Librairie Raffin | Economix

NB: ce texte a été publié originellement le 18 octobre 2013 sur le site de la Librairie Raffin.

 

Vingt-cinq ans après avoir eu mes premiers cours universitaires d’économie, il est étonnant et rafraîchissant pour moi de lire une histoire des idées et des faits économiques… en bande dessinée! L’auteur new-yorkais Michael Goodwin et l’illustrateur Dan E. Burr réussissent, dans Economix à présenter une histoire de l’économie en BD pédagogique, parfaitement accessible au non initié sans sacrifier l’explication rigoureuse. Il s’agit là d’un ouvrage pédagogique, mais aussi critique envers le développement de l’économie capitaliste.

On y présente à la fois l’évolution de notre système économique depuis la révolution industrielle et l’histoire de la pensée économique qui s’est développée parallèlement. Surtout: l’auteur a l’intelligence de montrer que le développement des idées économiques est inséparable de celui du capitalisme. À titre d’exemple, dès le début de l’ouvrage, on montre combien la pensée d’Adam Smith, le «fondateur» de la pensée économique libérale classique ne se réduit pas à un panégyrique du libre-marché mais qu’il s’opposait, fondamentalement, à tout pouvoir arbitraire – et notamment à la collusion entre le pouvoir politique et économique.

En 300 pages qui se lisent d’un trait, les auteurs font un tour d’horizon du développement de l’économie politique et du capitalisme, du 19e siècle à aujourd’hui. Les débats les plus récents – Occupy Wall Street, problèmes environnementaux, spéculation, par ex. – y sont présentés, ce qui permet de mettre en perspective notre monde actuel avec ses racines historiques. Soulignons, de plus, de nombreux renvois explicites qui permettent de faire ces liens avec le passé, ce qui apporte un éclairage supplémentaire aux problèmes contemporains. Sans compter que de nombreuses citations de grands auteurs invitent à approfondir la réflexion.

Après avoir complété la lecture de Economix, on retient du point de vue critique des auteurs que l’évolution du capitalisme est une grande histoire qui, malheureusement, se répète à bien des égards : la concentration des pouvoirs économiques et politiques (et leur collusion) mène à des décisions de court terme souvent catastrophiques comme le lent développement de la pensée économique qui est généralement récupéré, et travesti, par les détenteurs de pouvoir.

L’humour est aussi au rendez-vous : l’auteur, mis en scène (en dessins) par l’illustrateur, montre parfois son incompréhension de certains phénomènes ou de certains concepts – et accompagne ce faisant le lecteur à mieux les appréhender. Sans compter les colères de Marx contre ses prédécesseurs ou le désespoir de Smith face aux détournements de sens de sa pensée.

Je considère que Economix doit être mis entre toutes les mains : voilà une excellente initiation aux phénomènes économiques et politiques qui nous touchent tous directement à titre de citoyens, travailleurs, chômeurs et consommateurs. L’objectif des auteurs est manifestement d’outiller leurs lecteurs afin de les aider à mieux participer au débat public. En ce sens, ils peuvent se vanter de l’avoir atteint.

RÉFÉRENCE:

Economix : La première histoire de l’économie en BD par Michael Goodwin, illustrations de Dan E. Burr, Les Arènes, 2013, 304 p., 26,95$

Les passions partagées

L’étude de l’histoire de la pensée économique des arts et de la culture doit accorder une très large place à David Hume (1711-1776) pour plusieurs raisons fondamentales. Il est l’un des rares philosophes à avoir influencé de manière importante à la fois l’histoire des idées sur un si grand nombre de sujets: épistémologie, éthique, politique mais aussi esthétique et économie. Si l’on considère Adam Smith comme le père du libéralisme politique et économique et le fondateur de la science économique comme champ d’étude autonome (il a publié des la Richesse des nations, son œuvre maîtresse, l’année de la mort de Hume), Hume, ami et maître à penser de Smith, doit en être considéré comme le grand-père. Son influence prépondérante sur la pensée politique et économique perdure depuis 250 ans.

David Hume est né à Édimbourg, qui allait être considérée « l’Athènes du Nord », au début du siècle des Lumières qu’il allait profondément influencer (il séjournera sur le continent où il se liera d’amitié avec les encyclopédistes, hébergera Rousseau en exil et influencera fortement Kant). Il rédige le Traité de la nature humaine  au tout début de sa vingtaine (il en complète la rédaction en 1737, à l’âge de 26 ans et publie, anonymement, les premier tomes en 1739), l’ouvrage qui demeurera son principal apport à l’histoire des idées.

Que son magnus opus s’intéresse d’abord à la connaissance de l’homme (avant, donc, l’étude de la société ou de toute autre question) n’est pas innocent. Le sous-titre du Traité est « Un essai pour introduire la méthode expérimentale de raisonnement dans les sujets moraux. » Avant de comprendre quoi que ce soit, il est nécessaire de comprendre la nature du raisonnement humain, autrement dit une théorie de la connaissance doit nécessairement précéder toute science de la morale et du social. Le sous-titre n’est rien d’autre qu’un programme, voire un manifeste: Hume pousse à l’extrême l’empirisme hérité de Hobbes, Locke et Berkeley à un niveau de cohérence qui ne sera plus jamais atteint, si l’on en croit Bertrand Russell: « He represents, in a certain sense, dead end: in his direction, it is impossible to go further. »2 La connaissance de l’entendement humain permet toutes les connaissances.

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié dans le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

Penser l’économie des arts

L’étude des arts et de la culture d’un point de vue économique possède un triple intérêt:

  1. Elle permet de mettre en lumière le rôle des arts dans la société d’une manière particulière. La sociologie étudie de façon approfondie le rôle des arts et de la culture dans la structuration sociale, ainsi que la place et la signification du rôle de l’artiste. En revanche, l’analyse économique des arts se restreint généralement à une seule question: l’impact économique de la production culturelle et artistique et, corolairement, le rôle de l’État dans leur soutien à des fins de développement économique. Pourtant, la pensée économique offre d’autres points de vue qui apporte un éclairage particulier au fonctionnement et à la dynamique du milieu des arts: valeur et prix des œuvres, comportement des amateurs d’art, problématique du métier d’artiste, etc.
  2. Elle permet de faire des ponts entre deux sphères de l’activité humaine et d’en souligner les contradictions autant que les points communs. La créativité et l’innovation, par exemple, autant dans la production que dans la diffusion des œuvres artistiques a de tout temps influencé l’activité économique: technologies, marketing, etc. Étudier les dynamiques économiques des arts et de la culture permet de jeter des ponts entre les deux domaines du savoir et du savoir-faire humain.
  3. À l’inverse, les artistes ont de tout temps porté un regard particulier sur la société et l’économie qui permet de les appréhender à travers un prisme tout à fait différent de celui des économistes et des sociologues. Étudier les arts d’un point de vue économique c’est aussi (ou cela devrait l’être) une manière d’enrichir et de bonifier l’appareil intellectuel des sciences sociales.

Dans les 30 chroniques qui ont précédé celle-ci, publiées depuis janvier 2011, c’est ce dialogue que j’ai tenté d’établir entre les arts (visuels) et la pensée économique. J’entreprendrai, à compter de la semaine prochaine, une série de chroniques dédiées à l’histoire de la pensée économique des arts et de la culture.

Poursuivez votre lecture de cet article que j’ai publié dans le webzine des arts visuels, Rats de Ville.

Témoignages sur Gilles Dostaler

Suite à sa mort, j’ai rendu hommage la semaine dernière dans un billet à mon maître à penser et ami, Gilles Dostaler. La revue Alternatives économiques, à laquelle il collaborait (il aura écrit plus de 80 chroniques), lui rend aussi hommage (« Gilles Dostaler a rejoint ses grands auteurs« ) et propose des liens vers quelques autres textes (y compris le mien), que je reproduis intégralement ici. Je vous invite particulièrement à lire le texte de Michel Beaud, son directeur de doctorat, qui est fort touchant.

« Les meilleurs partent toujours les premiers » – Gilles Dostaler (1946-2011) – citoyen, érudit et humaniste

Dans la jeune vingtaine, la dernière qualité que l’on possède est bien l’esprit de finesse. L’homme qui m’a inculqué le sens de la nuance qu’apporte l’esprit de finesse est décédé le 26 février: Gilles Dostaler (1946-2011), professeur retraité de l’UQÀM, éminent spécialiste de l’histoire de la pensée économique. Gilles a été mon directeur de maîtrise au début des années 1990 et j’ai eu l’honneur de son amitié – son décès laissera un vide immense dans la vie d’un grand nombre d’entre nous. Parmi les innombrables enseignements, tant intellectuels qu’humains, qu’il m’aura légué, demeure la recherche de cet esprit de finesse, ce souci de la nuance dans la rigueur, et vice-versa.

J’ai commencé à travailler comme assistant de recherche pour Gilles au milieu de mon bacc parce qu’il avait remarqué mon obsession pour la précision dans les notes bibliographiques. C’est ainsi que j’ai été amené à travailler de longs mois sur le magistral ouvrage qu’il a coécrit avec Michel Beaud, La pensée économique depuis Keynes: historique et dictionnaire des principaux auteurs (Seuil, 1993). D’innombrables soirées et week-ends, je me suis arraché les yeux à scruter des micro-films ou des mauvaises photocopies question de réviser les milliers de notes de bas de page, de références bibliographiques et de citations que compte cette brique de près de 600 pages. Un des grands plaisirs de Gilles au cours de ce travail était lorsque je lui apportais la preuve qu’un de ses éminents collègues avait fait une erreur en citant un texte lui-même cité mille fois dans les ouvrages classiques. Erreur qui pouvait n’être que de faire terminer la pagination d’un article à 93 plutôt qu’à 94.

Cette anecdote en dit long sur l’une de ses plus grandes qualités: la rigueur, le souci de précision et surtout l’authenticité. Dans une discipline, les sciences économiques, où le recours (intensif) aux mathématiques donne une aura de précision et de rigueur scientifique, Gilles préférait leur substituer l’exigeante rigueur du raisonnement philosophique et historique. Pourtant, il avait d’abord opté, au début de ses études universitaires, pour la physique et les mathématiques – il a d’ailleurs enseigné les maths à Brébeuf et collaboré au programme de recherche des canons de Gerald Bull. Mais il a été rapidement déçu par ces disciplines (qu’il respectait grandement au demeurant) parce qu’elles étaient coupées de la réalité politique (Robert Dutrisac, « Gilles Dostaler: un anti-impérialiste de la pensé économique, » Le Devoir, 25 avril 1994, p. B1).  À la fin des années 1960, il oriente donc ses études en sciences sociales et termine en 1972 une maîtrise en sciences économiques à McGill sous la direction de Tom Asimakopulos (1930-1990), un keynésien de haut calibre pour lequel Gilles a gardé un immense respect toute sa vie. Asimakopulos a eu des influences majeures sur Gilles Dostaler: d’une part l’importance qu’il accordait aux choix moraux et politiques, qui devaient en toutes choses précéder l’analyse et la théorie et, d’autre part de manière corollaire, l’importance qu’il accordait aux postulats, aux a priori éthiques et politiques des théories économiques.

Cette rigueur et ce souci à débusquer les postulats derrière la théorie, il les a particulièrement mis de l’avant dans ses études de doctorat, qui ont débouché sur la parution de deux ouvrages en 1978: Valeur et prix, histoire d’un débat (François Maspero, P.U. de Grenoble et P.U. du Québec) et Marx, la valeur, et l’économie politique (Anthropos). Ces deux ouvrages cherchaient à mettre en lumière et à préciser des concepts fondamentaux de la pensée économique dite « classique » (Smith, Ricardo, Marx) et de montrer combien la définition conceptuelle peut influencer grandement, en aval, le raisonnement analytique mais aussi les prises de positions en matière de politiques publiques. Ces travaux de recherches ont influencé la suite du parcours universitaire de Gilles, qui, sans délaisser – loin s’en faut ! – l’analyse des politiques économiques et des solutions concrètes à être apportées aux problèmes économiques contemporains,* s’est spécialisé dans l’étude de la pensée économique. Ce qui l’a amené à devenir un des grands spécialistes mondiaux de l’œuvre de John Maynard Keynes. Il a publié en 2005 (version augmentée en 2009) ce qui est à mon avis son magnum opus: Keynes et ses combats (Albin Michel). Le titre de cet ouvrage de plus de 600 pages en dit long à la fois sur la vision que Gilles avait de Keynes mais aussi du rôle qu’il croyait être celui des intellectuels dans la Cité: combattre l’inégalité, l’injustice, mais aussi promouvoir la connaissance, les arts et une vie citoyenne active.

De fait, Gilles était tout sauf un intellectuel passif confortablement installé dans sa tour d’ivoire, bien au contraire: à la fin des années 1960, il a été un des membre actif du Comité indépendance et socialisme, réunissant quelques membres du défunt R.I.N., a été un des membres de la rédaction de la revue Parti pris et a milité au sein de la C.S.N. Même si à partir des années 1980 son implication politique était moins visible, il n’hésitait jamais à prendre la plume pour défendre ses idéaux éthiques et politiques. J’ai retrouvé dans mes archives un texte qu’il avait préparé à la veille du référendum de 1995 (je crois qu’il n’a jamais été publié) qui commence ainsi: « Je n’aime pas le mot ‘économiste.’ Il a été créé en 1767 par un groupe de penseurs sociaux en France, connus sous l’appellation tout aussi inélégante de ‘physiocrates.' » Et de poursuivre en parlant « d’un prix abusivement qualifié de ‘Nobel’ (c’est en réalité un prix ‘en mémoire de Nobel’), donne à l’économique une auréole de rigueur scientifique qu’elle n’a pas et qu’elle ne peut avoir. » Ces citations sont à ce point représentative de la pensée de Gilles qu’elles m’en donnent des frissons de nostalgie. D’abord la qualité et la limpidité de son écriture: Gilles pouvait réécrire la même phrase dix fois s’il n’était pas satisfait de sa clarté. Ensuite, cette habitude de remonter 300 ans en arrière dans l’histoire (de la pensée ou des faits économiques) pour remettre en contexte un enjeu immédiat, contemporain et pragmatique. Finalement, son obsession de corriger les erreurs communes (le « Prix Nobel » était une de ses bêtes noires).

Ces traits caractéristiques de sa personnalité se rapprochent de ceux d’un autre géant de l’économie du 20e siècle: Friedrich Hayek, le deuxième grand avec Keynes. On pourrait difficilement trouver plus opposé à la pensée politique de Gilles. Penseur, théoricien et avocat de l’ultra-libéralisme, il avait cependant un souci aigu pour la rigueur intellectuelle, la recherche des sources historiques (s’il avançait une idée ou un concept, il ne s’aventurait pas à les proposer sans au préalable s’être assuré que quiconque ne l’ait fait avant lui, fut-ce un obscur auteur du 18e siècle). Qui plus est, Hayek, comme Keynes et Gilles, détestait que les économistes se prennent trop au sérieux et avait l’habitude de dire que l’économie était beaucoup trop importante pour la laisser aux mains des seuls économistes (Gilles m’en voudrait que je ne retrouve pas la citation, mais il aurait été, également, magnanime en disant que « ça n’est pas quand le feu est pris qu’il faut sauver les poignées de porte, » expression maintes fois entendue). Incidemment, Gilles avait un respect immense pour la rigueur intellectuelle et la profondeur de la pensée de Hayek – alors qu’il considérait Keynes un peu brouillon.

D’ailleurs c’est une des premières choses qu’il m’ait apprises: étudiant au bacc, politiquement à gauche comme ce professeur que j’admirais déjà, Gilles m’a fait l’éloge, lors de notre première rencontre, de Hayek, pape du néolibéralisme. Surprise et stupéfaction! Mais aussi, admiration et humilité. Cette première rencontre a été marquante parce que j’ai compris (sans avoir le recul pour le nommer) que Gilles était un très grand professeur et pédagogue. Autant son implication dans la Cité fut motivée par de nobles sentiments de justice, autant son rôle de professeur, qu’il a tenu jusqu’au dernier moment, m’apprend-on sans surprise, était celle du devoir, de l’engagement et participait de la vocation. Comme professeur, Gilles imposait un très grand respect, l’un des plus profond et sincère qu’il m’ait été donné de voir. À un point tel que nombreux furent ses jeunes collègues enseignants – néolibéraux, matheux et économétriciens – qui suivirent avec humilité ses cours d’histoire de la pensée économique aux côtés de leurs propres étudiants.

Comme professeur, il me semble qu’il était un passionné plein de retenue et de rigueur intellectuelle, comme l’avait été son engagement politique. Gilles était avant toute chose un homme vrai, complet, érudit, inscrit dans le vivant – un humaniste au sens le plus noble du terme. Il était amateur de bonne chair et de bon vins, un chasseur de gros gibier passionné et profondément respectueux de l’animal (l’entendre relater une partie de chasse au chevreuil nous tenait bien plus en halène que la description d’un match de hockey ou d’une campagne électorale) mais aussi de pêche aux gros poissons (au thon, dans les Caraïbes, notamment) un amateur et fin connaisseur de cinéma et de littérature (il pouvait synthétiser la grandeur de Hemingway en cinq minutes en expliquant le rapport du romancier à la pêche au thon, justement), de Brassens (nombreuses furent nos discussion sur la supériorité de Ferré, que je défendais contre Brassens), que d’opéra. Ah! l’opéra a occupé une grande partie de sa sensibilité. Impossible de lui parler au moment de la diffusion de « L’opéra du samedi » à Radio-Canada, qu’il écoutait religieusement, avec son exemplaire annoté de Tout l’opéra de Kobbé devant lui. J’ai été profondément attristé cette semaine d’apprendre que « Devenu très malade, il avait cependant délaissé l’opéra, car ‘à la fin tout le monde meurt, et c’est triste’. » (François Desjardins, « Décès de Gilles Dostaler – La pensée économique perd un géant, » Le Devoir, 1er mars 2011). C’est peut dire que cela signifie qu’il avait abandonné une partie de l’énergie vivante qu’il avait en lui…

« Les meilleurs partent toujours les premiers » avait l’habitude de dire Gilles, lorsque l’un d’entre nous quittait la table du bistrot trop tôt à son goût, plutôt que de siffler un dernier verre. Tu n’auras jamais eu raison à ce point, cher Gilles. Adieu! Ta famille, tes amis, tes confrères, tes étudiants te manques – tu manques déjà à des centaines de personnes. Mais nous conserverons en nous le supplément d’âme et d’humanité que tu nous as légué, cet esprit de finesse et cette passion pour les hommes et leurs idées…

* Il a dirigé, par ex., avec son collègue et ami Gilles Bourque, Socioalisme et indépendance (Boréal, 1980), puis La crise économique et sa gestion (Boréal, 1982) ou, avec Michel Beaud, Investissement, emploi et échanges internationaux (ACFS, 1988), entre autres ouvrages.