L’accueil des demandeurs d’asile: mise au point | Édito à «La Matinale» (CIBL | vidéo)

Face à l’arrivée d’un nombre important de demandeurs d’asile dans la région de Montréal, en grande majorité d’origine haïtienne et en provenance des États-Unis, il se dit à peu près tout et n’importe quoi par les temps qui courent. Quelques faits méritent d’être soulignés, ce que j’ai proposé dans mon éditorial hebdomadaire à La Matinale de CIBL, ce matin.

*Ma langue a fourchu, c’est bien évidemment 150 demandeurs d’asile par jour dont il est question, pas par semaine.

Migrations forcées

On estime à 214 millions de migrants, réfugiés et personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays dans le monde. Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés estime que parmi eux, on compte plus de 10 millions de réfugiés et 27 millions de civils déplacés à l’intérieur de leur propre pays.

Le toujours pertinent « Big Picture » du Boston Globe présente de magnifiques et tragiques images de ces migrants un peu partout dans le monde.

Immigrants from Latin America and Asia show up inside a truck bound for the US and detected by Mexican police X-ray equipment in Chiapas State, Mexico on May 18. The Police detected more than 500 hundred immigrants inside two trucks at a check point. (AFP/Getty Images)

Incidemment, le 20 juin prochain est la Journée mondiale du réfugiée.

Une génération sacrifiée

Le magazine américain The Atlantic souligne les vingt ans du plus grand camp de réfugiés au monde à Dadaab, au Kenya. Ce camp compte une population de 332 000 personnes (essentiellement des Somaliens) alors qu’il était à l’origine conçu pour en accueillir 90 000… et surtout, d’être temporaire. Cette année seulement, 31 000 nouveaux nouveaux Somaliens ont joint les rangs de ce camp sans espoir.

Vingt ans, c’est dire qu’il y a des milliers de jeunes hommes et femmes qui n’ont jamais rien connu d’autre. Une génération sacrifiée pour cause d’immobilisme des institutions internationales. Le reportage photo de The Atlantic est un hommage à la survie de ces hommes et de ces femmes.