’Assemblée nationale. Il est tout à fait normal que ces débats aient lieu. Cependant, il est étonnant qu’on ne parle peu, sinon pas du tout, des possibilités inouïes qui s’offrent au Québec en amont et en aval de ces développements miniers. Une richesse à long terme qui pourrait largement nous échapper dans l’état actuel des choses.

Le Québec a une histoire étroitement liée à celle de ses ressources naturelles

L’histoire économique du Québec est en grande partie celle de l’exploitation de ses ressources naturelles: forêts, pêcheries, agriculture, mines, hydro-électricité… La fondation même de la Nouvelle-France ne visait rien d’autre que cela.

Non seulement notre économie s’est développée par l’exploitation directe de ces ressources mais cela lui a permis de développer des expertises et des secteurs économiques qui s’exportent partout dans le monde: génie-conseil, sciences, technologies, gestion de projet, etc.

En ce début de 21e siècle, l’économie québécoise bénéficie d’opportunités historique pour son futur, notamment grâce aux projets miniers qui seront potentiellement exploités d’ici quatre ans. Il y a dans les cartons pour près de 22 G$ de projets miniers qui pourraient produire une valeur de plus de 23 G$ par an dès 2015.

À l’heure où les discussions sur l’aménagement de ces projets (redevances minières, intégration des communautés, etc.), on discute peu du potentiel de développement économique en aval. L’exploitation des forêts ou de l’hydro-électricité ont permis le développement de nombreux secteurs de pointe, créateurs de richesses pour l’ensemble de l’économie québécoise et de ses travailleurs depuis des décennies. Ces nouveau développements miniers pourraient représenter des opportunités similaires pour l’avenir du Québec.

La présente étude place ces investissements dans la perspective du développement de l’ensemble de la filière métallique. Un développement qui pourrait profiter non seulement à cette industrie mais à l’ensemble de l’économie et de la société québécoises.

Les choix qui doivent être faits auront un impact durable sur l’ensemble du Québec.

La filière qui crée le plus de richesse économique au Québec

La filière métallique (mines, transformation des métaux, fabrication de produits métalliques, de machines et de matériel de transport), comparée au reste du secteur manufacturier, occupe une présence prépondérante dans l’économie québécoise.

Si elle ne représente le tiers des emplois du secteur manufacturier (mines inclues), elle génère plus de la moitié des exportations des biens du Québec (matières premières et biens manufacturés). La filière métallique est celle qui crée donc le plus de richesse économique au Québec.

Qui plus est, ses investissements représentent plus de la moitié des investissements industriels du Québec, positionnant avantageusement l’ensemble de la filière dans le développement industriel futur du Québec.

Graphique 1: Part de la filière métallique au Québec, 2010

 

Un potentiel d’intégration unique à développer

La contribution de la filière à l’enrichissement du Québec est majeure par sa place incontournable dans le développement économique du secteur manufacturier mais aussi par sa présence sur l’ensemble du territoire (un cas quasi unique dans l’économie de la province) mais aussi par la présence d’entreprises à diverses étapes du processus de production, de l’extraction des minerais à la fabrication de produits divers à forte valeur ajoutée.

Malgré des fuites et des brisures dans la chaine de création de valeur, le Québec a le potentiel d’exploiter une filière complète et intégrée, de l’extraction du minerai à la fabrication d’avions. Le graphique 2 illustre ces « fuites » qui pourraient en partie être exploitées par l’ensemble de la filière.

Une partie de la production en amont (minéraux et première transformation des métaux) est vendue à l’extérieur du Québec, tant au Canada qu’à l’étranger, gagnerait à être absorbée et valorisée par l’expertise québécoise existante.

De plus, cette intégration partielle à la chaîne de valeur pourrait être renforcée par des synergies inter-entreprises, mais aussi à l’aide de collaborations accrues entre les divers vecteurs de l’écosystème industriel: formation, recherche universitaire, transfert technologique, activités diverses de soutien, commercialisation, mise en marché et promotion.

Graphique 2: Potentiel d'intégration de la filière métallique au Québec, 2010

Un champion en puissance de l’industrie québécoise

Comme partout dans le monde, l’économie québécoise peine à sortir de la crise économique de 2008. Malgré certaines mauvaises performances entre 2009 et 2010, la filière métallique a raffermi dans ce contexte difficile son positionnement par une très forte (voire spectaculaire) croissance de ses investissements, qui ont rattrapé celle de l’ensemble du secteur manufacturier.

L’évolution depuis 1998 est encore plus significative: la décennie des années 2000 a été témoin de changements structurels radicaux et à quelques exceptions près, la filière métallique a su en profiter, favorisée par le prix mondial des métaux et la demande des économies émergentes.

Il s’agit cependant d’une industrie peu structurée au Québec et par conséquent dont l’importance est méconnue.

Tableau 1: Dynamique de la filière métallique au Québec

Le leader des exportations québécoises

Les exportations de la filière métallique, qui constituent 48% de toutes les exportations de biens du Québec (matières premières inclues) ont connu, malgré un très fort repli durant la crise de 2008, une croissance annuelle moyenne 8 fois plus élevée que l’ensemble du celles du secteur manufacturier (1,8% contre 0,2%).

Malgré les apparences, ces données représentent une réalité méconnue: non seulement la filière métallique a un tel poids dans les exportations québécoises (donc dans la création de richesse économique), mais de plus elle connait une croissance de long terme, contrairement à la filière bois ou à la fabrication de matériel électronique, la plupart des autres secteurs connaissant une faible croissance voire une stagnation depuis le tournant des années 2000.

Graphique 3: Exportations québécoises, 1998-2010

D’ici 2015, plus de 22 milliards de $ de nouveaux projets miniers

Une douzaine de projets miniers sont dans les cartons, représentant plus de 22 G$ d’ici 2015 et pouvant créer plus de 20 000 emplois directs dans la construction de ces nouvelles capacités minières. L’exploitation de certaines de ces mines débutera dès l’an prochain. Le tableau 2 donne la liste de ces nouveaux projets.

Ces investissements constituent une opportunité historique pour l’ensemble de l’industrie et du Québec.

L’aluminium n’est pas en resteDes projets de près de 5 G$ sont également dans les cartons de RT-Alcan (3,6 G$), Alcoa (1,2 G$), Severstal (1 G$) et Orbite (100 M$). Ces investissements permettront également l’accroissement de la production de métaux en amont de la filière.
Tableau 2: Nouveaux projets miniers au Québec

D’ici quatre ans, la filière pourrait augmenter les exportations de 34%

Ces investissements majeurs et historiques auront des impacts sur l’emploi et l’activité économique, mais aussi sur les exportations. Puisque le Québec n’aura pas de nouvelles capacités de transformations d’ici 2015, on peut poser l’hypothèse que la presque totalité de cette nouvelle production sera exportée.

La variable la plus importante pour évaluer l’impact des exportations est bien entendu le prix mondial des métaux. Selon des estimations réalistes (deux scénarios, ci-dessous), les nouvelles capacités de production pourraient porter les exportations de métaux du Québec entre 43 et 51 G$ dans quatre ans (contre 27,6 G$ en 2010) soit une augmentation potentielle de 34% des exportations québécoises par rapport à la situation actuelle.

Graphique 4: Impacts potentiels des projets miniers sur les exportations du Québec

 

Le leader de l’économie québécoise en 2015 ?

Non seulement ces investissements majeurs auront un impact direct sur les exportations québécoises, mais ils modifieront durablement le portrait industriel québécois.

Une estimation conservatrice permet de croire que l’exploitation de ces nouvelles mines créera 10 000 emplois directs (dans les mines), augmentant légèrement le poids proportionnel de la filière par rapport à l’ensemble du secteur manufacturier (qui passerait de 33% à 36%).

Graphique 5: Impacts potentiels des projets miniers sur la filière métallique

Bien sûr, 22 G$ d’investissements changent la donne de façon spectaculaire: alors que les investissements de la filière métallique en 2010 représentaient 58% des investissements manufacturiers, les investissements cumulés en 2015 représenteraient près de 70% de ceux-ci.

En supposant que la totalité des nouvelles extractions seraient exportées, les ventes à l’étranger de la production de la filière métallique représenteraient les ⅔ des exportations manufacturières (contre la ½ en 2010). Dans le même ordre d’idées les ventes des entreprises de la filières passeraient de 37% à 41% des livraisons manufacturières.

Sans compter que ces données ne tiennent pas compte de la croissance des ventes des mines actuellement en exploitation qui continueront à être stimulées elles aussi par le prix mondial des métaux, ni, de plus, de l’impact de la construction des mines elles-mêmes, qui nécessiteront sous-traitants et main-d’œuvre de toute sorte.

Quelle politique de développement économique pour la filière métallique au Québec ?

Ces nouvelles exploitations minières représentent donc un potentiel très important pour le développement économique de l’économie québécoise. En plus des réflexions importantes et nécessaires sur les bénéfices directs qu’ils pourraient générer pour la communauté (via les droits de redevance, par exemple) une réflexion s’impose pour tous les Québécois sur le développement possible de l’ensemble de la filière métallique.

Les opportunités qui naitront de ces projets d’investissements soulèvent des enjeux majeurs:

  • capacité de l’État à faire profiter de leurs retombées à l’ensemble de l’économie et de la société;
  • nécessité « organique » de développer l’écosystème de la filière métallique;
  • urgence de la modernisation des entreprises de transformation métallique
  • pénurie de main-d’œuvre qualifiée;
  • intégration des projets dans l’ensemble du tissu communautaire;
  • impacts environnementaux.

Pour y faire face, l’ensemble de la collectivité devrait se mobiliser afin de réfléchir à une politique de développement industriel qui bénéficiera à tous. Une telle vision pourrait viser les objectifs suivants:

  • Assurer des redevances équitables pour l’exploitation de nos richesses naturelles.
  • Développer l’industrie en aval dans tous les secteurs où le Québec possède déjà des forces (structures métalliques, matériel de transport, matériaux de pointe, par ex.).
  • Favoriser la création d’emplois dans les entreprises de soutien au développement minier.
  • Encourager le développement d’expertises de pointe exportables dans l’ensemble de l’écosystème métallique préparant l’après-2015.
  • S’assurer que l’ensemble des acteurs de la société civile soient impliqués.
  • Exiger des entreprises du secteur qu’elles adoptent une stratégie de développement durable.

Annexes

Déclaration d’intérêt:

Cette étude a été réalisée en parallèle à des travaux que j’ai effectués pour le compte du Réseau de la transformation métallique du Québec. Toutefois, la responsabilité des analyses et des interprétations présentées ici m’incombe totalement et celles-ci n’engagent d’aucune manière le RTMQ. © Ianik Marcil, 2011.

Sources des données:

Les données secondaires (établissements, emploi, investissements, exportations etc.) proviennent de Statistique Canada et de l’Institut de la statistique du Québec. Compilations de l’auteur.

Les données sur les projets d’investissements miniers proviennent de diverses sources (communiqués de presse des entreprises, articles de journaux, etc.) validées auprès d’experts de l’industrie.

Définition des filières:

La définition des filières s’appuie sur le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN).

Nota bene:

1. La définition de filières industrielles est une construction de l’esprit qui vise à mettre en lumière les dynamiques industrielles où plusieurs secteurs économiques sont reliés entre eux. Il n’existe pas de définition universelle ni parfaite d’aucune filière. Cela dit, les définitions utilisées ici sont d’usage courant.

2. Le commerce de gros et de détail) est exclu de cette analyse.

3. Les activités de soutien sont également exclues de cette analyse.

Filière agro-alimentaire

111 – Cultures agricoles
112 – Élevage
114 – Pêche, chasse et piégeage
311 – Fabrication d’aliments
312 – Fabrication de boissons et de produits du tabac

Filière bois

113 – Foresterie et exploitation forestière
321 – Fabrication de produits en bois
322 – Fabrication du papier
337 – Fabrication de meubles et de produits connexes

Filière métallique

212 – Extraction minière (sauf l’extraction de pétrole et de gaz)
331 – Première transformation des métaux
332 – Fabrication de produits métalliques
333 – Fabrication de machines
336 – Fabrication de matériel de transport