Regard obligé

Regard d’une enfant de quatre ans du Salvador et de son frère de six ans qui travaillent 12 heures par jour à remplir des sacs de charbon de bois. Ils ne vont pas à l’école, évidemment, et souffrent de troubles respiratoires, évidemment. Tirée du site du US Fund for UNICEF.

For a lot of kids around the world, a job isn’t a teenage rite of passage or the means to get some extra spending cash. It’s grueling, full-time work done to help their families buy basic necessities like food and shelter. And in the poorest countries, kids as young as five toil in some of the toughest and most dangerous forms of labor out there—mining, construction and mechanical work.

Made in China

Vos souris, claviers, écrans d’ordinateurs et autres gadgets électroniques sont fort probablement fabriqués en Chine. Rien de nouveau, bien entendu, on nous casse les oreilles (moi le premier) depuis 10-15 ans sur la force économique incroyable que représente le plus grand pays communiste du monde. Un blogueur collaborateur du magazine Marianne rapportait il y a peu de temps la publication d’un rapport du National Labor Committee sur les conditions de travail à une usine de fabrication de produits électronique chinoise. Quelque faits saillants retenus par notre ami blogueur, question de nous faire réfléchir à notre prochain achat et à nos engagements militants…

•    Le recrutement d’étudiant de 16 à 17 ans travaillant 15 heures par jour, 6 à 7 jours par semaine (illégalité par rapport à la loi Chinoise) et trois jours de congé par mois
•    La durée hebdomadaire du travail dans l’usine est de 68 heures
•    Un salaire de 65 cents de dollar qui deviennent 52 cents après déduction des «frais de bouche»
•    Des cas de harcèlement sexuel par les agents de sécurité sont reportés
•    Les étudiants dorment dans l’usine dans des dortoirs de 14 personnes obligatoires s’ils sont célibataires
•    Il n’y a pas de douches, mais un baquet avec une éponge
•    L’objectif par travailleur et par jour est de 2000 souris produites
•    Une autorisation est requise pour boire ou aller aux toilettes
•    Les erreurs sont sanctionnées par corvées de nettoyage ou des affichages publics
•    En cas de non-respect des ordres du contremaitre une amende de 7$ peut être infligé,
•    une amende est également prévue en cas de non-respect des objectifs de production en plus d’heures de travail non rémunérées pour atteindre l’objectif
•    La liberté de mouvement des employés est restreinte même lors des heures de repos
•    Les heures supplémentaires ne peuvent pas être refusées
•    Il est interdit de faire entrer des personnes extérieures à l’usine y compris dans les dortoirs
•    La nourriture proposée est qualifiée d’infâme par les employés, et en trop faible quantité
•    Lors de la chute des commandes pendant la crise économique de 2008, près de 2000 employés ont été licenciés et les autres ont vu leurs horaires diminuer

Coca-Cola, le goût faux

Bande annonce d’un documentaire coproduit par l’Office national du film du Canada sur « Coca-Cola, soupçonné d’être impliqué dans l’enlèvement, la torture et le meurtre de chefs syndicaux qui luttaient pour l’amélioration des conditions de travail en Colombie, au Guatemala et en Turquie« . Beaucoup moins léger que les petites bulles dans le liquide brun.

Une vision intégrée de l’intégration

Intéressante entrevue dans Le Devoir de ce matin avec la démographe française Michèle Tribalat sur les effets de l’immigration en Europe. Elle y explique, d’abord, que l’immigration ne pourrait mathématiquement pas freiner les effets du vieillissement de la population:

pour stopper le vieillissement, la France devrait accueillir 1,3 million d’immigrants chaque année jusqu’en 2025. Puis, il en faudrait pas moins de 2,4 millions par an entre 2025 et 2050. Des chiffres insupportables pour n’importe quel pays

D’autre part, elle explique qu’en Europe, contrairement au Canada, par exemple, on ne « qualifie » pas les immigrants, qui viennent, ainsi, grossir les rangs des travailleurs non-qualifiés (et sous-payés). Conséquence: cette masse de travailleurs entraîne les salaires des moins bien payés encore plus vers le bas, faisant s’accroitre les inégalités.

Malheureusement, madame Tribalat ne donne pas de pistes de solutions dans cette entrevue, et son ton est bien pessimiste. Pourtant, les solutions me semblent se limiter à:

  • encourager l’immigration de travailleurs qualifiés;
  • encourager la natalité;
  • changer les politiques d’intégration.

Quant à moi, seule cette dernière solution est viable. Le problème, c’est qu’on voit la question de l’intégration de l’immigration comme un seul gros problème et on n’y réfléchit pas de façon plus globale, en y incluant des réflexions et des projets véritablement novateurs pour l’éducation, la formation continue, le soutien social, l’accès au marché du travail, le soutien à la création d’emploi, etc. Tant qu’on considérera les besoins des immigrants comme un seul grand bloc, et non pas comme des besoins en formation et en éducation, par ex., on ne réglera rien. Des solutions monolithiques ne peuvent jamais régler des problèmes multidimensionnels.